Manowar nous ayant posé un lapin lors du dernier Hellfest, on est allé à la rencontre de vrais bêtes de scène à Musicalarue, les Puppetmastaz.Leur univers est une explosion de pop-culture, de références geek, comics, dans un univers tiré de la BD. Leur dernier album Sweet Sugar Rush propose même une petite BD dans la jaquette. Sur la scène Saint Roch, pour la trentième édition de Musicalarue, le collectif berlinois et ses marionnettes est venue à Luxey balancer ses salves de bon vieux rap.

Qui est la marionnette, qui est le maître ?  Notre envoyé spécial, le Dr Dominique est allé à la rencontre des Puppetmastaz, pour une interview légèrement surréaliste des marionnettes au flow intarissable. Rencontre avec Spuggles et Dogga Dakota qui nous ont aussi fait un petit jingle pour Superpouvoir.

Bonsoir les Puppetmastaz, quels sont vos comic-books préférés ?

Spuggles : J’adore cet auteur de comic-book, Moebius. Je crois qu’il est d’Islande, ou de Grèce, c’est ça ?

Dogga Dakota : Oh yeah, big time! On adore la BD belge, française et aussi celles qui viennent d’Ouzbékistan. On aime beaucoup Byrdylicious qui est de Berlin. Il a créé les personnages de comic-books de notre dernier album.

Je n’aime pas trop les super-héros. Mon comic book préférée est Maus de Spiegelman. Mais je n’aime pas trop lire, je regarde surtout les images.

Qu’est-ce qui te plait dans Maus ?

DD : Oh man, j’adore les différents degrés de lecture. Il y a différents degrés que tu as besoin de voir et de comprendre, ce qui te procure beaucoup d’émotions. Même si le texte est souvent brut et triste, il joue sur tes émotions.

Je n’ai jamais eu de telles sensations en lisant Marcel Proust… mais j’adorerais faire un comic-book sur Marcel Proust !

Justement, Stéphane Huet en a réalisé un avec À la recherche du temps perdu

S : Ça existe déjà ?

DD : Dans ce cas, je voudrais en faire un sur L’étranger d’Albert Camus.

Vous en connaissez vraiment un rayon sur la culture française ?

DD: Regarde-moi, est-ce que j’ai pas l’air sérieux, selon toi ? On en lit tout le temps. On adore tout, j’ai grandi en lisant Astérix, Goscinny, Uderzo. J’adore ces conneries, c’était cool.

Comment avez-vous formé votre collectif ?

S : Je ne suis pas croyant, je ne parle pas de ces choses là. Je crois que ma mère et mon père ils ont fait le truc que les abeilles font parfois avec les fleurs. C’est de là que je viens, je pense. Mais je préfère ne pas rentrer dans les détails.

DD : Comment nous nous sommes trouvés ? On jouait aux échecs dans un parc. On a passé tellement de temps à jouer aux échecs à Brooklyn. Et là, on s’est regardé, et on s’est demandé « tu peux rapper ? » et on s’est dit que oui.

Maloke fut le premier, car c’est un joueur d’échec de dingue et un sacré rappeur. Tous ceux qui le battaient aux échecs, il les intégrait dans le crew. C’est resté notre boss.

S : Maloke, il creuse si profond qu’il a des tunnels tout autour de la planète. Alors il peut faire des connexions avec tous les animaux tarés. C’est de là qu’on vient.

DD : Maloke, un jour, il a creusé un tunnel de New York City à Hamburg.

S : Tout droit

DD : C’est un long et très profond tunnel.

Comme pour Superman, qui utilise Clark Kent comme couverture, quelle est votre véritable personnalité, l’humain ou la marionnette ?

DD : Tout d’abord, Superman n’est pas Clark Kent. Dans Superman : Red Son il a grandi en URSS. Bordel, c’est lui le vrai héros ! C’est un des meilleur comic-books de tous les temps.

Sinon, on est les mêmes dans la vraie vie. Spuggles, tout ce qu’il fait c’est rapper, fumer et baiser.

S : Tu sais, j’ai une grande famille

DD : Il a 365 enfants, un pour chaque jour de l’année.

S : Oui mais ça c’était la semaine dernière. Si tu parles des trucs derrière nous [les humains NDLR], c’est eux qui nous aident pour faire tous nos trucs.

DD : Oh, les humains ? On les emmerde !

S : Ouais, on les emmerde. Ils détruisent la nature, l’environnement, ils nous bouffent nous les animaux, ils nous filent même pas de fringues. C’est affreux.  Il ne sont mêmes pas nus, ils ont honte de tellement de choses.

DD : Toi Dominique, tu as l’air cool, mais tu n’es pas nu.

S : Regarde-moi dans les yeux, regarde-moi dans les yeux, je suis juste un reflet de toi-même.

[NDLR : à ce moment de l’interview, votre serviteur perdu se demande avec une légère appréhension ce qu’il adviendrait de lui s’il se trouvait livré seul aux mains de ces « marionnettes », au demeurant fort sympathiques, mais tout de même un peu malaisantes.]

Euh, revenons à la musique… Que pensez-vous de l’utilisation du vocoder dans la musique ?

S : Dans les 80’s, j’utilisais le vocoder pour faire mon thé. Je bois pas mal de thé. Le vocoder, c’est parfait pour faire du thé. Plus tard, il y a eu cette femme, Cher, qui s’est rendu compte qu’on pouvait aussi l’utiliser pour sa voix. C’était tellement stupide. Et comme on aime les trucs stupides, c’était cool de l’utiliser. Pas d’une manière commerciale, mais à notre sauce.

DD : Je suis un chien et je ne peux pas chanter. Alors j’utilise l’autotune et le vocoder pour que ça sonne comme si je chantais. C’est super facile.

Je ne veux pas vendre de disques. Je veux juste sonner bien et rentrer à la maison voir mes sept femmes et leur dire « écoutez ça, comment c’était ? ». Et les entendre me dire que c’est de la bonne came.

Vous êtes à Musicalarue, comment trouvez-vous ce festival ?

DD : C’est notre maison, loin de la maison. On adore Luxey. Les Cigales, c’est comme notre salon

S : C’est un endroit magnifique avec pleins d’animaux autour, pas trop d’humains, des arbres et c’est tout. On est venu pleins de fois, la dernière fois, c’était en avril.

DD : J’ai eu un rencard avec un cerf, avec des longues pattes.

Interview réalisée par Dominique Clère à Musicalarue en août 2019.

.