Le Superman 100-page Giant #7 est-il trop violent ? C’est en tout cas ce que semble penser certains lecteurs. Pour rappel, Superman 100-page Giant fait partit de la ligne de comics DC distribuée uniquement dans les magasins Walmart. Alors que la gamme semble avoir un succès suffisant pour s’agrandir, certains lecteurs se sont émus de l’histoire inédite présente dans le numéro 7 de Superman 100-page Giant.

Dans ce numéro, Superman est loin de chez lui et n’arrive pas à joindre Loïs. Très inquiet, il se met à imaginer les pires scénarios qui pourrait arriver à sa femme, comme être assassiné par Lex Luthor, par exemple. Et ce, sur une dizaine de pages. Un peu extrême pour certains lecteurs, comme ce père de famille qui s’est adressé directement au scénariste Tom King sur Twitter :

« J’achetais chaque mois les Superman de Walmart et les partageait avec plaisir avec mon fils de dix ans… jusqu’à maintenant. Je ne lui prêterai pas le #7 car 12 pages de torture de Loïs ne sont pas quelque chose que j’ai envie qu’il expérimente. »

Plusieurs parents se sont ainsi émus du contenu de ce numéro, facilement accessible aux enfants. Si les comic-books Walmart ne sont bien sûr pas ciblés spécifiquement pour les plus jeunes, ils sont par contre destinés à un plus large public que celui des comic-shops, marketé pour l’achat d’impulsion (et qu’est qui est plus pourvoyeur de ce genre d’achats que les enfants ?). Outre la violence graphique, l’épisode renvoie aussi au fameux syndrome popularisé par Gail Simone de la « femme dans le réfrigérateur », ce thème où les violences subies par une femme servent de simple faire-valoir aux tourments du héros principal masculin, comme ce fut le cas quand Kyle Rayner accepta enfin son devoir de Green Lantern après la découverte du cadavre de sa petite amie dans le réfrigérateur.

Tom King s’est expliqué sur ses choix narratifs : « [Loïs et Superman] mènent des vies dangereuses. Pourtant, aucun d’entre eux n’a demandé à l’autre de changer. Loïs a sa carrière, tout comme Superman. Malgré les inquiétudes et les risques, ils se font confiance et sont dépendants l’un de l’autre. Malgré la dureté de ces vies, ils passent outre et continuent à sauver le monde. Pour moi, c’est une métaphore dece que l’amour offre de meilleur. Avec l’amour vient le stress, la souffrance, le risque et la vulnérabilité, mais l’on ne devrait pas refuser de les voir. Par ailleurs, avec l’amour vient la joie unique de placer votre confiance en quelqu’un et que quelqu’un place sa confiance en vous. Le sujet de cette histoire n’est pas les décès de Loïs ou les angoisses de Superman, c’est l’amour de Loïs et l’amour de Superman, l’endurance et la force de ces incroyables personnages iconiques. »

Une explication d’autant plus cohérente que King s’est fait une spécialité d’explorer la psyché de ceux qui affrontent la violence au quotidien, comme dans Heroes in Crisis. Pourtant, si la démarche est logique, on peut se demander si le support était adéquat et si un tel traitement de l’histoire n’aurait pas été plus à sa place dans un comic-shop.

Le plus étonnant, c’est qu’à l’heure où nous publions cet article, aucune réaction ne semble vouloir venir de DC ou Walmart. On est donc loin de la sur-réaction occasionnée par le bat-pénis. Comme à son habitude, la société américaine semble donc vouloir moins s’émouvoir pour la violence que pour l’anatomie humaine. En tout cas, DC a actuellement bien du mal à placer le curseur entre produit destiné au grand public et produit à destination des librairies et comic-shops.

Source : CBR

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