Depuis des décennies, le marché des comics ressemble à un duel permanent entre les fameux Big Two : Marvel et DC Comics. Et si la Maison des Idées a longtemps dominé le secteur à la régulière, 2025 a bousculé la hiérarchie comme on ne l’avait plus vu depuis un bon moment. DC enchaîne les coups d’éclat, grimpe en parts de marché, et surtout, s’impose dans les classements de ventes là où ça se voit immédiatement.
Forcément, ce cocktail a déclenché une avalanche de titres sensationnels : “Marvel s’effondre”, “DC écrase Marvel”… Sauf que la réalité, comme souvent, est plus subtile. Oui, DC a une dynamique impressionnante, portée par l’Absolute Universe. Mais non, Marvel ne disparaît pas des bilans du jour au lendemain. Entre domination médiatique et résistance comptable, voici ce que racontent vraiment les chiffres d’une année charnière.
Pour aller plus loin :
Qu’est-ce que l’univers Absolute chez DC, avec les nouveaux Batman, Superman et Wonder Woman ?
Sommaire
- L’effet Absolute : 8,2 millions de preuves
- Parts de marché : Marvel plie mais ne rompt pas
- Pourquoi a-t-on l’impression que DC a gagné ?
- Un marché en pleine résurrection
- Ce qu’il faut retenir du duel Marvel/DC en 2025
L’effet Absolute : 8,2 millions de preuves

Impossible d’analyser 2025 sans revenir sur le séisme éditorial de l’année. L’Absolute Universe est une nouvelle continuité lancée par DC, qui réinvente ses héros majeurs (Batman, Superman, Wonder Woman) dans des versions plus modernes, rugueuses, privées de leurs avantages habituels. Une porte d’entrée idéale, sans le poids de décennies de continuités.
Le pari était risqué, mais les résultats sont là. Selon des données communiquées à The Hollywood Reporter, la ligne a dépassé les 8,2 millions d’exemplaires vendus, et ce avant même d’intégrer le mois de décembre.
Dans cette vague, une série se détache nettement : Absolute Batman. À lui seul, le titre pèserait près de 35 % du total, soit presque 3 millions d’unités. Et le premier numéro a suivi un parcours rarissime, avec dix réimpressions successives.
Surtout, le succès ne s’est pas limité à un seul phénomène. L’Absolute Universe a créé un effet d’entraînement sur le reste du catalogue, renforcé par la ligne Compact Comics (des intégrales au format poche et à petit prix façon manga) et, côté grand public, par l’attente autour du film Superman. En clair : DC ne s’est pas contenté de vendre un hit, l’éditeur a construit une dynamique.
Pour aller plus loin :
Notre critique d’Absolute Superman : quand le héros de Krypton redevient un révolutionnaire
Notre critique d’Absolute Wonder Woman : DC réinvente son héroïne culte avec brio
Notre critique d’Absolute Martian Manhunter : l’Absolute réussite d’un thriller métaphysique
Parts de marché : Marvel plie mais ne rompt pas

C’est ici qu’il faut calmer les titres trop définitifs. Non, DC n’a pas “dépassé Marvel” sur le total annuel. Sur la durée, Marvel conserve l’avantage, principalement parce que la Maison des Idées publie plus, et que, mécaniquement, le volume pèse lourd.
Les données du 3e trimestre 2025 rapportées par ComicBookClubLive (via ICv2/Circana) indiquent que Marvel reste numéro 1 en valeur, c’est-à-dire en part de chiffre d’affaires estimée – avec environ 36,6 %.
Mais la tendance, elle, est difficile à ignorer. Sur cette période, DC grimpe autour de 29,5 %, là où l’éditeur tournait plutôt autour de 20 % l’an dernier. Et cette progression se fait aussi au détriment des éditeurs tiers : Image Comics reculerait autour de 11,9 %.
En résumé, Marvel garde la couronne sur l’addition finale, mais DC est celui qui accélère le plus fort. Et quand un éditeur gagne de la part de marché à ce rythme, on n’est plus sur un simple “bon trimestre”.
Pourquoi a-t-on l’impression que DC a gagné ?

Si 2025 donne le sentiment d’une victoire de DC, c’est parce que l’éditeur domine là où ça se voit le plus : les classements. Et ces tops façonnent le récit public bien plus vite qu’un tableau de parts de marché.
Sur les tops mensuels des comic shops (le cœur du marché direct) analysés par ICv2, DC place régulièrement 5 à 6 titres dans le Top 10. En novembre 2025, l’éditeur a même occupé 9 des 10 premières places. Ce genre de domination marque les esprits, même si elle ne résume pas toute l’année.
Et sur le numérique, l’avantage est encore plus visible. Selon ScreenRant, DC apparaît massivement dans les listes “Best Comics of 2025” sur Amazon/Comixology. Marvel conserve son avance globale grâce à la quantité de titres, mais DC concentre l’attention – et c’est souvent cette attention qui donne l’impression d’un changement d’époque.
Un marché en pleine résurrection

Au-delà du duel DC/Marvel, la vraie bonne nouvelle de 2025 tient à la santé globale du secteur. Loin de s’effondrer, le marché direct montre des signes très nets de rebond.
D’après Publishers Weekly, les ventes dans les comic shops seraient en hausse estimée entre 20 et 27 % sur les premiers mois de 2025. Cette progression est portée notamment par les singles (les numéros vendus à l’unité, mois par mois) et par les grandes initiatives éditoriales, comme l’Absolute Universe ou le nouvel univers Energon (Skybound/Hasbro).
De son côté, le marché librairie (graphic novels et intégrales) reste plus stable. Et ce contraste raconte quelque chose d’assez clair : 2025 a remis les boutiques spécialisées au centre du jeu, avec des titres événementiels capables d’entraîner tout un catalogue derrière eux.
Ce qu’il faut retenir du duel Marvel/DC en 2025
Qui vend le plus de comics : Marvel ou DC ?
Sur l’année 2025 complète, Marvel conserve la première place en parts de marché en valeur (environ 36,6 % au Q3), notamment grâce à un plus grand nombre de sorties. Mais DC réduit l’écart rapidement (autour de 29,5 % sur la même période).
Quel est le plus gros succès de l’année ?
La réponse la plus évidente reste la ligne Absolute Universe de DC, annoncée au-delà de 8,2 millions d’exemplaires. Absolute Batman est le moteur principal de cette performance.
Est-ce que le marché du comics va bien ?
Oui. Après une période de correction, le marché direct connaît un rebond marqué en 2025, avec une hausse estimée de plus de 20 % dans les comic shops, portée par les singles et par des événements éditoriaux structurants.




