S’il est devenu le leader incontesté des Avengers, Captain America n’était pourtant le personnage sur lequel Marvel Studios misait pour étendre son univers cinématographique naissant. Et pourtant la popularité actuelle du personnage prouve que la firme hollywoodienne a eu raison de développer une franchise sur lui avec trois films solo et deux séries dérivées. La Sentinelle de la Liberté est également apparue dans les quatre films réunions des Avengers sans oublier plusieurs cameos dans d’autres longs métrages. Interprété par Chris Evans, le héros a su fédérer ses partenaires mais aussi et surtout les spectateurs. À l’occasion des 80 ans de Captain America, revenons ensemble sur sa représentation sur le grand écran et comment Marvel a réussi avec brio un pari risqué #TeamCap

Du nanar sur le petit écran…

Prouesse scientifique, héros symbolique, leader des Avengers puis criminel et enfin retraité, le parcours de Steve Rogers dans le MCU ne fut pas de tout repos. Son parcours créatif depuis les années 40 non plus. Que ce soit en comics ou à l’écran, Captain America a connu des hauts et des bas en 80 ans avant de trouver son apogée sous l’égide de Kevin Feige et Disney.

La genèse du personnage fut l’objet de nombreuses discussions au sein de la Maison des Idées afin de faire correspondre ses origines militaires et ultra-patriotiques au cinéma. Comment un personnage né en 1920 pourrait-il rencontrer Tony Stark, Thor ou Nick Fury de nos jours pour former les Avengers ? Et surtout comment le représenter sans se montrer risible et démodé ? Car s’il faisait déjà l’objet de serial – petits films séquencés en épisodes diffusés au cinéma principalement durant la première moitié du XXe siècle – à partir de 1944 sous les traits de Dick Purcell, Cap fut à nouveau adapté pour la télévision avec bien moins de succès. 

En janvier 1979, la chaîne américaine CBS diffuse le téléfilm Captain America réalisé par Rod Holcomb avec Reb Brown dans le rôle-titre. En novembre de la même année, une suite (réalisée cette fois par Ivan Nagy) est diffusée. Souhaitant surfer sur le succès de la série L’Incroyable Hulk (avec Bill Bixby et Lou Ferrigno), Marvel et le network américain tentent de développer d’autres personnages du catalogue prolifique de la Maison des Idées mais tout comme Thor ou Daredevil, Captain America ne reste pas dans les annales et devient rapidement oubliable. En 1990, une nouvelle tentative voit le jour avec Matt Salinger sous la direction d’Albert Pyun. Le long métrage ne sort au cinéma qu’au Royaume-Uni et directement en vidéo dans de nombreux pays. Encore une fois le succès n’est pas au rendez-vous. En 2006, le site spécialisé IMDb le classe même 48e pire film de tous les temps

Dans les deux cas, les histoires et les personnages furent réadaptées par rapport aux comics (dans les téléfilms, Rogers se fait injecter un sérum expérimental afin de guérir à la suite d’un accident de moto) pour tenter d’attirer à la fois les lecteurs et les néophytes. Le public n’adhère tout simplement pas au message patriotique véhiculé par la Bannière Étoilée dans des périodes où les jeunes tournent le dos aux valeurs américaines. À l’étranger, le son de cloche est identique lorsque l’anti-américanisme naît doucement en Europe. Les effets spéciaux médiocres de l’époque, les jeux d’acteur ou encore la réalisation de ces opus en font des nanars connus seulement d’une minorité de fans

Il aurait pas pris la grosse tête Captain America ?

… Au succès sur le Grand Ecran

Lorsque, dans les années 2000, Marvel tente doucement de développer ses propres franchises cinématographiques, Captain America n’est pas la priorité du studio. À côté de héros comme Hulk, Iron Man, Thor ou encore Ant-Man (un film était prévu pour la Phase 1, écrit par Edgar Wright), la popularité de la Sentinelle ne fait pas le poids. Les précédentes productions sont une vraie douche froide et diverses histoires de droits avaient freiné le projet. Mais la jeune firme hollywoodienne sait qu’elle a besoin de ce leader emblématique pour composer la future équipe des Avengers, point culminant des premières productions signées Marvel Studios. 

