Treizième chronique de la crypte. Un chiffre qui porte bonheur, surtout en horreur. Mais ce sont toujours sept news que nous offrons à décrypter pour vos petites orbites si bien creusées. Cette semaine, George A. Romero honoré ; Unfriended séquelisé ; Jigsaw teasé ; Freddy Krueger pixelisé ; Candyman et Halloween III célébrés ; Happy Birthdead consacré et Leatherface chroniqué. Attachez vos ceintures, sinon vos tripes vont tomber.

George A. Romero enfin gravé dans le marbre

Il l’avait appris avant de nous quitter en juillet dernier: George A. Romero, le père des zombies recevra le 25 octobre prochain sa propre étoile sur le fameux Walk of Fame à titre posthume. Sa veuve acceptera la récompense en son nom et la cérémonie sera présidée par deux des amis et héritiers du maître : Edgar Wright (réalisateur de Shaun Of The Dead) et Greg Nicotero (maquilleur et showrunner de la série The Walking Dead).

Romero était fan du film de Wright et l’avait invité lui et Simon Pegg a visiter les lieux du tournage de son film Land Of The Dead en 2004 ( les deux amis y font un caméo sous la forme de zombies enchaînés à destination de touristes fortunés). Quant à Nicotero, il joua son tout premier rôle dans Day Of The Dead (1985) sous la direction du réalisateur de La Nuit des Morts Vivants.

Rappelons que c’est Romero qui créa le zombie anthropophage dans ce même film, lâchant par là-même parmi nous une créature à visée sociale, incarnant les doutes et les dangers de notre civilisation moderne. Devenu un phénomène de mode, le zombie a envahit les consciences et Romero semblait ressentir une certaine amertume quant à la récupération opportuniste de son monstre par Hollywood qui, selon lui, en avait dénaturé le propos initial – entre autres en lui donnant la capacité de courir.

Que ce grand auteur engagé et capable soit salué n’est que justice. Le plus triste étant qu’il ne soit pas là pour en témoigner. Mais son nom et sa légende résonnent encore et pour toujours entre les murs de la crypte. Dans chaque zombie, il y a un peu de George qui survit.

Happy Birthdead : nouveau succès de Blumhouse

Et si vous reviviez sans cesse le jour de votre mort ?

Le concept n’est pas nouveau, mais il séduit ! Happy Birthdead est la nouvelle coqueluche du box-office made in Blumhouse (responsable de la plupart des gros succès horrifiques en salles), allant même jusqu’à botter royalement le fiacre de Blade Runner 2049 en termes de notoriété. Défini un peu partout comme un mix entre Un Jour Sans Fin et Scream, Happy Birthdead raconte comment une jeune femme revit en boucle le jour de son meurtre (et accessoirement de son anniversaire) par un assassin masqué. Qui est ce monstre revanchard et qu’est ce qui peut bien provoquer cette boucle temporelle ? Double mystère et boule au ventre !

Le film est l’œuvre de Christopher B. Landon, fils de Michael Landon (qui lui même slashait de la bûche à foison dans La Petite Maison dans La Prairie) qui avait déjà amusé son petit monde avec Manuel de Survie à l’Apocalypse Zombie (disponible actuellement sur Netflix pour les curieux).

Prévu pour le 15 novembre prochain chez nous, le film vient de ramasser plus de cinq fois sa mise de départ et sera projeté en avant-première lors de la Comic-Con de Paris le 28 octobre prochain.

Nous qui nous plaignions que l’horreur avait tendance à parfois trop se répéter…

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Jigsaw : tour de grand 8

Le tueur au puzzle est de retour et il a plus d’un mauvais tour dans son sac à malice.

Gros reboot de la franchise Saw, ce huitième opus semble redonner à la figure du tueur ses lettres de noblesse. Devenu un mythe, le Jigsaw s’est trouvé de nouveaux pièges et de nouvelles victimes à torturer. La saga s’était drastiquement essoufflée et interrompue après un septième film considéré comme final. Le mystère reste entier quant à l’identité du nouveau Jigsaw… à moins qu’il ait bel et bien survécu à son cancer ?

