Greg Capullo n’a pas l’habitude de tirer sur ses propres employeurs. Quand le dessinateur de Batman et de Wolverine: Revenge sort du silence pour défendre un collaborateur, l’industrie des comics tend l’oreille. Sa cible, cette fois, ne porte pas de nom écrit en toutes lettres, mais l’indice qu’il glisse ne laisse pas beaucoup de doute.
Capullo dénonce le cas de Jonathan Glapion, son encreur de longue date, qui attendrait toujours d’être payé pour un travail livré depuis plusieurs mois par l’un des Big Two des comics américain. Sa précision suffit à orienter tous les regards : ce n’est pas DC. Bleeding Cool affirme qu’il s’agit bien de Marvel Comics et avance une explication : les récents licenciements chez Disney auraient désorganisé les services chargés de payer les freelances.
Une facture en retard peut sembler anecdotique. Mais chez Marvel, elle vient toujours rouvrir la même blessure : celle des artistes qui ont construit l’empire sans toujours en recevoir la juste part. De Jack Kirby à Steve Ditko, l’éditeur connaît cette histoire par cœur. Elle revient aujourd’hui sous une forme très simple : cinq couvertures, un encreur, et un chèque qui n’arrive pas.
Sommaire
- Greg Capullo, Jonathan Glapion et une facture qui ne passe pas
- Bleeding Cool avance la piste des licenciements Disney
- Le contraste avec DC, largement commenté par les fans
- Marvel et les artistes : une vieille guerre jamais vraiment terminée
- Jack Kirby, la dette fondatrice de Marvel
- Steve Ditko, Gene Colan, Don Heck : les héritiers face à Marvel
- Gerber, Friedrich, Starlin : quand les créateurs présentent l’addition
- Image Comics, ou la réponse des artistes au système Marvel
- Pourquoi cette affaire touche un nerf sensible
- Ce qu’il faut retenir de l’affaire Greg Capullo, Jonathan Glapion et Marvel
Greg Capullo, Jonathan Glapion et une facture qui ne passe pas
Tout commence par un message volontairement flou. Greg Capullo écrit qu’aucun artiste ne devrait avoir à courir après un employeur pour récupérer l’argent d’un travail effectué. Formulé ainsi, le propos pouvait encore passer pour une remarque générale sur l’industrie.
Son message suivant referme la porte aux suppositions. Capullo y nomme Jonathan Glapion, son encreur sur Batman chez DC, et affirme que celui-ci n’arrive pas à se faire payer pour un travail rendu il y a plusieurs mois à l’un des “Big Two”. Puis vient la précision qui ferme le jeu des hypothèses : ce n’est pas DC.
Despite turning the work in BEFORE the deadlines given. FIVE covers inked in the middle of drawing and inking my own book.
Unreal! https://t.co/Oi2x7WbAcr
— J.Glapion (@jonathanglapion) June 18, 2026
L’expression “Big Two” désigne traditionnellement Marvel et DC, même si le paysage éditorial américain compte depuis longtemps d’autres acteurs solides, de Dark Horse à Image Comics, en passant par IDW, BOOM! Studios, Valiant ou Dynamite, auxquels se sont ajoutés ces dernières années AfterShock, Ahoy Comics, AWA Studios ou DSTLRY. Dans la bouche de Capullo, le message ne laisse pourtant guère de place au doute : si ce n’est pas DC, il ne reste qu’un nom. Dans la bouche de Capullo, et dans le cadre traditionnel des “Big Two”, le message ne laisse pourtant guère de place au doute : si ce n’est pas DC, il ne reste qu’un nom.
Glapion a lui-même apporté un détail qui change la portée de l’affaire. Il affirme avoir rendu cinq couvertures encrées avant les délais fixés, en plein travail sur son propre projet. Ce point écarte d’emblée l’hypothèse d’un simple souci de calendrier : le travail a été fait, livré dans les temps, et reste pourtant sans paiement plusieurs mois plus tard.
Le poids de l’intervention tient aussi à qui la porte. Capullo n’est pas un nom anonyme venu se plaindre dans le vide. Il compte parmi les dessinateurs américains les plus reconnus des trente dernières années, avec à son actif X-Force, Spawn, Batman, et plus récemment Wolverine: Revenge pour Marvel lui-même. Qu’un artiste de ce calibre prenne publiquement la défense d’un collaborateur change immédiatement la nature de l’affaire.

Bleeding Cool avance la piste des licenciements Disney
L’enquête de Bleeding Cool apporte un éclairage supplémentaire. Le site affirme que Marvel Comics n’a toujours pas réglé Jonathan Glapion pour ce travail, et avance une explication plausible : les vagues de licenciements chez Disney et Marvel auraient fragilisé les équipes administratives, ralentissant le traitement des paiements destinés aux freelances.
