Imaginez un monde d'heroic fantasyElfes, Nains, Mages, Orcs et autres Gobelins vivent en harmonie. Eh bien non ça n'existe pas, ils cohabitent tous dans un même monde, et il s'agit des Terres d'Arrans. Imaginez plutôt ce monde qui ne s'intéresse pas uniquement aux gentils, où les monstres méchants et les monstres gentils, ont aussi leur place dans l'univers, et surtout des histoires à raconter. Qu’il s’agisse d’un mauvais choix ou d’un mauvais conseils, dans tous les cas, Lardeur et sa bande sont en cavale. Mais sérieusement, faire affaire avec quelqu’un qui s’appelle La Poisse aurait dû leur mettre la puce à l’oreille (qu'ils ont pourtant longues et fines). Pourchassés et fuyants dans le désert, ils sont surpris par une tempête. La compagnie trouve finalement refuge dans un ancien palais enterré construit par des nains. Le lieu est piégé et les hôtes étonnamment accueillants. Et si l’endroit était finalement plus dangereux que les éléments à l’extérieur ?

Orcs & Gobelins, la critique du tome 15 : Lardeur

C’est la question que l’on se pose très vite en lisant ce tome 15, parce que rapidement, on est happés dans une ambiance angoissante et étouffante de film d’horreur. Les pauvres bougres « prennent cher » comme on dit maintenant. Ils enchaînent les problèmes et les mésaventures. Ils se retrouvent piégés dans un labyrinthe auquel il faudra échapper, un peu comme un escape game avec pièges et énigmes à la clé qui vont s’enchaîner. Et bien évidemment le petit groupe va se déliter petit à petit, comme on peut s’y attendre pour ce genre de situation.

C’est exactement ce que je dis en introduction, même si ces personnages sont catalogués comme "méchants" dans l’inconscient collectif culturel, ils sont ici traités en héros, ou tout simplement comme tous les autres personnages, et c’est la partie rafraichissante de cette série. On est toujours le méchant de quelqu’un, mais ici les méchants ne sont pas ceux que l’on pense, les apparences étant définitivement trompeuses.

L’air de rien, la Bd via des flashbacks et un repas autour du feu, étaye l’histoire, nous explique comment les protagonistes en sont arrivés là, et c’est très bien monté, et plutôt malin. Les malheureux enchaînent les épreuves, ils sont testés et décimés et même masqués ( on applaudit des deux mains le clin d’œil). L'histoire est digne d'un film de genre avec des rebondissements (on pense à la viande, mais aussi à la toute fin), aussi glauques qu’inattendus.

Et en refermant ce tome on se dit que cette séries comme les trois autres ne cessera de nous étonner. Ma Yi, est au dessin (après avoir œuvré sur quatre tomes des Elfes) et son style est atypique, fin, détaillé centré sur les personnages qui sont magnifiquement représentés mais aussi sur certains décors intérieurs qui sont magnifiques. Finalement l’histoire est assez classique, un survival convenu mais diablement efficace et maitrisée dans la construction, et les dialogues. On tremble à suivre la troupe qui passe de pièges en pièges et dont l’unique but est maintenant de survivre pour s’échapper de cet endroit au plus vite, mais en restant soudés comme la seule famille qu’ils sont et qu’ils forment. Une véritable réussite, une fois de plus.

Petite histoire d'Orcs et de Gobelins

Les deux races du titres, les Orcs et les Gobelins se partagent, à tour de rôle, l'affiche de cette troisième série issue des Terres d'Arran après les Elfes et les Nains. Le premier tome, Turuk, est sorti en octobre 2017 sous la plume de Jean-Luc Istin, créateur avec Nicolas Jarry de la série Elfes. Les Orcs sont généralement verts, grands et plutôt musclés, taillés pour la guerre, et ne réfléchissent pas forcément avant d'agir. Tandis que les Gobelins sont verts eux aussi, mais plutôt petits, fourbes et malins. Mais dans cette série, les stéréotypes suscités sont souvent bousculés.

Orcs & Gobelins, tome 15 : Lardeur, Éditions Soleil, 56 pages, 14,95€ (9,99€ en numérique). Sortie le 3 novembre 2021. Scénario : Olivier Peru. Dessin & couleurs: Ma Yi.

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