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X-Files

Les nouvelles enquêtes des agents Scully et Mulder arrivent déjà à leur moitié.

Après une dixième saison trop courte et peu inventive, cette onzième fournée d’épisodes semble diviser encore davantage des fans qui, comme l’imperturbable Fox, veulent y croire, mais sont de moins en moins convaincus par les choix de Chris Carter.

L’occasion d’un bilan … en demi-teinte.

ATTENTION : CET ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS !

Il aura fallu seulement cinq épisodes pour désarçonner les spectateurs les plus optimistes du show.

La onzième saison d’X-Files en est déjà à sa moitié et tout ne se profile pas sous les meilleurs auspices.

En effet, cette première moitié est plus ou moins à l’image de la saison précédente : hésitante, peu équilibrée et parfois trop franche sur les révélations de ses épisodes mythologiques – toujours les plus importants de la série.

En ce sens, le premier épisode, (My Struggle III), ne déroge pas à la règle entamée par la saison 10 : pitch paresseux, acteurs sous flèches tranquillisantes et désamorçage en règle de toute l’intrigue de la saison précédente, qui laissait l’humanité et Mulder au bord de la mort, prête à la colonisation extra-terrestre – et mention spéciale à la révélation ultime de cet épisode, qui remet complètement en question ce que nous avions cru acquis, à savoir la paternité de l’enfant de Scully. Du pain béni pour un cliffhanger osé. Mais voilà que toute l’action est annulée et réduit ce final apocalyptique à l’état de rêve. Dana Scully aurait-elle été avertie par son fils William de la future fin du monde ?

William. Voilà le personnage clé de cette saison, celui qui devrait permettre à la saga de se terminer à peu près en apothéose. Laissé à l’adoption par Scully afin de le protéger des conspirateurs dans la saison 9, le fils prodigue fait finalement son apparition dans l’épisode 5 ( Ghouli ) sous les traits du jeune Miles Robbins (fils des comédiens Tim Robbins et Susan Sarandon), doté de pouvoirs hors du commun. Son ajout à l’intrigue est à la fois plutôt bien senti et rafraîchissant dans un bestiaire qui commence à s’auto-citer entre les retours de Jeffrey Spender (fils de l’homme à la cigarette) et celui plus sympathique de Langly (l’épisode 2, This ), l’un des trois membres décédés des Lone Gunmen – encore un désamorçage décevant de la saison 10 qui laissait l’attachant trio survivre à leur triste sort de la saison 9. Sans oublier l’usage encore assez obscur de l’agent Monica Reyes et du directeur adjoint Skinner, dont les motivations demeurent particulièrement mal définies.

Bien sûr, la nostalgie marche mais est-elle pour autant justifiable ? D’autant que pour pimenter le tout, un nouveau conglomérat de méchants fait son apparition, chapeauté par Erika Price (l’actrice Barbara Hershey, connue pour son rôle de femme persécutée par un esprit dans l’Entité), une menace nouvelle, sortie d’un chapeau et qui est présentée comme étant opposée aux plans de l’homme à la cigarette (toujours impeccable William B. Davis) qui compte manifestement toujours lâcher une terrible grippe dévastatrice sur le monde. Pour permettre la colonisation extra-terrestres ? Rien n’est moins sûr, Erika Price assurant à un Mulder très remonté que les aliens ne sont plus intéressés par une planète en train de s’autodétruire (prends ça, société). Mensonge ou pas, le choix de présenter les choses de cette manière après des années de conspirations pour nous envahir est aussi brutal qu’actuel et difficile de savoir quoi penser tant que toutes les cartes de Carter n’auront pas été posé.

De fait, là où la série reste le plus sympathique sur cette nouvelle (et dernière ?) saison, c’est quand son showrunner peut revenir à l’essentiel, comme le prouve le troisième épisode (Plus One), un one-shot jubilatoire et sombre, qui exploite le thème angoissant du dopplegänger et de la folie. Cet épisode reste avec le cinquième, le meilleur de la saison jusque là. Les acteurs y semblent vouloir jouer à nouveau et la dynamique du duo Mulder/ Scully remarche à plein régime. Sans oublier l’épisode 4 (The Lost Art of Forehad Sweat), inévitable épisode décalé et drôlatique qui brouille l’infatigable duo d’agents avec l’arrivée d’un informateur étrange qui prétend avoir été le partenaire de Mulder aux affaires non-classées. Aussi réjouissants et traditionnels soient ce types d’épisodes, le choix d’en faire figurer à tout prix dans une saison ne comptant que 10 épisodes (là où l’ancien format en comptait jusqu’à 24) est assez discutable, d’autant que ce qu’attendent les fans, c’est un dénouement approprié à cette histoire, raison initiale pour laquelle la série avait d’ailleurs été relancée en 2016.

Il aurait été certainement préférable de ne se concentrer que sur la mythologie X-Files quitte à nous priver de ses petits plaisirs de fans de la première heure.

Bref, tout cela sent l’intrigue par trop précipitée et si le jeu d’acteur s’améliore et que le cinquième épisode a redressé la barre, il reste certain qu’X-Files n’est plus ce qu’il était et que le futur départ annoncé de Gillian Anderson (pire décision de communication qui soit) laisse craindre un avenir soit bien sombre et brutale pour la saga, soit sans saveur du fait de l’absence de l’une de ses composantes essentielles.

Vers une treizième saison en solitaire pour Fox Mulder, avec peut-être William à ses côtés ?

Voulez-vous y croire encore ?