En août, Superpouvoir reprend ses pérégrinations festivalières. Après une pause fort salutaire, nous serons au festival Musicalarue, du 10 au 12 août prochain.

C’est un village singulier, le projet de quelques imbéciles heureux qui n’ont pas su grandir et qui ont tout fait pour prolonger la fête jusqu’au bout de la nuit. Ce village, il se dessine au bout de la monotonie d’une route landaise rectiligne. Au millième pin à gauche vous y êtes, à Luxey.

Depuis vingt-neuf ans s’y déroule le festival Musicalarue, un festival qui s’est bâti sur les fondations d’une fête locale, dont il a su garder les valeurs.

Inspector Cluzo, Musicalarue 2016, Photo : Dominique Clère

Inspector Cluzo les « rockfarmers » landais, Musicalarue 2016 (Photo : Dominique Clère)

Un état d’esprit à préserver

Dans le paysage des festivals français, où l’étrave du paquebot Live Nation écrase petit à petit les budgets en jouant l’inflation du cachet, Musicalarue a des airs de village gaulois, où le festivalier a un rôle à jouer et participe à la sauvegarde d’un état d’esprit.

Durant trois jours, ce petit village des Landes voit sa population multipliée par quarante, et devient une micro-société unie par la fête, la musique et les arts de la rue. Un bol d’oxygène à un paquet de bornes des festivals calibrés et marquetés. Luxey donne encore de la place à l’authenticité, en se permettant aussi une grosse programmation.

Pensez donc, le festival fait se côtoyer sans télescopage Pierre Perret et Ultra Vomit, Julien Clerc et Shaka Ponk et des groupes venus de tous les horizons, du rock balkanique de Goran Bregovic, au reggae de Tiken Jah Fakoly. On y retrouve aussi pas mal d’habitués comme Loïc Lantoine ou Les Hurlement de Léo, ainsi qu’une jolie prog électro.

Le rendez-vous de la pyramide des âges

Un grand mix souhaité et assumé par les organisateurs, comme l’explique François Garrain, le président de l’association Musicalarue :

« Toute la pyramide des âges est espérée. On imagine le parcours de tous, des minots jusqu’aux anciens. On imagine des jeux de piste et des parcours pour eux, où ils peuvent se retrouver et se croiser. C’est notre parti pris que les uns et les autres aillent ensemble à cette manifestation. C’est assez rare dans les festivals.

Tout ça fait un cocktail assez original, facteur d’équilibre. Les parents disent à leurs enfants de voir tel ou tel artiste en pensant à eux. »

Adamo, Musicalarue 2016, Photo : Dominique Clère

À Luxey, on croise aussi bien Ultra Vomit qu’Adamo, Musicalarue 2016 (Photo : Dominique Clère)

À la lecture d’une telle présentation, Superpouvoir ne pouvait passer à coté. Aussi nous irons y poser notre tente et profiter d’une programmation plutôt éclectique. Nous vous ferons découvrir les influences cartoonesques d’Ultra Vomit, celles puissamment geek de Shaka Ponk. Et allez savoir, pourquoi ne pas demander à Pierre Perret quel est son héros de comics préféré ?

En espérant comme l’indique François Garrain « Que le ciel soit étoilé pendant les 3 jours du festival pour rendre les gens heureux », et que nous ayons l’énergie suffisante « pour arriver très tôt et partir très tard ».

Musicalarue : la programmation complète

Matmatah, Musicalarue 2017, Photo : Dominique Clère

Matmatah avant le déluge, Musicalarue 2017 (Photo : Dominique Clère)