Chaque mois, des dizaines et des dizaines de comics sont proposés en VF par de plus en plus d’éditeurs. Impossible de tout acheter. C’est pourquoi je vous dresse, chaque mois, une liste des comics potentiellement intéressants, ceux qui ont attiré mon regard et que je vais décortiquer. J’en laisserai un paquet de côté pour arriver finalement à ma sélection des comics du mois. Tout est possible. Je n’ai qu’une seule contrainte, donnée par mon maléfique rédacteur en chef : la liste définitive de mes achats ne devra pas dépasser 66,60 €, petite cagnotte que je pourrai réutiliser de mois en mois. Les comics seront classés en trois catégories : ceux que je rejette, ceux que je conseille mais que je n’achète pas et ceux que je mets dans mon cabas.

NOUVEAUTÉ : L’inflation arrivant et certains éditeurs pouvant proposer jusqu’à trois OMNIBUS par mois, je peux désormais choisir durant toute l’année deux omnibus au maximum sans toucher à ma cagnotte (disons que ce sont deux cadeaux de la part de notre rédacteur en chef cruel mais parfois juste) ! Et j’en ai déjà utilisé un le mois dernier. Il ne me reste donc plus qu’une seule possibilité jusqu’à décembre pour m’offrir un Omnibus.

Avant-propos : Bien évidemment, il est impossible de lire toute la production comics du mois, je laisse donc de côté tous les titres qui ne sont pas des one-shots ou des débuts de série. En effet, le but étant d’éclairer les lecteurs, cela n’a aucun sens de proposer un tome 5 ou 6, en dehors de l’arrivée d’une éventuelle équipe artistique. Et cela va poser un gros problème ce mois-ci car il n’y a pas énormément de nouveautés ! Et le mois dernier j’avais réalisé une économie de 12,06 €

Je vous conseille donc, dans les séries à suivre :

- Radiant Black T2. Suite de la très bonne série de Kyle Higgins et Marcelo Costa. Un comics assez classique mais plutôt fin et surtout très agréable à lire.

Ma sélection du mois de février 2023 :

  • Heroes Reborn The Return Omnibus, Panini Comics, 90 €
  • Not all Robots, Delcourt, 16,95 €
  • Grandville, Delirium, 22 €
  • Superman For All Seasons, Urban Comics, 24 €
  • The Nice House on The Lake, Urban Comics, 15 €
  • Catwoman Lonely City, Urban Comics, 20 €
  • Joe Kelly Justice League of America T3, Urban Comics, 35 €
  • The Harbinger, Bliss Comics, 28 €
  • Suicide Squad Blaze, Urban Comics, 17 €
  • Battle Pope intégrale, Delcourt Comics, 39,95 €
  • Batman The Knight, Urban Comics, 30 €
  • Batman Dark City, Urban Comics, 19 €
  • Newburn, Urban Comics, 10 €

On commence l’année avec un total de 366,90 €. C’est beaucoup, mais le tri va être rapidement fait.

Lors de la grève générale, il avait proposé de s’enchaîner nu avec des cuissardes à clous devant la porte de Superpouvoir, puis il a voulu le faire le lendemain, puis le surlendemain, jusqu’à ce qu’on lui dise que ça n’allait pas: Alain Roussel et la liste des sorties VF de janvier 2023 !

Ce que j’évite :

Heroes Reborn The Return

On en pense ce que l’on veut, mais là, clairement, cet omnibus n’a strictement aucun sens. Heroes Reborn the Return est une mini-série qui a rapatrié les superhéros Marvel coincés sur le monde d’Onslaught sur la Terre 616. Scénarisée par Peter David et dessinée par un Salvador Larrocca qui n’avait pas encore de logiciel de dessin, cette mini-série est plutôt sympathique. Mais elle dure quatre épisodes ! Le reste de l’omnibus est composé de quelques épisodes de différentes séries ramenant à cet univers, et qui sont loin d’être indispensables ! Cerise sur le gâteau, vous allez avoir du Liefeld en mode sans limite avec Onslaught Reborn ! Aucun intérêt donc.

