The Walking Dead

La série zombiesque de AMC a repris dimanche 25 février et le tout internet a violemment serré les fesses. Après une première moitié de saison 8 aussi fraîchement accueillie que la météo française du moment, le show avait fort à faire pour refaire hausser la température d’une audience bien tiédie.

ATTENTION, CET ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que pour une série phare, The Walking Dead s’est fendue d’un ton de plus en plus obscur au fur et à mesure de son avancement. Entre un rythme salement ralenti, une multiplication abusive de personnages secondaires et des choix de scénario de plus en plus putassiers, les fans de la première heure s’étaient presque résolus à enterrer le show une bonne fois pour toute. De plus, le dernier rebondissement en date, à savoir la condamnation par morsure du personnage de Carl Grimes, laissait ces derniers suspendus à un cliffhanger désagréable que cet épisode 9 va prolonger dans le malaise et le blabla le plus élémentaire.

Après le plan final quasi biblique de l’épisode 8, on aurait pu penser que les showrunners épargneraient à Rick Grimes la basse besogne de devoir enterrer son fils et de faire subir à ce dernier de longs et déchirants adieux. Mais la pudeur n’est plus le souci d’AMC qui, en guise de reprise, nous offre un long épisode tire-larme où Chandler Riggs (qui incarne Carl) va dire adieux à son père une heure durant avec de longs monologues pompeux qui vantent peu ou prou l’amour et les petits oiseaux en milieu hostile.

Un moment pénible et un brin poussif largement évitable, surtout pour qui nourrissait encore de la sympathie pour un personnage dont le physique meurtri par les saisons en faisait le survivant idéal à cet épouvantable jeu de massacre entre survivants qu’est devenu la série – d’autant plus que Carl Grimes est encore en vie actuellement dans les comics. A croire que AMC a tout bonnement sous-développé Carl et a conservé sa naïveté première par frilosité afin de conserver intactes ses quelques têtes d’affiches que sont Andrew Lincoln (Rick), Norman Reedus (Daryl) et Lauren Cohan (Maggie).

D’ailleurs, la rumeur enfle sur la toile que cette dernière serait sur le départ de la série. En effet, la belle Lauren est actuellement en train de renégocier les termes de son contrat (qu’on devine onéreux au bout de huit ans de bons et loyaux services). De plus, après avoir signé pour la série Whiskey Chevalier (ABC), l’actrice s’engage dans un emploi du temps contradictoire qui pourrait bel et bien envoyer Maggie ad patres dès la fin de cette saison 8 – ce qui, dans les faits, consisterait une belle prise de risque, laissant à Danai Gurira (qui triomphe actuellement dans Black Panther) le soin de porter la bad-asserie au féminin sur ses épaules.

Mais le reste du casting dans tout ça ? Comme à son habitude, il vivote de tuerie en tuerie, ne sachant viser que sur les sous-fifres mais pas sur les boss, avec une Carrol en pilote automatique, courant derrière un Morgan toujours en proie à de pénibles crises existentielles tandis que Ezechiel cite du Shakespeare et métaphorise la vie sur les préceptes de son club de théâtre du soir. Rien de bien neuf sous le soleil, en somme. Ah, si ! Le lieutenant le moins bas du front des Sauveurs (et donc fatalement le plus intéressant du lot) se fait percer la trachée par un gamin qui va probablement relancer le débat sur l’apprentissage de la lance en milieu scolaire à l’heure où on veut armer des professeurs (Morgan, transformé en Punisher post-apo, étant potentiellement la parfaite illustration anti-armement du corps enseignant). Quant à Negan, pas trace de lui et on devine bien que les réalisateurs le gardent sous le coude, lui qui vaut probablement encore à la série de ne pas s’être faite annulée.

Reste une ambiance de guerre plutôt pas mal retranscrite alors que les survivants du groupe de Rick, terrés dans les sous-terrains des ruines d’Alexandria, se font bombarder le museau par des Sauveurs plus remontés que des coucous et la fameuse séquence onirique qui débutait la saison 8. Cette dernière, initialement attribuée à Rick, semble être en fait un rêve d’avenir idéal entrevu par Carl et que son pôpa promet de réaliser en son nom pour l’honorer. Mais l’idée tourne à vide, rappelant assez désagréablement certains flash-forward foireux de la série Lost. Quid donc de cette rêverie ? Qui rêve ? Est-ce bien un rêve ? Et surtout, à quoi cela va-t-il servir ? Une chose semble pour l’instant relativement certaine : les scénaristes avancent au petit bonheur la chance d’épisode en épisode sans se concerter les uns les autres. Et il serait grand temps de faire circuler quelques notes se service.

« Restons assis là, Judith et attendons qu’il se passe quelque chose dans cette série. » – Carl Grimes, philosophe mort