Avengers: Endgame

Une semaine après sa sortie, le verdict est catégorique : Avengers: Endgame est une réussite émotionnelle et financière autant qu’une conclusion satisfaisante. Mais le film divise tout de même les fans et la critique sur plusieurs autres points.

Après avoir listé les cinq mauvaises surprises du film, Superpouvoir liste dans cet article cinq bonnes surprises que l’on peut relever dans le vingt-deuxième film de la saga. Lesquelles vous ont réjouis le plus ? Quelle a été votre grosse surprise ?

Attention : cet article contient d’importants spoilers concernant Avengers: Endgame.

1 – Une première partie sombre et sobre

Avengers: Endgame

Le finale de Infinity War pouvait nous préparer à toute sorte de continuité pour les Avengers survivants… mais certainement pas à ça. Au lieu d’une vengeance attendue et escomptée, les quelques héros ayant échappé au snapping se rassemblent autour d’un objectif commun : éliminer Thanos et lui reprendre les Pierres. Ce qui sera fait moins d’un quart d’heure après le début du film, à peu de choses près. Car Thanos a détruit les Pierres, ce qui contraint les héros à faire leur deuil et malgré une surprenante ellipse de cinq années, toutes et tous n’ont pas eu le courage de passer à autre chose.

Cette première partie suinte de désespoir : de la disparition en temps réel de la famille de Hawkeye jusqu’à des plans mortifères d’une New-York dépeuplée, en passant par des héros dépressifs évoluant dans une photographie grise et terne, on peut dire que le script se permet une certaine audace au regard de son statut de blockbuster de l’année, là où certains s’étaient attendus à enchaîner les tragiques événements de Infinty War avec une course effrénée à travers le temps pour sauver ce qui pouvait encore l’être.

2 – Le retour des seconds couteaux

Captain America: The Winter Soldier

Le Marvel Cinematic Universe a plus d’une fois été la cible de critiques acerbes reprochant à Kevin Feige et ses équipes d’avoir monter de toute pièce une saga qui refuse de s’assumer comme telle, ignorant tout simplement les implications de ses différents protagonistes d’un film à l’autre alors que tous vivent dans le même univers partagé. La seconde partie d’Avengers: Endgame envoie ainsi les Avengers dans le passé afin de récupérer les Pierres d’Infinité avant que Thanos ne s’en empare, leur permettant de revisiter sous un œil extérieur les scènes les plus emblématiques des précédents films (encore que tout le monde ne s’accordera pas sur ce statut présumé). L’occasion de faire intervenir des protagonistes dont on n’attendait pas la visite.

C’est le cas du Grand Ancien (Tilda Swinton) ou encore d’Alexander Pryce (Robert Redford), deux personnages troubles et omniscients dont on est plutôt ravis de voir qu’ils ont fait partie intégrante de cette saga depuis bien avant leur introduction respective. Tout comme Brock Rumlow (Frank Grillo), Howard Stark (John Slattery) ou Hank Pym (Michael Douglas). Et tant d’autres encore. Tous ne sont bien sûr pas logés à la même enseigne mais la cohésion qu’ils contribuent à tisser au sein de cet univers, même par deux répliques, suffit à combler des brèches et réjouir le fan qui n’en demandait pas tant.

3 – Le « fan service »

Avengers: Endgame

Là encore, un aspect très critiqué par les cinéphiles. Pourquoi ces guillemets ? Car si dans un film solo, on peut reprocher plus ou moins la chasse à l’Easter Egg comme étant devenue par trop systématique et à usage restrictif des fans de comics, Avengers: Endgame s’est toujours vendu comme une pure conclusion, une occasion de dire au revoir à certains personnages et de boucler un cycle – qui porte désormais officiellement le nom de Infinity Saga. Dès lors, quoi de plus logique que de revenir aux bases mêmes de ce qui a fait des films du MCU un franc succès ?

Fermer une intrigue demande parfois d’y revenir et Endgame devrait sur ce point jouir d’un passe-droit. Le film est avant tout un cadeau pour ceux qui ont suivi assidûment les aventures de Tony, Steve, Natasha, Bruce et tous les autres. Les comics eux-même ont souvent fait usage de ce procédé de retour, de voyage et de nouvelle exploration d’une époque. N’est-ce pas là l’ultime manière de rendre hommage au médium comics, sans qui rien de tout cela n’aurait eu lieu ? D’autant que certains clins d’œil demeurent à l’usage des lecteurs de comics, sans virer au délire d’initié (du Heil Hydra du Captain jusqu’à la construction de New Asgard). En sa qualité de “chapitre final” (même si on sait que la saga se poursuivra dès cet été dans Spider-Man : Far From Home), Endgame peut donc se permettre d’étrenner son “fan-service” – peut-être un peu déséquilibré au cœur de l’écriture du second acte, admettons-le.

4 – La bataille finale

Avengers: Endgame

Il l’a dit ! Avengers: Rassemblement ! Cet appel cultissime du Captain ne dira probablement rien aux néophytes mais il incarne pour le lecteur de comics Marvel la quintessence même des Vengeurs – et oui, il y a pas douze ans, on les appelaient encore comme ça. Or, depuis le plan final et la réplique avortée de Age of Ultron, les fans attendaient que Steve Rogers se fende de sa catch phrase et elle arrive au moment le plus opportun et évident du film, à savoir dans son troisième acte, avant d’entamer la bataille finale – elle aussi tout droit surgit des pages d’un comics. Une séquence si intense et riche en émotions qu’elle en arrive presque à nous faire oublier sa relative brièveté.

En même temps, avec une galerie de personnages aussi variés et aux pouvoirs si grands, les armées de Thanos ne pouvaient résister longtemps, bien que le cœur de cet affrontement en forme de feu d’artifice ne trouve son intensité que dans les rixes opposants le trio Tony-Steve-Thor au Titan Fou. Une icônisation toute en puissance et un suspens insoutenable quant à qui survivra aux assauts répétés et impitoyables du méchant à qui l’on octroie une nouvelle manière de dégainer le potentiel de ses gemmes d’infinités. Une apothéose en grand !

5 – L’imprévisibilité générale

Avengers: Endgame

Un dernier point qui semble avoir fait l’unanimité et dont nous ne pourrons minimiser l’intérêt : la communication exemplaire autour du film. On le sait, de nos jours, le coût de communication tient une part importante dans le succès d’un film et dans son budget final. Si au vu de sa grande force bancaire, Disney ne pouvait que mettre les petits plats dans les grands, on doit reconnaître à Marvel Studios la relative discrétion quant à la manière dont Avengers: Endgame a été vendu.

Entre des bandes-annonces cryptiques et truquées ne dévoilant que le strict minimum et une tournée de promo menée de main de maître par Kevin Feige et les comédiens, rien ou presque n’a filtré sur le scénario et le ton général de ce grand finale, laissant ainsi toute latitude aux fans les plus impliqués afin d’élaborer des théories ou de tout simplement se laisser emporter par les événements tels qu’ils apparaissent à l’écran.

Reconnaissons qu’à une heure où on fustige les bandes-annonces de trop nous en faire voir, la gestion du bébé en amont de sa sortie peut désormais figurer comme un cas d’école positif dont nombreux studios pourraient s’inspirer pour la communication de ses futures grosses productions.

Avengers: Endgame, au cinéma depuis le 24 avril 2019.

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