La nuance mérite d’être posée clairement. Bleeding Cool ne décrit pas un refus de payer délibéré, mais le symptôme possible d’un système déjà lourd et désormais sous-staffé. Les circuits de paiement de Disney ont toujours eu la réputation d’être complexes, mais ils tenaient grâce à des équipes capables de suivre les dossiers, relancer les chèques et débloquer les situations bloquées. Réduire ces équipes revient à fragiliser tout le mécanisme.
C’est là que l’affaire dépasse le cas individuel de Glapion. Les licenciements dans les grandes entreprises sont souvent racontés en chiffres et en lignes budgétaires. Sur le terrain, ils se traduisent par des e-mails sans réponse, des factures en attente, des freelances obligés de relancer pendant des mois, jusqu’à ce que la frustration finisse par s’exprimer publiquement.
Marvel n’a pour l’instant pas communiqué sur le sujet. Bleeding Cool précise également n’avoir reçu aucune réponse à ses propres sollicitations. La prudence reste donc de mise, mais le problème soulevé par Capullo et Glapion touche un point sensible : dans les comics, une grande partie des artistes ne sont pas des salariés protégés, mais des indépendants dont la trésorerie dépend de paiements réguliers.

Le contraste avec DC, largement commenté par les fans
L’affaire a pris de l’ampleur aussi parce qu’elle survient au moment où DC bénéficie d’un discours opposé. Sur X, Scott Snyder, scénariste phare de Batman et figure centrale de la ligne Absolute, a récemment écrit sa fierté de faire partie de DC en ce moment, saluant dans le même message les créateurs, les éditeurs, les équipes commerciales et la direction.
Snyder ne mentionne ni Marvel ni l’affaire Glapion. Aucun lien direct n’existe entre les deux publications. Les fans, eux, les ont immédiatement mises en miroir : d’un côté Capullo qui dénonce une facture impayée chez “l’autre Big Two”, de l’autre Snyder qui vante l’ambiance chez DC.
Ce rapprochement ne prouve rien en soi. Il rappelle simplement que la réputation d’un éditeur ne se construit pas uniquement sur ses séries et ses personnages. Elle se joue aussi dans la façon dont les créateurs se sentent traités, payés et respectés.
Crazy to see these two posts next to each other. The reality of DC Comics vs Marvel Comics right now. pic.twitter.com/z79nNhvscN
— dano_cosmic✨ (@dano_cosmic) June 18, 2026
Marvel et les artistes : une vieille guerre jamais vraiment terminée
Le grand public connaît Marvel à travers ses films, ses séries et ses personnages devenus mondiaux. Derrière chaque icône se cachent pourtant des scénaristes, dessinateurs, encreurs, coloristes et lettreurs, et parfois des décennies de désaccords sur la reconnaissance qui leur est due.
Pendant longtemps, le modèle dominant chez Marvel reposait sur le work-for-hire : un créateur livrait une histoire, une page ou une couverture, et l’éditeur en conservait les droits une fois le travail rendu. DC n’échappe pas à une histoire comparable, notamment autour de Superman. Mais Marvel occupe une place à part : son âge d’or créatif des années 1960 a fait naître une quantité de personnages encore exploités aujourd’hui à très grande échelle.
Fantastic Four, X-Men, Hulk, Thor, Iron Man, Spider-Man, Doctor Strange, Black Panther, les Avengers, Daredevil, Blade, Ghost Rider, Thanos, Rocket Raccoon, America Chavez : chacun de ces noms cache des créateurs. Certains ont obtenu une reconnaissance tardive. D’autres ont signé des accords confidentiels. Beaucoup ont vu leurs idées grandir bien plus vite que leur propre reconnaissance.
L’affaire Capullo-Glapion ne porte pas sur les droits d’un personnage devenu milliardaire. Elle porte sur quelque chose de bien plus basique : un paiement qui n’arrive pas. C’est précisément ce qui la rend parlante. Avant même de parler royalties, adaptations ou crédits au générique, il y a un principe de base, celui de payer les artistes pour le travail rendu.
Jack Kirby, la dette fondatrice de Marvel
Impossible d’aborder ce sujet sans évoquer Jack Kirby. Le “King” n’a pas seulement dessiné Marvel, il l’a façonné dans ses fondations. Avec Stan Lee, il a participé à la création ou à la définition des Fantastic Four, Hulk, Thor, Iron Man, des X-Men, des Avengers, de Black Panther, des Inhumains, de Galactus et du Surfeur d’Argent.
Pendant des décennies, sa reconnaissance est restée partielle et tardive. Le conflit ne se limitait pas aux droits : il portait aussi sur le crédit, l’argent, les planches originales, et plus largement sur la mémoire même de la création Marvel.