Le film est alors mis en chantier à la fin des années 2000 et de nombreux acteurs sont castés pour devenir le porteur du bouclier : Sam Worthington, John Krasinski, Channing Tatum, Alexander Skarsgård, Will Smith,… Finalement, Kevin Feige et son équipe jettent leur dévolu sur Chris Evans, connu principalement pour son rôle de la Torche Humaine dans Les 4 Fantastiques. Mais l’acteur refuse. Trois fois pour être exact, indiquant qu’il ne souhaite pas revenir dans les grosses productions super-héroïques. Il finira par accepter de rejoindre le tournage sous la direction de l’expérimenté Joe Johnston (Jumanji, Star Wars, Jurassic Park 3, Chérie j’ai rétréci les gosses). Marvel tente alors un nouveau pari en mettant en scène un film de guerre où la science-fiction et l’action prennent le pas sur les enjeux mondiaux du conflit. 

Comme ce fut le cas par le passé chez Marvel, le film complète son casting avec des acteurs renommés : Tommy Lee Jones, Hugo Weaving, Stanley Tucci (qui avoua avoir accepté le rôle du Dr Erksine pour pouvoir prendre un accent allemand), Hayley Atwell, Dominic Cooper, Sebastian Stan. Joss Whedon, futur réalisateur d’Avengers, participe à la réécriture du scénario afin d’y incorporer plusieurs éléments majeurs dont le Tesseract qui régira la trame globale de l’équipe de super-héros.

Captain America: First Avenger sort alors dans les cinémas en août 2011 et surfe sur le succès de ses prédécesseurs signés Marvel Studios. Il enregistre 400 millions de dollars de box-office à l’international et permet de lancer sereinement la promotion d’Avengers prévu en mai 2012. L’accueil critique est globalement positif et souligne la trame plus intimiste dans un contexte de Guerre Mondiale. On peut voir évoluer Steve Rogers 2 homme frêle mais courageux – et devenir un emblème pour son peuple puis son armée grâce au sérum du Super-Soldat qui coule dans ses veines. 

Joe Johsnton et Christopher Townsend (en charge des effets spéciaux) réalisent pour ce film une prouesse technologique en rendant Chris Evans petit et malingre malgré son intense entraînement en salle de musculation. Le visage de l’acteur est transposé sur le corps d’une doublure amincie (Leander Deeny) qui reproduit les mouvements et le jeu d’Evans filmé dans un premier temps. Le résultat est très convaincant et permet de montrer comment “un petit gars de Brooklyn” parvient à devenir un super-héros à l’assaut des nazis.

La consécration Avengers

La fin du film solo ainsi que sa scène post-générique nous montrent comment Captain  America s’est retrouvé coincé dans la glace pour sauver New York. Nick Fury (Samuel L. Jackson) et le S.H.I.E.L.D. le retrouvent en 2012 et tentent de le réintroduire petit à petit dans ce nouveau monde où la Guerre est finie mais les enjeux restent importants. De nouveaux problèmes surgissent et la Sentinelle de la Liberté va devoir rapidement rechausser le bouclier à son avant-bras. 

Le point culminant de Marvel se nomme Avengers et sort en salle en mai 2012. L’histoire de Cap reprend directement après le premier film et montre un Steve Rogers en manque de repères. Son expertise concernant le Tesseract et ses secrets sont requis afin de combattre un ennemi venu d’un autre monde : Loki. Captain rejoint alors un groupe de héros hétéroclite sous la responsabilité du S.H.I.E.L.D. et de Nick Fury. Avec Iron Man, Thor, Hawkeye, Hulk et Black Widow, ils forment les Avengers et sauvent New York de l’invasion des Chitauris.

Les fans se rangent derrière son autorité et son charisme naturel tout comme les autres personnages du MCU. Ce que Cap inspire chez les autres se reflètent particulièrement dans le personnage de Phil Coulson, agent du S.H.I.E.L.D.. Le héros américain est son modèle depuis longtemps et c’est ce qui le poussera à affronter seul Loki, provoquant sa triste disparition. C’est également Coulson qui aida à concevoir le nouveau costume (un peu criard) de la Bannière Étoilée. 

Le succès du film est colossale et bien au-delà des espérances du studios : 1,518 millard de dollars de recettes, troisième plus gros succès de tous les temps derrière Avatar et Titanic, un succès critique et public qui installera Marvel parmi les géants d’Hollywood. Cette réussite permet à Captain America de prendre davantage de poids chez Marvel Studios mais également auprès du public. Le héros d’un autre temps obtient un statut de leader unanime, d’icône et de modèle à suivre

La popularité du personnage croît en même temps que le studio engrange les billets verts. Si Avengers n’a pas le temps de creuser un peu plus le personnage, ce qui l’anime et son adaptation au XXIe siècle, Marvel met en chantier une suite alors que First Avenger n’était pas encore sorti au cinéma. Si ce film avait principalement pour but de développer le héros avant le second Avengers, Captain America : Le Soldat de l’Hiver apportera un changement fondamental dans le Marvel Cinematic Universe…

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