Heroes Reborn The Return, Panini comics

Battle Pope intégrale

Un pitch qui pourrait tenir en trois lignes (un récit post apocalyptique où le pape combat les démons) pour un comics qui n’arrive pas à maintenir un intérêt plus de dix pages. Alors oui, c’est scénarisé par Robert Kirkman, dessiné par Tony Moore, mais en toute honnêteté, c’est plus grandguignolesque qu’autre chose. Certains aiment, pour ma part, j’évite.

The Harbinger

Le retour de Peter Stancheck pour ce qui semble être une suite de Harbinger version Valiant. Sauf que, il faut le dire, Valiant est en berne depuis plusieurs années et on a perdu tout intérêt pour les personnages. Je ne connais pas les scénaristes mais les dessins de Robbi Rodriguez (Spider-Gwen) ne collent pas avec ce personnage, qui pour moi restera marqué à jamais du sceau de Joshua Dysart, que personne ne pourra égaler sur cette série. Dommage pour Bliss que je continuerai à soutenir, car cette maison d’édition le mérite.

Harbinger, Bliss Comics

Nous voici déjà à une réduction de notre budget pour 208,95 €. Et c’est tout pour les comics que je laisse, car en toute honnêteté, le reste de la production de février est d’une excellente facture ! Je peux véritablement acheter tous les comic books qui suivent, car ils ont tous des qualités et des défauts. Je vous engage à les feuilleter car il y a vraiment de très bonnes choses.

Ce qui mérite d’être acheté et lu mais que je ne prends pas pour des raisons de budget (du moins réussi au plus réussi).

Batman Dark City

Chip Zdarsky est devenu le nouveau scénariste de la série Batman, et ce dernier propose une histoire sur le pingouin et un ancien ennemi d’enfance du héros. Dessiné par Jorge Jimenez, il est clair que le comics est de bonne facture mais je n’ai pas accroché à l’histoire. Le pingouin me laisse de marbre et les évènements se succèdent sans donner une emphase dramatique. De fait, j’ai trouvé ça très convenu. Je ne suis pas non plus convaincu par les dessins. Jimenez est un superbe dessinateur, mais pour le coup il me laisse totalement froid. Question de goût !

The Nice House on The Lake

Autre scénariste mis en avant par Urban Comics ce mois-ci, James Tynion IV livre un récit intriguant, mais avec trop de personnages. Une douzaine de personnes se retrouvent en effet dans une villa perdue au fond des bois et découvrent que c’est l’apocalypse et qu’ils sont peut-être les seuls survivants. Il a beaucoup de mal à caractériser tout le monde et malgré tout, cette histoire arrive un peu trop tard. Elle aurait certainement fait sensation il y a dix ans. Il faudra aussi attendre la fin pour voir si c’est une réussite. Ça tombe bien, elle arrive le mois prochain. Le comic book est plutôt sympa, mais j’attendais mieux de ce scénariste qui est, pour une fois, un peu trop confus.

La critique en détail de The Nice House On The Lake.

Catwoman Lonely City

Le premier comics réalisé intégralement par Cliff Chiang (Paper Girls, Wonder Woman) qui officie du scénario jusqu’au lettrage. Sa référence est claire : l’artiste se base très fortement sur le Dark Knight Returns de Frank Miller. Nous sommes en effet dans un futur où Catwoman est une sexagénaire qui sort de prison dans un monde sombre où Harvey Dent est devenu le maire de Gotham. Réflexion sur la police, sur la justice, il y a beaucoup de ressemblances dans les termes. Malheureusement, après une première partie assez énorme, Chiang se prend un peu les pieds dans le tapis en étirant son récit et en rajoutant des éléments qui fonctionnent moins bien. Il ne va pas non plus jusqu’au bout de ses idées et reste encore bien sage. La partie graphique est toutefois sublime et parfaitement mise en valeur par l’édition d’Urban.