Les héritiers de Kirby ont mené une longue bataille juridique contre Marvel autour des droits sur plusieurs personnages. La justice américaine a tranché en faveur de l’éditeur, considérant que les créations concernées relevaient bien du work-for-hire. L’affaire devait être examinée par la Cour suprême avant qu’un accord confidentiel ne soit trouvé entre Marvel et la famille Kirby en 2014.
Depuis, le nom de Jack Kirby figure plus visiblement dans les génériques Marvel. C’est un progrès, mais cela ne clôt pas la question. Le problème Kirby dépasse largement un crédit à l’écran : il pose une question presque insoluble, celle de savoir comment reconnaître équitablement un artiste dont l’imagination a servi de fondation à une part entière de la pop culture mondiale.

Extrait de Captain America #105 par Jack Kirby (Marvel Comics)
Steve Ditko, Gene Colan, Don Heck : les héritiers face à Marvel
Steve Ditko incarne un autre cas central. Co-créateur de Spider-Man et Doctor Strange avec Stan Lee, il a longtemps entretenu une relation distante avec l’industrie et la célébrité attachée à ses personnages. Après sa mort, son héritage s’est retrouvé au cœur d’une nouvelle bataille juridique.
En 2021, Marvel a engagé une action contre plusieurs héritiers et représentants de créateurs, dont ceux de Steve Ditko, Don Heck, Gene Colan, Don Rico et Larry Lieber, autour de tentatives de récupération de droits sur certains personnages. Les accords signés en 2023 ont permis à Marvel de conserver ces droits, dans des termes restés confidentiels.
La mécanique reste la même à chaque fois. Marvel défend sa propriété des personnages au nom du work-for-hire. Les héritiers rappellent, eux, que ces artistes travaillaient souvent dans un cadre freelance bien plus précaire que ne le laisse penser la version officielle de l’histoire.
Le cas de Gene Colan illustre bien cette tension. Associé à la création de Blade avec Marv Wolfman, mais aussi à Falcon et Carol Danvers, il a vu l’un de ses personnages devenir un tournant du cinéma Marvel. Avant X-Men ou Spider-Man, le film Blade de 1998 a prouvé qu’un personnage Marvel pouvait porter un film sombre, adulte et rentable. La question de ceux qui avaient participé à sa création est, comme souvent, restée en arrière-plan.
Gerber, Friedrich, Starlin : quand les créateurs présentent l’addition
Kirby et Ditko restent les noms les plus connus de cette histoire, mais ils sont loin d’être les seuls. Steve Gerber, co-créateur de Howard the Duck avec Val Mayerik, s’est lui aussi opposé à Marvel sur la propriété du personnage. Gary Friedrich, associé à la création de Ghost Rider, a mené une bataille juridique tout aussi longue contre l’éditeur. Jim Starlin, créateur ou co-créateur de Thanos, Gamora et Drax, a régulièrement évoqué une relation compliquée avec Marvel, notamment sur la rémunération liée aux adaptations.
Plus récemment, Joe Casey, co-créateur d’America Chavez avec Nick Dragotta, a publiquement critiqué l’offre proposée pour l’utilisation du personnage dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness. Les noms changent, les décennies passent, mais la question reste identique : que doit une entreprise aux artistes dont les idées nourrissent ses plus grands succès ?
En 2021, The Guardian rapportait que certains créateurs Marvel ou DC adaptés au cinéma avaient touché des sommes dérisoires au regard des recettes générées. Le chiffre de 5 000 dollars revient souvent dans ces récits, parfois accompagné d’une invitation à une avant-première. Le contraste reste brutal entre des films qui dépassent le milliard de dollars de recettes et des créateurs qui ont parfois eu le sentiment de recevoir un geste symbolique plutôt qu’une vraie reconnaissance.
Image Comics, ou la réponse des artistes au système Marvel
Au début des années 1990, Marvel domine totalement le marché. Ses dessinateurs vedettes vendent par centaines de milliers, parfois par millions d’exemplaires. Rob Liefeld explose avec X-Force. Todd McFarlane transforme Spider-Man en phénomène. Jim Lee redéfinit visuellement les X-Men. Marc Silvestri, Erik Larsen, Whilce Portacio et Jim Valentino participent à cette époque où les dessinateurs deviennent de véritables stars.
Leur succès appartient pourtant en grande partie à l’éditeur. Personnages, séries, logos, produits dérivés : tout reste la propriété de Marvel. C’est de ce constat qu’est né Image Comics en 1992, sur une idée radicale pour l’époque, celle de laisser les créateurs garder leurs droits.
Le site officiel d’Image Comics le formule sans ambiguïté : la société publie des œuvres creator-owned, dont les droits restent entre les mains des auteurs et des artistes. Image publie, distribue et accompagne les projets, mais ne possède pas les personnages comme Marvel ou DC possèdent Spider-Man, Wolverine ou Batman.
