Suite à la chute des ventes des titres du Chevalier Noir, le retrait de Bob Kane et le renouveau de Batman par Julius Schwartz ont suffit à relancer le personnage. Malgré tout, c’est une véritable batmania qui va suivre, avec la diffusion d’une série télévisée consacrée à Batman.

Batman, la série TV

Le 12 janvier 1966 avait en effet commencé la diffusion de Batman sur la chaine ABC. Co-produite par 20th Century Fox et Grenway Productions à la demande de plusieurs exécutifs d’ABC qui voulaient un show capable de concurrencer Man from U.N.C.L.E. (Des Agents très spéciaux) sur NBC, la série connut rapidement le succès. Diffusé à raison de deux épisodes par semaines, celui du mercredi se terminait invariablement sur un suspense insoutenable pour pouvoir être résolu le jeudi soir. Les enfants se passionnent pour les aventures de Batman et Robin, incarnés de façon très premier degré par Adam West et Burt Ward, tandis que les adultes goûtent la parodie des serials des années 40. En pleines années 60, la série adopte un ton bondissant et coloré qui sied aux années pop, à l’image des onomatopées des combats qui s’inscrivent sur l’écran.

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Batman intro (1966)

Suite à la chute des ventes des titres du Chevalier Noir, le retrait de Bob Kane et le renouveau de Batman par Julius Schwartz ont suffit à relancer le personnage. Malgré tout, c'est une véritable batmania qui va suivre, avec la diffusion d'une série télévisée consacrée à Batman. Batman, la série TV

Face au succès, un film réalisé par Leslie H. Martinson sera même mis en chantier entre les saisons 1 et 2 , avec le même casting, excepté Julie Newmar, alias Catwoman, qui, occupée à un autre projet, laisse la place à Lee Merywether. Ce long métrage permet de rajouter de nouveaux gadgets à la panoplie du justicier de Gotham, qui ne manquent pas de rejoindre l’énorme merchandising dont fait l’objet la série. Au milieu des jouets, céréales et autres posters, on a tout de même droit à un nouveau strip pour la presse (supervisé par Whitney Ellsworth) en mai 1966 et à un dessin animé relativement sommaire en 1968, Batman with Robin, the Boy Wonder. Véritable phénomène culturelle, la série accueille de nombreuses guest-stars, qui apparaissent régulièrement à la fenêtre lors de scènes d’escalade d’immeuble, tournées bien évidemment à l’horizontal. Andy Warhol, en personnification des sixties, récupérera même le phénomène.

Couverture de Batman #183 par Carmine Infantino et Joe Giella (DC Comics). Batman lui-même s’installe confortablement pour regarder la série dont il est le héros. 

Un autre qui le récupérera très bien, c’est Bob Kane. Maintenant installé à Los Angeles, il profite à plein de son statut de créateur « exclusif » du personnage vedette du moment, arpentant Hollywood en yachtman. Mieux, il se lance dans la peinture, revisitant ses dessins en grandes toiles colorées qui correspondent aux goûts pop art de l’époque. Autre bénéficiaire, National Periodical bien sûr, qui voit s’envoler les ventes des fascicules où Batman est en couverture. Batman, Detective Comics évidemment, mais aussi Brave and the Bold, World’s Finest (deux revues où un dessinateur nommé Neal Adams commence à se faire remarquer) ou Justice League of America. Très vite, un petit jeu de ping-pong créatif entre le programme TV et les publications papier va s’installer. Ainsi Mister Zero devient Mr Freeze dans les comic-books après ses passages à la télévision. À l’inverse, les producteurs commandent un nouveau personnage à Schwartz, pour mieux l’adapter dans le show. C’est ainsi que dans Detective Comics #359 de janvier 1967, le lecteur fait la connaissance de la nouvelle Batgirl (qui n’a rien à voir avec la Bat-Girl de 1961, mise au placard par le Batman New Look), qui n’est autre que la fille du commissaire Gordon, Barbara. William Dozier s’empresse d’introduire le personnage dans la saison 3 de la série télé sous les traits de l’actrice Yvonne Craig.

Couverture de Detective Comics #359 par Infantino et Giella (DC Comics).

Malheureusement, cet ajout féminin dans un univers qui en manquait cruellement ne suffira pas à sauver un show en perte de vitesse, suite à des coupes budgétaires drastiques. La Batmania retombe aussi vite qu’elle est apparue. Ce qui n’empêchera pas Batman d’évoluer de façon significative.

À suivre : Finie la rigolade !

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