Le film Superman de James Gunn a séduit une large partie du public et relancé les débats autour du nouvel univers DCU. Mais plusieurs détails ont déjà fait tiquer les spectateurs les plus attentifs. Entre raccourcis de scénario, zones d’ombre et contradictions, plusieurs éléments suscitent déjà le débat. Voici les six plus flagrants.

Attention, cet article contient de nombreux spoilers sur le film Superman et les bases du DCU. Si vous ne l’avez pas encore vu, on vous conseille d’y revenir plus tard.

Sommaire

Ultraman a-t-il une intelligence variable selon les besoins du film ?

Ultraman dans le film Superman de James Gunn.

Dans le film Superman de James Gunn, l’une des figures les plus imposantes est celle d’Ultraman, clone brutal et instable de l’Homme d’Acier. Mais un détail interpelle : alors qu’il semble agir comme un pantin sans volonté propre, il comprend subitement une conversation secrète entre Eve Tessmacher et Jimmy Olsen, en déduit une trahison, et la rapporte à Lex Luthor. Un comportement soudainement fin pour un personnage dépeint ailleurs comme une brute obéissant aux ordres simples. Ce pic d’intelligence temporaire semble surtout servir à faire avancer l’intrigue, au prix de la cohérence interne du personnage.

Pour aller plus loin : Qui est Ultraman dans les comics par rapport au méchant dans le film Superman de James Gunn ?

Pourquoi Superman commence-t-il par se réconforter avec ses parents biologiques ?

Clark et Pa Kent, à Smallville.

Lorsqu’il se réfugie dans la Forteresse de Solitude pour se soigner, Superman est apaisé par un message holographique de ses parents biologiques, Jor-El et Lara. Mais plus tard, après avoir découvert leurs véritables intentions, il choisit de revoir les souvenirs de ses parents adoptifs, les Kent. Ce changement a du sens dans l’évolution émotionnelle du personnage. Mais une question demeure : pourquoi ne pas avoir commencé directement par les vidéos des Kent, qui ont réellement forgé son identité ? Contrairement à Peter Quill dans Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, Clark n’a jamais idéalisé ses parents biologiques. Il a toujours su que ses repères venaient de Smallville. Le film semble ici forcer une progression dramatique artificielle, au lieu de laisser les émotions découler naturellement du personnage.

Voir aussi : Superman : les origines changées ? James Gunn explique le message troublant des parents kryptoniens

L’acte extrême de Hawkgirl passe comme une lettre à la poste

Isabela Merced est Hawkgirl dans le film Superman de James Gunn.

Le film s’ouvre sur une crise géopolitique entre la Boravie et Jarhanpur, résolue par une intervention de Superman. Plus tard, Hawkgirl (à la tête de la Justice Gang) élimine froidement le dirigeant boravien en pleine mission. Aucun personnage ne réagit à cet acte, pourtant assimilable à un assassinat politique. Or le film prend soin, dès ses premières minutes, d’ancrer son univers dans une logique géopolitique proche de la nôtre. Dans un tel cadre, l’assassinat d’un chef d’État étranger par une mercenaire américaine aurait de quoi déclencher une crise mondiale, voire une guerre. Que le film passe cet événement sous silence constitue une incohérence majeure.

Pour aller plus loin : Superman : Qui est Hawkgirl, la mystérieuse héroïne ailée dans la bande-annonce du film DC ?

Le sort d’Ultraman ne préoccupe pas Superman

Ultraman, la clone dégénéré de Superman dans le film DCU de James Gunn.

Dans le combat final, Superman ne tue pas Ultraman de sang-froid, mais le laisse foncer droit vers un trou noir qu’il avait lui-même évité de justesse plus tôt dans le film. Or, tout au long du film, le héros se démarque par son refus de laisser quiconque mourir, quitte à sauver un écureuil. Ce changement d’attitude soudain laisse un goût amer. Certains avancent que l’absence de cadavre laisse la porte ouverte à un retour en tant que Bizarro. Mais cela n’excuse pas l’absence de réaction émotionnelle de Clark. On est loin du cri de douleur du Superman de Zack Snyder face à la mort de Zod.