Ce modèle a permis la naissance de Spawn, Savage Dragon, WildC.A.T.s ou Youngblood, avant d’ouvrir la voie à une autre génération d’œuvres indépendantes comme The Walking Dead, Invincible, Saga, Deadly Class ou The Old Guard. Autant de séries qui démontrent qu’un créateur peut bâtir un univers populaire sans abandonner la propriété de son travail.

Pourquoi cette affaire touche un nerf sensible
Le cas Jonathan Glapion ne résume pas à lui seul l’histoire des droits des créateurs, et il serait excessif de lui prêter plus de portée qu’il n’en a réellement. Il s’agit ici d’un paiement en retard, pas d’un combat juridique sur la propriété de Spider-Man ou des X-Men.
L’affaire touche pourtant un point sensible, parce qu’elle survient dans une industrie où les retards de paiement, de crédit et de reconnaissance ont longtemps fini par se confondre. Les artistes de comics savent ce que signifie livrer vite, travailler sous pression, rendre une planche ou une couverture dans les délais, puis attendre que l’administratif suive son cours. Quand ce mécanisme se grippe chez un groupe lié à Disney, l’ironie devient difficile à ignorer.
C’est aussi pour cela que le message de Capullo a tant circulé. Il ne parle pas seulement d’argent, mais de respect professionnel. Jonathan Glapion n’est présenté ni comme quelqu’un qui réclamerait un privilège ni comme quelqu’un en quête d’un traitement de faveur. Selon Capullo et selon ses propres messages, il demande simplement le paiement d’un travail déjà livré.
Dans les comics, la facture se lit donc à deux niveaux. Il y a la facture concrète, celle de cinq couvertures encrées. Et il y a la facture symbolique, beaucoup plus ancienne, celle d’une industrie qui vend ses héros dans le monde entier, mais met parfois bien plus de temps à entendre les artistes qui les dessinent.
Ce qu’il faut retenir de l’affaire Greg Capullo, Jonathan Glapion et Marvel
Que reproche Greg Capullo à Marvel ?
Greg Capullo affirme que son ami et encreur Jonathan Glapion n’arrive pas à être payé pour un travail rendu depuis plusieurs mois par l’un des “Big Two”. Il précise que ce n’est pas DC, ce qui a immédiatement été interprété comme une référence à Marvel.
Qui est Jonathan Glapion ?
Jonathan Glapion est un encreur et dessinateur de comics, notamment connu pour son travail avec Greg Capullo sur Batman. Il travaille aussi sur des projets liés à Todd McFarlane.
Quel travail Jonathan Glapion dit-il avoir rendu ?
Jonathan Glapion affirme avoir encré cinq couvertures et les avoir livrées avant les délais fixés. Selon lui, le paiement correspondant n’aurait toujours pas été versé.
Marvel a-t-il répondu publiquement ?
À notre connaissance, Marvel n’a publié aucune réponse officielle au moment où nous écrivons ces lignes. Bleeding Cool indique également ne pas avoir reçu de réponse à ses propres sollicitations.
Quel lien Bleeding Cool fait-il avec les licenciements chez Disney ?
Bleeding Cool avance l’hypothèse que les récents licenciements chez Disney et Marvel, notamment dans certains services administratifs, pourraient compliquer le traitement des paiements aux freelances. Il s’agit d’une hypothèse avancée par le média, et non d’une explication confirmée par Marvel.
Pourquoi cette affaire rappelle-t-elle Jack Kirby et Steve Ditko ?
Parce qu’elle ravive une question ancienne dans l’industrie des comics : la manière dont les grands éditeurs traitent, paient, créditent et reconnaissent les artistes qui créent ou façonnent leurs personnages. Jack Kirby et Steve Ditko restent les symboles les plus connus de cette tension chez Marvel.
Pourquoi Image Comics est-il mentionné dans cette histoire ?
Image Comics a été fondé en 1992 par plusieurs artistes stars, dont Rob Liefeld, Todd McFarlane et Jim Lee, autour d’un principe fort : les créateurs gardent leurs droits. C’était une réponse directe au modèle traditionnel de Marvel et DC.
Cette affaire concerne-t-elle seulement Marvel ?
Non, la question du traitement des créateurs concerne toute l’industrie des comics, y compris DC. L’affaire actuelle vise toutefois Marvel, puisque Capullo évoque un “Big Two” qui ne serait pas DC.
Pourquoi parler de “facture impayée” ?
Parce que l’affaire part d’un problème très concret, celui d’un artiste qui attendrait toujours d’être payé pour un travail livré. Mais le terme renvoie aussi à une dette plus symbolique, celle que les grands éditeurs de comics entretiennent depuis longtemps avec leurs créateurs.
Sources : Greg Capullo sur X, Jonathan Glapion sur X, Bleeding Cool, Reuters, Entertainment Weekly, Image Comics, The Guardian.