On pourrait craindre la redite et pourtant, le duo en charge de ce nouveau film rassure immédiatement. En effet, les frères Spierig sont de véritables connaisseurs du genre horrifique qu’ils ont toujours réussi à revisiter avec une certaine originalité, offrant des séries B d’excellentes factures trop souvent sous-estimées, telles que Daybreakers (qui revisite le mythe du vampire), Undead (variation rigolote du zombie) et Prédestination, un thriller de science-fiction que nous avons renommé dans la crypte « le mindfuck du siècle ».

Pour avoir réponse à nos questions incessantes sur le non-retour de Jigsaw, il faudra attendre le 1er novembre.

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Unfriended 2 : péché en ligne

Sorti en 2014, le premier Unfriended de Levan Gabriadze était parvenu à créer la surprise au sein d’une programmation horrifique un peu moribonde. Prenant le pas du found-footage, le film se déroulait intégralement sur session Skype tandis que cinq amis, harcelés par une sixième personne anonyme, mourraient les uns après les autres en ligne dans d’étranges circonstances.

Le film ne représentait pas un intérêt fou sur grand écran, mais visionné sur un ordinateur, il prenait tout son sens et permettait une véritable immersion dans ce jeu aussi bien pervers que paranormal.

Or, Blumhouse (toujours eux) ont annoncé qu’une suite avait été tournée et qu’elle portait désormais le sobriquet officiel de Unfriended : Game Night. D’après Bloody Disgusting, cette séquelle suivrait (en ligne) le propriétaire d’un tout nouveau laptop possiblement volé – et hanté ?

Les premières projections tests sont apparemment très positives, mais aucune date de sortie n’a encore été annoncée. C’est qu’il faudrait ne pas tarder… En informatique, tout devient si vite dépassé…

Freddy Krueger : le pape du game ?

Produit des studios Behaviour Interactive, le survival Dead By Daylight (PC et consoles) va recevoir un nouvel invité de choix dans son prochain DLC : Freddy Krueger, le fameux tueur des Griffes de la Nuit. Les joueurs ont intérêt à ne pas s’endormir, car le croque-mitaine de Elm Street n’est pas réputé pour faire des cadeaux à ses victimes.

C’est via un teaser au titre évocatif de « Don’t Fall Asleep » que l’arrivée du monstre issu de l’imaginaire de Wes Craven a été annoncé. Pour mémoire, le tueur de Halloween, Michael Myers, figure déjà au casting du jeu. Pour les plus endormis (attention, derrière vous!), rappelons tout de même que Freddy Krueger est un tueur fantastique capable de s’immiscer dans les rêves de ses victimes. De quoi promettre un gameplay fou à des gamers pas au bout de leurs surprises !

On s’en contentera le temps d’un éventuel retour de ce bon vieux Fred sur écran, bien que son interprète culte, Robert Englund, ait récemment annoncé à Enterntainement Weekly qu’il était désormais trop vieux pour incarner le personnage.

Kevin Bacon est toujours libre ?

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Double feature birthday : Candyman & Halloween 3

Cette semaine, nous avons fêté les anniversaires de deux métrages fantastiques essentiels.

Tout d’abord, le Candyman (Bernard Rose) fête ses 25 ans. Inspiré d’une nouvelle de l’écrivain Clive Barker (paru en France dans le recueil Livre de Sang tome 5), ce slasher fantastique, conte urbain et gore, suit les mésaventures d’Helen (Virginia Madsen) qui invoque sans le vouloir le terrible Candyman, un spectre doté d’un crochet et dont le corps semble composé de milliers d’abeilles. Ce fantôme d’ancien esclave joué par Tony Todd est une figure marquante du bestiaire fantastique qui a durablement effrayé les spectateurs. Un film d’horreur indispensable et viscéral qu’il n’est jamais trop tard de recommander.

