Depuis ses premières apparitions, Superman a toujours été guidé par l’héritage laissé par ses parents kryptoniens. Mais dans le nouveau film réalisé par James Gunn, un détail inattendu dans le message de Jor-El et Lara a semé le doute chez de nombreux spectateurs.
Cette séquence clé, qui fait directement écho à l’origine du héros, a même suscité un certain malaise. Était-ce une erreur ? Une provocation ? Ou au contraire, un choix réfléchi et assumé pour mieux redéfinir le personnage au sein du DCU ?
Spoilers majeurs à partir d’ici : si vous n’avez pas encore vu le film Superman, nous vous conseillons de revenir plus tard.
Sommaire
- Le message des parents : une scène qui divise
- Pourquoi James Gunn a choisi de modifier les intentions de Jor-El
- Un changement inspiré des comics (mais poussé plus loin)
- Quelles conséquences pour la suite du DCU ?
- Ce qu’il faut retenir : explications et comparaisons
Le message des parents : une scène qui divise

Dans le film, Kal-El découvre un message enregistré par ses parents biologiques, Jor-El et Lara, peu avant la destruction de Krypton. On y entend d’abord une déclaration d’amour sincère : leur fils a été envoyé sur Terre pour faire le bien, incarner l’espoir et guider l’humanité.
Mais un retournement vient bouleverser ce récit. Lorsqu’un fragment corrompu du message est restauré par Lex Luthor, on découvre que les intentions réelles des parents de Superman étaient bien plus troubles : Kal-El devait perpétuer la lignée kryptonienne, prendre plusieurs épouses, engendrer des descendants… et, si besoin, conquérir la Terre.
Un message à la fois eugéniste et impérialiste, qui suscite la méfiance du public dans le film, et de nombreux débats dans les salles.
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Pourquoi James Gunn a choisi de modifier les intentions de Jor-El

Interrogé récemment sur ce changement, James Gunn s’est voulu très clair. Il ne s’agissait pas d’une provocation gratuite, mais d’une réflexion profonde sur ce que représente Superman à l’ère moderne. Au micro d’IGN, le réalisateur et boss de DC Studios explique :
« Je suis un immense fan de Superman. J’ai dû me faire confiance pour conserver les éléments essentiels de son histoire, tout en me permettant des changements là où ils ne nuisent pas à l’intégrité du personnage.
C’était un changement intéressant pour le DCU, qui n’allait pas à l’encontre de ce qu’est Superman. »
L’objectif était donc de confronter Kal-El à un héritage moralement ambigu, pour mieux montrer qu’il choisit lui-même la voie du bien. D’ailleurs, à la fin du film, Clark remplace le message de ses parents kryptoniens par des souvenirs de Jonathan et Martha Kent, symbolisant son attachement à l’humanité.
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Un changement inspiré des comics (mais poussé plus loin)

Si James Gunn va plus loin que jamais dans cette réécriture de l’héritage kryptonien, il s’appuie sur des idées déjà présentes dans certains comics.
Sans aller aussi loin que le film, Superman: Birthright (écrit par Mark Waid) revisite les origines du héros en présentant un Jor-El plus distant, presque détaché émotionnellement. Il envoie Kal-El avec l’espoir d’une renaissance kryptonienne, sans réellement se soucier du libre arbitre de son fils.
Dans Doomsday Clock (de Geoff Johns), Jor-El est ressuscité par Dr Manhattan sous le nom de Mr Oz. Il devient un antagoniste qui méprise l’humanité, la jugeant indigne de Kal-El, et tente même de convaincre son fils de renoncer à son rôle de héros.
Plus récemment, l’excellente série animée My Adventures with Superman pousse encore cette idée : Clark y découvre une Supergirl manipulée, détruisant des civilisations entières à travers la galaxie au nom de la grandeur de Krypton. Ce n’est qu’après coup que l’on comprendra que cette dérive militariste est orchestrée par Brainiac.
Enfin, faire des Kryptoniens des envahisseurs eugénistes évoque directement la série Invincible de Robert Kirkman, où les Viltrumites – une espèce génétiquement “supérieure” – cherchent à dominer l’univers par la force et la sélection. La filiation avec Dragon Ball est aussi évidente, les Saiyans étant eux-mêmes des conquérants envoyant leurs enfants coloniser d’autres planètes.
Ce choix scénaristique radical de James Gunn peut donc sembler surprenant, mais il s’inscrit dans une tendance plus large de réinterprétations modernes : confronter le mythe de l’“homme providentiel” à la violence cachée de ses origines.
Quelles conséquences pour la suite du DCU ?

Rien n’indique encore que ce pan de l’histoire sera réexploité dans les prochains films du DCU. Mais ce choix narratif pourrait poser les bases d’un Krypton bien plus nuancé, voire inquiétant, dans les futurs récits – à l’image de ce qu’a fait Marvel avec Asgard dans certains arcs.
En repositionnant Superman entre deux héritages – l’un biologique, l’autre moral – James Gunn renforce le dilemme au cœur du personnage. Et s’il est plus humain que kryptonien, c’est parce qu’il a décidé de l’être.
Pour aller plus loin : Superman : comment la fin du film prépare 3 futurs projets du DCU
Ce qu’il faut retenir : explications et comparaisons
Pourquoi le message des parents de Superman choque-t-il autant ?
Parce qu’il révèle une facette inédite et plus radicale de Jor-El et Lara, qui espèrent voir leur fils perpétuer leur espèce, quitte à dominer la Terre. Un retournement inattendu pour un personnage souvent vu comme un simple messager de paix.
Est-ce fidèle aux comics ?
Pas exactement, mais certains récits s’en approchent. Dans Birthright, Jor-El apparaît froid et détaché, focalisé sur la survie de Krypton. Dans Doomsday Clock, il revient sous une forme antagoniste, méprisant les humains. Aucun récit n’a toutefois poussé aussi loin que James Gunn cette idée explicite de conquête programmée.
Ce changement rappelle-t-il d’autres univers ?
Oui, et c’est ce qui rend le choix de Gunn encore plus intriguant. On pense immédiatement aux Viltrumites dans Invincible, à l’attitude des Saiyans dans Dragon Ball, ou encore à Supergirl dans My Adventures with Superman, manipulée par Brainiac pour restaurer l’Empire kryptonien. Tous évoquent des civilisations surpuissantes imposant leur ordre à d’autres peuples, souvent au nom de la survie ou de la supériorité.
Ce twist aura-t-il un impact sur les prochains films ?
Rien n’est confirmé, mais cette relecture pourrait resurgir dans de futurs projets. Elle ouvre la porte à une Krypton plus complexe, voire inquiétante, et à de nouveaux dilemmes pour Superman. En tout cas, elle approfondit sa trajectoire d’homme qui choisit son identité, plutôt que de la subir.