Pourquoi Supergirl n’a-t-elle rien dit à Superman sur les véritables intentions des Kryptoniens ?

Milly Alcock est Supergirl dans le film Supergirl: Woman of Tomorrow.

La plus grande révélation du film concerne les motivations de Jor-El et Lara : ils n’ont pas envoyé leur fils pour sauver l’humanité, mais pour la guider, voire la dominer. Une vision nuancée, mais troublante. Or Supergirl, qui retrouve son cousin sur Terre, ne souffle mot de cette vision kryptonienne. James Gunn a déclaré que Kara ne partageait pas cet avis, ce qui expliquerait son silence. Mais cette justification laisse perplexe. Supergirl savait qu’elle devait rejoindre Kal-El sur Terre, ce qui implique qu’elle était au courant de ses origines et du plan de ses oncles. Difficile d’imaginer qu’elle n’ait jamais entendu leurs opinions sur l’humanité, ou qu’elle n’ait jamais abordé le sujet avec Clark. Pour un Superman en quête de vérité sur ses parents, ce silence paraît peu crédible, voire artificiel.

Peacemaker brouille la frontière entre DCEU et DCU

John Cena est Peacemaker.

Enfin, l’apparition de Peacemaker, toujours incarné par John Cena, jette un flou sur la transition entre l’ancien DCEU et le nouveau DCU. Le film Superman est censé marquer un nouveau départ, avec des versions inédites de Superman, Batman et Supergirl. Pourtant, Peacemaker y apparaît sans aucun changement de design, de personnalité ou de continuité apparente, comme s’il sortait directement de sa première saison. Le spectateur n’a alors aucun indice d’un changement d’univers.

Ce n’est que dans la saison 2 de Peacemaker, annoncée comme une passerelle entre les deux continuités, que le multivers sera enfin introduit. Selon les premières images, le héros y découvre que la pièce secrète de son père, dans laquelle il entreposait ses équipements, est en réalité un univers de poche. Ce lieu isolé semble accessible à d’autres versions de Peacemaker, issues d’univers parallèles. C’est par ce biais que le personnage prendra conscience de l’existence du multivers et du basculement entre les deux réalités.

Mais comme le film Superman est sorti en premier, nous découvrons le DCU avec des éléments de l’ancien. Une transition floue, avec des personnages appartenant aux deux univers, qui pénalise ce qui aurait pu être un lancement propre et clair du nouvel univers DC sur les écrans.

David Corenswet est Superman dans le film DC de James Gunn.

Le film Superman est-il vraiment incohérent ?

Ces incohérences nuisent-elles à la compréhension du film ?

Non. Le film reste très accessible et populaire. Ces points soulèvent surtout des débats parmi les spectateurs les plus attentifs ou familiers de l’univers DC.

James Gunn a-t-il réagi à ces critiques ?

Oui. Il a notamment expliqué que Supergirl n’avait pas forcément discuté avec ses oncles de leur vision de l’humanité, et que la saison 2 de Peacemaker introduirait un multivers via une pièce secrète abritant plusieurs versions du personnage. Mais ces clarifications interviennent après coup, et certaines, comme l’absence de transition visible dans le film Superman, ont au contraire renforcé la confusion.

Peut-on encore parler de reboot si certains éléments sont conservés ?

Le terme est volontairement flou. James Gunn parle plutôt de “nouvelle continuité”. Mais en conservant des personnages comme Peacemaker et certains éléments du DCEU, tout en reboottant Superman ou Batman, la frontière entre les deux univers devient difficile à cerner.

Le film prépare-t-il la suite du DCU ?

Oui. Plusieurs éléments ouvrent la voie aux séries Lanterns et The Authority, ainsi qu’au film Supergirl. Le DCU est lancé, mais encore en phase de transition — ce qui peut parfois brouiller les repères.

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