La critique en détail de Catwoman Lonely City

Not All Robots

Mark Russell est un scénariste assez intéressant. Très impliqué dans la dénonciation sociale et le progressisme, il a livré des œuvres originales et souvent réussies : Billionnaire Island, Prez et surtout sa reprise des Flintstones (les Pierrafeu, inédit en VF). En revanche, sa volonté de pousser parfois le bouchon un peu trop loin peut donner des histoires moins réussies (Second Coming, Fantastic Four l’histoire d’une vie). Ici il livre encore une fois un récit peu nuancé mais qui fonctionne. Celui où les robots contrôlent tout et où finalement les humains en sont réduits à être des nuisances. Et où ces robots dominants risquent d’être remplacés par d’autres robots plus performants. De fait, le parallèle avec les discriminations de toutes tailles est une évidence. En revanche, l’histoire est plutôt bien cadrée par les dessins de Mike Deodato Jr, que l’on attend pas du tout dans ce genre de récit. Cela fonctionne, mais je ne sais pas si le dessinateur brésilien était le meilleur choix. Il a du mal à rendre sur papier l’ampleur de la révolte. C’est un bon comic book, mais je continue à préférer les Pierrafeu ! Urban si tu nous écoutes….

Batman: The Knight

Chip Zdarsky nous raconte dans ce récit plutôt réussi la jeunesse de Batman, à savoir la période qui va de la mort des parents de Bruce Wayne jusqu’à son retour à Gotham avant de devenir le justicier chauve-souris. Et clairement c’est réussi. L’histoire est intéressante et Zdarsky arrive à exprimer la personnalité trouble de Bruce, déjà usée jusqu’à la corde, plutôt finement. C’est bien trouvé avec des scènes qui sortent du lot. Mais la fin est un peu trop précipitée et assez classique. C’est dommage car les dessins de Carmine Di Giandomenico fonctionnent parfaitement. J’ai vraiment aimé.

La critique en détail de Batman: The Knight

Batman The Knight, Urban Comics.

Newburn

Encore du Zdarsky, mais cette fois-ci en mode policier urbain et mafieux. Newburn nous raconte l’histoire d’un ancien flic devenu l’homme à tout faire de toutes les famille mafieuses de la ville. Dès qu’il y a un meurtre impliquant un gang, c’est lui qui enquête et personne n’a son mot à dire. Imaginez une version mafieuse de l’ONU. Newburn va recruter une jeune femme pour l’aider dans ses enquêtes et on va découvrir son univers à travers ses yeux. La série est très réussie et m’a fait, je ne sais pas trop pourquoi, à Queen & Country. Newburn lorgne donc vers du Rucka/Samnee car les dessins de Jacob Phillips sont plutôt bons. À découvrir ! Surtout avec une offre d’appel de 10 € !

Newburn, Urban Comics

Grandville

Oui, vous pouvez me jeter des tomates pour ne pas mettre ce chef d’œuvre tout en haut de la liste. Car on ne le dira jamais assez, Bryan Talbot est l’un des meilleurs artistes/dessinateurs qui existe et a livré des séries absolument phénoménales comme Luther Arkwright ou Tales Of One Bad Rat. Et il continue de livrer des albums d’une haute teneur graphique et scénaristique avec Grandville, une sorte de récit parallèle qui se situe en France et où les intervenants sont des animaux. C’est tout simplement extraordinaire, ultra référencé. Bref c’est un immanquable ! Pourquoi ne pas l’avoir sélectionné ? Tout simplement parce que ce n’est pas un inédit ! Mais jetez vous sur ce bouquin.

Grandville, Delirium

Il me reste donc 76 €, ce qui avec mes 66,60 et ma cagnotte du mois dernier est suffisant ! Pour un mois de février aussi chargé, c’est plutôt pas mal. Et j’ai encore une poire pour la soif de 2,66 €.