De même, cette semaine marque les 35 ans d’un film mal aimé et pourtant génial : Halloween 3 : Season Of The Witch (Tommy Lee Wallace). Pour la petite histoire, ce troisième volet de la saga initiée par John Carpenter n’a strictement aucun rapport avec le tueur Michael Myers. Au départ, il était question que chaque nouveau film estampillé Halloween raconte une histoire différente et Season of The Witch devait en être le premier essai. Un essai qui ne fût malheureusement pas transformé, puis-ce que malgré un bon score au box-office de 1982, un mauvais bouche à oreille condamna le projet, forçant les producteurs à faire revenir Michael Myers dès le quatrième film – début de la fin pour une saga horrifique qui vira à l’auto-parodie.

Brûlot anti-commercial et critique des médias de masse, Halloween 3 n’est pas avare en détails grotesques (des mises à mort d’enfants par des masques conçus pour tuer restent gravés dans la rétine). Malgré quelques défauts, le film demeure particulièrement jouissif et burné dans son propos, avec une bande-son mystérieuse et synthétique comme John Carpenter sait les pondre.

Très réévalué depuis peu, il va de soi que la crypte vous conseille chaudement ce troisième opus d’Halloween, surtout à l’approche de la fête.

On a vu : Leatherface

A l’aulne de la disparition de l’amèrement regretté Tobe Hooper, l’arrivée sur les écrans de Leatherface, énième préquel consacré au tueur à la tronçonneuse, a de quoi sonner le glas définitif d’une franchise accusant une perte de vitesse aussi manifeste qu’une tortue en déambulateur. Le sursaut créatif étant toujours permis, une chance pouvait être accordée au duo français Julien Maury et Alexandre Bustillo (l’excellent Livide) en charge du projet.

Au vu de la filmo ultra genrée des bonshommes et de leur pellicule craspeque à souhait, l’univers instauré il n’y a pas moins de 43 ans avec Massacre à la Tronçonneuse s’inscrivait totalement dans la lignée dégénérée voulue et exigée par un tel projet. Après un remake maîtrisé par Marcus Niespel, sa suite sans intérêt et son préquel 3D opportuniste et mal fagoté, nous étions en droit d’être exigent avec ce sobrement nommé Leatherface.

Malheureusement, toute la tolérance du monde ne rattrapera pas ce ratage sans imagination qui n’aura probablement pas les faveurs d’une sortie en salle dans l’hexagone. Malgré une bonne intention de départ avec une intro en forme d’hommage pur au film initial, voilà que l’histoire s’embourbe dans des lieux communs usés jusqu’à la corde. L’asile de fous, les rednecks sales et les flics débiles et revanchards sont autant de motifs n’apportant rien de neuf à cette figure mythique du cinéma d’épouvante.

Un parti pris d’autant plus feignant que le souci d’un préquel, c’est qu’on sait toujours sur quoi il va déboucher. Empruntant sans aucune vergogne au Devil’s Reject de Rob Zombie – lui-même hommage à Hooper dont on croirait parfois que l’outrance du jeu et la façon de filmer a été tout simplement repompée pour Leatherface – le film de Maury et Bustillo patine dans le yaourt en termes de rythme, ennuie dès sa première demie-heure et peine à nous fournir des séquences d’anthologie, si ce n’est la pénible et hallucinante extraction d’une victime d’un corps de vache et un gentil petit tronçonnage final – procédé putatif dont les réalisateurs ont eu au moins la bonne idée de ne pas abuser. Pire encore, le film n’est même pas drôle. Contrairement aux idées reçues, non seulement l’original n’est pas sanglant mais il est avant tout chargé d’une certaine forme d’humour, un choix que Hooper poussera jusque dans ses extrémités dans sa suite, bouclant brillamment ce qu’il y avait à dire de cette histoire en 1988.

Reste tout de même un twist impressionnant à 20 minutes de la fin, mais à moins d’être déjà un addict de Massacre à la Tronçonneuse et de bien connaître la figure de son tueur masqué, il n’y a aucune chance que cela marque le spectateur lambda qui n’y comprendra absolument rien.

Définitivement, le gros défaut de l’héritage de Massacre est qu’il ait été pris trop au sérieux et qu’il n’ait plus jamais rien raconté en dehors des mains de son auteur initial dont c’est ici l’ultime production exécutive.

C’est un comble mais, ce Leatherface là est cousu de fil blanc et ses intentions boivent la tasse.

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