Après le licenciement de Bob Harras (et de beaucoup d’autres employés), il y a trois mois, Marie Javins et Michele Wells avaient été nommées rédactrices en chef par intérim. DC Comics vient de titulariser Javins. C’est la première fois qu’une femme va occuper ce poste chez un des deux grands éditeurs majeurs de comic-books.

Qui est Marie Javins ?

Marie Javins était jusqu’ici responsable éditoriale des nouvelles initiatives de publication et de la stratégie numérique, titre ronflant pour dire qu’elle supervisait certains romans graphiques pour les plus jeunes, tel que Harley Quinn: Breaking Glass, et les productions numériques, comme le récent Harley Quinn: Black, White & Red. Ancienne éditrice chez Marvel Comics, où elle fut formée par Mark Gruenwald, elle fut également une coloriste très active durant les années 90. Aux débuts des années 2000, elle quitta le monde des comics pour deux tours du monde, ce qui lui permit d’éditer des livres touristiques.

En 2014, après un passage chez Teshkeel Media Group, une maison d’édition du Moyen-Orient, elle intégrait DC Comics, afin de superviser Convergence, l’opération éditoriale qui a permis à DC de déménager vers la côte ouest. Restée chez DC, elle supervisera notamment les séries Justice League entre 2018 et 2019 (on lui doit l’arrivée de Scott Snyder et l’opération New Justice) ou encore des projets à haute visibilité comme l’actuel Dark Nights: Death Metal, toujours avec Snyder (Javins saura-t-elle le garder un peu plus longtemps chez DC ?). Sa personnalité est particulièrement appréciée et respectée et sa nomination semble ainsi recueillir tous les suffrages parmi les auteurs et éditeurs du milieu.

Marie Javins

En tant que rédactrice en chef, elle répondra à Daniel Cherry III, le récemment nommé manager général. « Marie comprend intrinsèquement le pouvoir de la bande dessinée et sa capacité unique à divertir et à responsabiliser, ce qui en fait un choix parfait pour être le prochain rédacteur en chef de DC« , explique Cherry. « En plus de ses nombreux talents créatifs, elle est aussi incroyablement motivée à accroître l’accès à cette industrie incroyable en encadrant la prochaine génération de créateurs de comic-books et en les aidant à trouver leur voix. J’ai hâte de travailler avec elle dans son nouveau rôle ».

Javins est, elle aussi, ravie, bien entendu : « Je n’aurais jamais imaginé, lorsque j’étais une jeune fille dévorant les bandes dessinées de Wonder Woman, Nubia et Supergirl, que je serais, des décennies plus tard, à la tête de la puissante DC Comics. Je suis extrêmement honorée de cette responsabilité et je me consacrerai à soutenir cette famille élargie qu’est le personnel, les artistes, les détaillants et les partenaires de DC dans le monde entier. Nous serons tous engagés dans une quête pour raconter des histoires visuelles et innovantes qui reflètent et élargissent notre monde et, dans certains cas, notre galaxie et notre multivers ».

Un DC Omniverse ?

Multivers. Un mot qui risque de revenir régulièrement alors que les rumeurs concernant l’après Death Metal et Future State s’intensifient. Le généralement bien informé Rich Johnston, du site Bleeding Cool, a ainsi émis l’hypothèse d’une opération qu’il a lui-même appelé Omniverse et qui commencerait en mars de l’année prochaine. L’idée directrice serait de lâcher la bride aux auteurs en ne leur imposant plus une continuité trop contraignante. Chaque projet serait plus ou moins indépendant les uns des autres, le multivers servant alors probablement d’excuse pour les incohérences et les changements. Selon Johnston, la nouvelle logique éditorial devrait être introduite dans un numéro spécial en mars. Voilà, en tout cas, qui devrait remplir les journées de la nouvelle rédactrice en chef.

L’omniverse, voilà qui promet encore de sacrés « nervous breakdowns » aux fans irréductibles de continuité.

Nouveaux licenciements en catimini

Et Michele Wells dans tout ça ? Elle fait hélas partie de la nouvelle charette qui touche DC Comics. Plus limitée que la précédente, cette nouvelle vague de licenciements touche cependant des cadres d’importance, essentiellement lié au Marché Direct (à savoir le marché des librairies spécialisée), comme Adam Phillips, directeur au service Marketing, Stuart Schreck, manager des Ventes, Fletcher Chu-Fong, directeur de l’événementiel, Sandy Yi, management de la franchise globale, Lisette Osterloh, marketing numérique et événementiel ou encore Alex Carr, responsable éditorial des séries Justice League.

Il semble que ces licenciements supplémentaires soit la conséquence de l’arrivée de Daniel Cherry III à qui on demande, en tant que manager général, de resserrer toujours plus les coûts. Pour Rich Johnston, « Daniel Cherry III (…) fait exactement ce pour quoi il a été engagé par la présidente de Warner Bros. [Consumer Products], Pamela Lifford : réduire les effectifs, licencier les personnes les mieux rémunérées pour promouvoir les plus jeunes aux salaires moindres, leur distiller le refrain « vous avez de la chance d’avoir encore un emploi dans cette économie » et également réduire les rémunérations et les missions des free-lances ».

Daniel Cherry III

Il est dommage que l’enthousiasme de la nomination de Marie Javins soit ainsi douché par la nouvelle de pertes d’emploi supplémentaires. Certains y voient d’ailleurs un contre-feu médiatique bien pratique. D’autant plus regrettable qu’il semble que ce soit le département du Marché Direct qui ait été particulièrement visé cette fois, relançant à nouveau les inquiétudes concernant le sort des périodiques, de plus en plus menacés par le succès des romans graphiques et autres recueils.

Si les rumeurs d’un abandon progressif de la continuité se révèlent également fondée, c’est littéralement la fin d’une ère qui se profile pour DC Comics et les comic-books en général.

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