Ma sélection du mois

Joe Kelly Justice League of America T3, Urban Comics

Alors oui, c’est un tome 3, qui ne devrait pas se trouver ici. Sauf que ce volume est totalement indépendant des autres et qu’il pourrait être considéré comme une saga complète à part. Et j’inclus ce volume dans ma sélection du mois car il contient la meilleure histoire de Superman qui ait jamais existé ! Action Comics n°775 qui est ce qui résume le mieux le personnage. Dans cet épisode, non seulement Joe Kelly résume parfaitement ce qu’est Superman, pourquoi il agit comme un vrai gentil et surtout, le met en opposition aux héros sombres, glauques et violents appréciés par le public. Vous êtes fan du pseudo-Superman de Zack Snyder ? Lisez ce comics ! Et tout un horizon va s’ouvrir devant vous ! De plus, cet épisode est suivi par la maxi-série en douze épisodes Justice League Elite, une sorte de Black Ops de la Justice League avec des héros aussi bizarre les uns que les autres. Dessinée par un Doug Manhke qui à l’époque n’avait pas encore lissé son style pour le rendre plus passe-partout ! Une toute petite réserve sur la fin de la série, qui à vouloir rendre des anti-héros sympathiques brouille un peu le message qu’elle était sensée dénoncer mais clairement, c’est ça du Superman, c’est ça la Justice League. C’est ça du vrai comics !

Joe Kelly présente Justice League of America, Urban Comics

Superman for All Seasons

Là aussi, c’est un comics indispensable. Un comics qui arrive à traduire la quintessence de ce qu’est Superman. C’est assez rigolo de voir qu’avec toute la palanquée de titres Batman ce mois-ci, les plus intéressants publiés sont ceux qui parlent de son exact opposé. C’est encore une fois un récit sur les origines du héros mais c’est surtout extrêmement bien réalisé. Tout le monde met en avant le travail de Tim Sale sur Batman, ses ambiances glauques et sombres, mais c’est à mon avis avec cette série que l’artiste livre son meilleur travail. Son interprétation d’un Superman très costaud est vraiment intéressante. Et pour une fois, il reste dans la lumière ! Et il n’est pas le seul ! En effet, Jeph Loeb, pas toujours connu pour son homogénéité scénaristique livre aussi une histoire fine et délicate, loin de certaines horreurs qu’on a pu connaître. C’est un petit bijou, qui n’a pas été souvent réédité et c’est pour cela qu’il faut vous jeter dessus à tout prix. Idéal pour tous ceux qui pensent que Zack Snyder avait une bonne caractérisation de Superman !

Superman for all seasons, Urban Comics

Suicide Squad: Blaze

On avait quitté la Suicide Squad Black Label avec peut-être le pire titre de l’année dernière, celui de Brian Azzarello et Alex Maleev. Et on la retrouve cette année avec peut-être l’une des meilleures histoires sur la groupe. Pas étonnant lorsqu’on sait qu’il s’agit du scénariste extraordinaire Si Spurrier aux manettes. Il nous livre un récit parfaitement calibré et pour une fois véritablement adulte. Non pas par son accumulation de scènes gores, mais par la thématique qu’il emploie. Pas de superstars, quasiment que des nouveaux personnages, c’est un vrai récit qui ne surfe pas sur les pires attentes des lecteurs. D’ailleurs, il se débarrasse rapidement de tout l’univers DC, en introduisant un tueur en série implacable qui va faire des ravages dans la communauté super-héroïque. Seule une nouvelle mouture de la Suicide Squad, avec des pouvoirs renforcés mais une espérance de vie réduite, pourra en venir à bout. On pense à Strikeforce Morituri mais aussi à l’époque où la série était plus orientée politique sous l’égide de John Ostrander que super héros. De plus, les dessins de Aaron Campbell, que l’on avait pu remarquer sur Infidel, sont extraordinaires. Ne vous y trompez pas, la pépite de ce mois-ci est le comics pour lequel on a certainement fait le moins de publicité ! Foncez donc sur ce Suicide Squad.

Mine de rien, entre janvier et février, les lecteurs de comics ont été gâtés ! Si mars reste à ce niveau, je vais devoir demander une rallonge à mon rédacteur en chef bien aimé !

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