Laurent Arthaud, le scénariste d’Hoplitéa, comic book français publié chez NorthStar Comics, revient sur les origines de sa super-héroïne.

Laurent Arthaud : Hoplitéa, la Lionne de Sparte est née il y a déjà plusieurs années sur mon blog consacré à l’actualité des comics, parce que je suis avant tout un simple fan de comics. Dès le départ, quand on a commencé à travailler sur les premiers épisodes, avec Patrice Martinez, le dessinateur (et le meilleur à mes yeux), l’objectif était de créer un univers composé de vrais super-héros en costumes, avec « pseudos » et superpouvoirs.

On avait l’impression que les Français n’osaient pas faire du vrai super-héros et que cette thématique était systématiquement abordée par le biais de l’humour ou de l’hommage déguisé. Donc le premier objectif était de faire un vrai comic book de super-héros à la française… Et même à l’européenne. En effet, les comics américains sont actuellement LE modèle mondial absolu en termes de divertissement et ce, pour notre plus grand plaisir. Du coup, j’ai naturellement intégré dans Hoplitéa des thématiques que j’aime particulièrement et que je ne trouvais pas dans les comics américains. L’univers d’Hoplitéa est ainsi un mélange cosmopolite de légendes, mythes et patrimoine littéraire européen et de personnages disparus de mon enfance.

Laurent Arthaud, scénariste du comic book français Hoplitéa.

Quels sont tes comics de référence ?

En tant que fan de comics et enfant des années 80, mes comics de références sont d’abord les X-Men du duo Chris Claremont et John Byrne, et ensuite les X-Men des années 90 avec l’arrivée de Jim Lee aux dessins. Le comic book qui m’a fait comprendre le mécanisme de l’écriture de comics et qui m’a donné envie de créer mon propre comic book est Invincible, la série écrite par Robert Kirkman. Et ça tombe bien car c’est aussi une référence pour Patrice (Martinez), le dessinateur. En fait, nous avons quasiment les mêmes références c’est aussi ce qui fait que ça « matche » très bien entre nous sur Hoplitéa.

Les super-héros de l'univers d'Hoplitéa

Quelles ont été tes inspirations dans l’écriture des deux opus d’Hoplitéa ?

Mes inspirations sont diverses, puisque Hoplitéa et son univers sont un melting pot d’influences entre les personnages oubliés de mon enfance et les mythes et légendes européennes comme je l’ai déjà expliqué. En ce qui concerne l’écriture des albums, le premier est inspiré des X-Men de ma jeunesse, vu qu’Achiclès est en quelque sorte le Magnéto de l’univers d’Hoplitéa. Concernant l’intrigue, je suis directement influencé de la façon d’écrire de Kirkman sur Invincible, avec notamment la mort de plusieurs personnages importants.

Dans le deuxième album, la vengeance de Winter, vous trouverez ma version de la saga du Dark Phoenix des X-Men des années 80. Côté intrigue, je pense que l’influence vient des comics JSA des années 2000 écrits par Geoff Johns. Le scénariste mélangeait les univers de personnages différents pour créer des situations de crises inédites avec de superbes interactions entre les personnages et leurs aptitudes.

Avais-tu déjà de l’expérience dans l’écriture ?

Aucune expérience de l’écriture si ce n’est les articles de mon blog Comixheroes. C’est sur ce blog que j’ai présenté mes concepts de personnages (Hoplitéa, Roncevaux, les Golden Stars) et très rapidement Patrice a accroché et proposé des visuels de tous les personnages de l’univers d’Hoplitéa, c’est donc après une première présentation de la Lionne de Sparte, uniquement sur le côté mythologique avec Alain Prem, qui n’était pas intéressé pour développer le côté super-héros, que nous avons décidé avec Patrice de tenter l’aventure et de réaliser un premier épisode complet.

Hoplitéa et les Golden Stars

Tes méthodes de travail ont-elles évolué, entre le tome 1 et le tome 2 d’Hoplitéa ?

Oui, on est passé d’un système de scénario scène par scène, à un système page par page, à un système plus élaboré de scène par scène. En effet, Patrice était toujours contraint de compresser mes scénarios qui ne rentraient pas dans le nombre de pages requis. N’ayant pas le talent de la mise en scène de Patrice, mes écrits contenaient trop d’éléments et Patrice aurait eu besoin de 50 pages pour mettre en image un épisode que j’imaginais en 24 pages. Désormais, j’écris par scène avec un calibrage en nombre de page et ça fonctionne (souvent) bien.

La grande différence dans cette méthode, c’est que j’ajoute à chaque fin de scène une rubrique détails. Dans cette rubrique, j’ajoute un maximum de détails pour l’ambiance, à l’attention du dessinateur et du coloriste, et du coup, ça nous a permis d’avoir un scénario et un comic book plus aboutis. L’inconvénient c’est que l’écriture prend beaucoup de temps… Avec Patrice on a de nombreux échanges et on a vraiment pris plaisir à travailler sur ce deuxième album. Il me semble que le système des « détails » y est pour beaucoup, et du coup, les idées ont afflué, et notamment de la part de Patrice, ce qui a fortement enrichi la trame de base. On est assez satisfaits de notre travail, et on espère que ce sera pareil pour les lecteurs.

Quel futur envisages-tu pour les personnages et l’univers du comic book ?

Le futur des personnages d’Hoplitéa va s’assombrir. En effet, le concept d’Hoplitéa c’est de tenir les lecteurs en haleine et de les surprendre avec de l’intrigue et des rebondissements. Tout le monde est susceptible de mourir, même Hoplitéa. Comme je le dis souvent : si les héros meurent, leur héritage perdure… parfois.

Peut-on déjà prévoir un troisième tome pour Hoplitéa ?

Le troisième opus s’intitulera Europocalypse et il annonce bien la couleur, Europolis, la ville d’Hoplitéa et des Golden Stars va subir d’énormes dégâts, tout comme les défenseurs d’Europolis…

En quoi consiste ta collaboration avec NorthStar Comics ? Comment l’éditeur t’accompagne-t-il dans ton travail ?

Northstar comics, c’est-à-dire Jeff Breitenbach, est avant tout un fan d’Hoplitéa, et c’est lui qui a permis de sortir le premier album, ce qui a eu pour effet de rallumer la flamme de la motivation pour dépenser un max de temps et d’énergie dans la réalisation du deuxième opus. Jeff fait donc la promo, gère le crowdfunding, réalise le travail de maquette de l’album, et gère l’édition avec les imprimeurs. En bref, il ajoute toute l’énergie que nous n’avons plus, nous les auteurs, à la fin du projet. Là encore, ce qui fait que ça matche avec Jeff, c’est qu’on a les mêmes références et un peu le même parcours : membres fondateurs de la ligue des comics-bloggeurs tous les deux.

Pour finir, j’espère que toute l’énergie et le temps qu’aura mis toute l’équipe (dessinateur, éditeur, coloriste et moi-même) dans ce deuxième album sera récompensé par le verdict des lecteurs, et qu’ils pourront dire à la fin de ce deuxième album : « oui, j’ai passé un bon moment de lecture ». Merci à tous ceux qui nous soutiennent. Et maintenant, précipitez-vous, lisez « Hoplitéa, la vengeance de Winter » !!! Et encore merci à Superpouvoir pour la mise en avant de notre projet !

Et bonne chance à Hoplitéa pour les futures épreuves qui l’attendent !

Pour pré-commander le tome 2 d’Hoplitéa, cliquez ici !

Dessin : Marti

Dessin : Marti

Dessin : Marti