Alors que le second numéro de Basketful of Heads du label horreur de DC débarque dans une semaine, l’heure est à la récapitulation des futurs titres à venir dans l’épouvantable collection lancée sous la houlette de Joe Hill (auteur de Locke and Key et rejeton de Stephen King, pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi).

Dans l’édifiant édito concluant les revues, l’homme en charge de ces terreurs en bulles revient sur les futures parutions qui vont occuper nos nuits au cours des prochains mois, et si Basketful of Heads (écrite par Hill) et The Dollhouse Family (scénarisée par Mike Carey) vont poursuivre leur publication à un rythme hebdomadaire jusqu’à janvier, on en sait déjà un peu plus sur les récits suivants de cette première vague de frissons, dont le premier effet Kiss Cool devrait se faire ressentir le 08 janvier 2020 dans le premier numéro de Daphne Byrne. Parole à Joe Hill :

Kelley Jones (maître visuel du Grand Guignol) accompagné de la scénariste télé Laura Marks (L’Exorciste, Braindead) nous offrent Daphne Byrne, une histoire de fantôme qui se déroule au XIXe siècle : l’histoire d’un enfant et de son ami – ou ennemi ? – imaginaire.

Au sortir des fêtes et en pleine saison froide, cette « ghost story » traditionnelle semble déjà toute indiquée pour enrichir davantage les deux premières parutions du label – l’une relevant de l’horreur fantastique et l’autre du conte d’épouvante cosmique. Une histoire d’autant plus réjouissante qu’elle sera mise en images par Kelley Jones, dont le trait avait déjà hanté les pages de Batman dans deux récits très portés sur l’épouvante : Batman & Dracula, et le sous-estimé Gotham After Midnight. Sans oublier son implication sur Sandman. Avec un tel pedigree, comment résister ?

Daphne Bryrne : comme un côté « Salem’s Lot » dans le design de ce fantôme…

Peut-être en se plongeant dans le premier numéro de The Low, Low Woods, récit intrigant présenté par Hill comme suit :

l’autrice Carmen Maria Machado (finaliste du National Book Award) et Dani (illustrateur de Coffin Bound) nous invitent à Shudder-to-Think, en Pennsylvanie, où des hommes sans peau et des femmes à cornes de cerf parcourent les bois et où la réalité implose.

Devra-t-on s’attendre à une histoire d’horreur païenne, dans la lignée de The Wicker Man, voire à un brin de Twin Peaks ? Les récits de « petites villes », chères à la littérature d’épouvante américaine du XXe siècle, sont souvent représentés en bande-dessinée comme un petit cliché qui pourrait ici devenir d’autant plus réjouissant qu’il sera vu par le prisme de l’autrice Carmen Maria Machado, dont c’est le premier comic-book et dont le recueil de nouvelles subtilement fantastiques et féministes « Son Corps et autres célébrations » (paru chez L’Olivier) est déjà la preuve d’une véritable voix moderne de l’épouvante. Sans oublier Dani, dont l’étrange homoncule de Coffin Bound donnait déjà le ton en termes de créature improbable.

The Low, Low Woods : une histoire d’horreur qu’on espère vue sous un angle féminin et innovent.

C’est un fait, Joe Hill sait choisir ses collaborateurs, des plumes et dessinateurs qu’il pioche volontiers en dehors de la sphère comics et c’est tant mieux. D’autant que l’auteur de Nos4a2 (adapté en série sur Amazon Prime) se fendra d’un autre comic-book pour la collection, à savoir Plunge, qui semble s’annoncer comme un survival fantastique et maritime, à cheval entre The Fog (John Carpenter) et les écrits de H.P Lovecraft.

C’est l’aventure d’une équipe de secours envoyée dans une zone subarctique pour récupérer un navire disparu ayant réémergé des glaces après quarante ans, indique Hill. Mais les membres d’équipage que l’on croyait morts depuis tout ce temps sont encore bien habiles de leurs mains et ont plus d’un tour dans leur sac pour perturber les nouveaux arrivants. Stuart Immonen, l’un des plus talentueux dessinateurs de sa génération – tous styles confondus – mettra ses diaboliques pinceaux et crayons au service de cette histoire.

Plunge : vieux navires & revenants ? De quoi rappeler « Le Vaisseau de L’Angoisse » et les vieux récits de loup de mer.

N’y aurait-il pas un peu de Creepshow dans ce macabre récit ? Même si on a bien hâte de le découvrir, Hill ne semble pas vouloir trop tirer la couverture à lui et Plunge reste donc encore non daté sur le calendrier de Hill House Comics. Mais une histoire aussi macabre rencontrant le trait et l’énergie propres à Immonen, dont les runs pour l’univers Ultimate chez Marvel, nous filent encore d’agréables picotements aux mirettes ? Même dans le cadre d’un cauchemar, ça laisse rêveur.

Et vous ? Quelle série vous titille le plus le trouillomètre ?

NdA : toutes les traductions sont de l’auteur de l’article. 

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