The Rocketfellers est la nouvelle série tirée du label Ghost Machine à sortir en France. Mais cette fois, ce n’est pas le créateur de la collection, Geoff Johns, qui est aux commandes, mais le scénariste Peter Tomasi, accompagné du dessinateur Francis Manapul. Deux artistes que Johns a fréquentés pendant ses années passées chez DC Comics.

Comment s’en sortent-ils sur ce nouveau titre et comment cette nouvelle série s’inscrit-elle dans l’univers Ghost Machine ?

Sommaire

The Rocketfellers, une famille hors normes

Les Rocketfellers sont une famille vivant au 25e siècle. Poursuivis par une dangereuse guerrière cybernétique, les membres de cette famille doivent se cacher dans le temps pour échapper à celle qui les traque. Les Rocketfellers se retrouvent donc coincés dans notre 21e siècle, à Olympia, petite ville des États-Unis. Malgré leur technologie, ils vont devoir faire profil bas pour échapper à Cronex, une mystérieuse société de voyages dans le temps, qui a donc missionné la terrible Raina pour les retrouver.

Mais quand on est un génie scientifique comme le père, Roland, une pilote de vaisseau spatial casse-cou comme la mère, Rachel, un ado turbulent capable de hacker n’importe quel système informatique comme Richie, une fillette naïve encore attachée à son siècle de naissance comme Rae, un ancien militaire à la jambe cybernétique comme le grand-père, Rodney ou encore un chien doté de multiples gadgets comme Rex, difficile de passer inaperçus.

Illustration de The Rocketfellers par Francis Manapul.

Les Rocketfellers (dont le nom est un clin d’œil à une autre fameuse famille, les Rockfeller) doivent donc s’acclimater tant bien que mal aux exigences de la vie de banlieue comme le barbecue ou le sapin de noël sans éveiller les soupçons. Sorte de témoins protégés extratemporels, ils bénéficient du soutien du frère de Roland, Reggie (oui, tous les membres de la famille ont un prénom commençant par R, mais si raison il y a, le scénariste se la garde sous le coude) et de sa fiancée Elizabeth (pas de R pour elle, traîtresse ou future morte ?) qui gardent eux-mêmes d’autres exilés “en temps sûr” pour mieux les protéger des exactions de Raina (tiens, un R, y aurait-il un lien avec les Rocketfellers ?) et Cronex.

Pourtant, bien vite, le voisin, Tony Martinez, se posera des questions tandis que les activités de Richie sur le dark web vont faire porter sur lui l’attention de deux frères mafieux. Et Raina, pendant ce temps, va se rapprocher de son but…

Couverture de The Rocketfellers #2 par Francis Manapul, rendant hommage à une pochette des Beach Boys.

Super-family

Soyons honnêtes, le trope de la super-famille est assez présent dans le domaine des comics. Depuis les Fantastic Four jusqu’aux Indestructibles, en passant par la Tom Strong Family ou la famille Noble (dans la série Noble Causes de Jay Faerber), c’est un motif très récurrent. Et dans ce cas précis, l’hommage au modèle des Fantastic Four est quasi-transparent : Roland, Rachel, Rodney, Richie et Rae ont littéralement les mêmes fonctions narratives que Reed, Sue, Ben, Franklin et Valeria. Bien que moins présent parce qu’au 25e siècle, Reggie, lui, peut même aisément se rapprocher du jeune séducteur qu’est Johnny. Bref, The Rocketfellers est véritablement un cri d’amour de Peter Tomasi et Francis Manapul à la série emblématique de Marvel Comics.

Couverture de The Rocketfellers #3 par Mike McKone.

De là, on peut se demander ce que ce nouveau titre peut apporter de nouveau et d’original à une thématique aussi connue. A la lecture de ce premier tome, on peut répondre malheureusement : rien ! Tout a déjà été fait avant, notamment sur le point principal, la vie d’une famille extraordinaire au sein d’une communauté tout à fait ordinaire. On ne manquera pas de faire le rapprochement avec certains épisodes de John Byrne sur Fantastic Four ou, plus encore, avec la série Marvel Knights 4 de Roberto Aguirre-Sacasa, Steve McNiven et Jim Muniz qui partait sur le même genre de prémices en 2004.

Attention, ne vous méprenez pourtant pas. The Rocketfellers est un album de grande qualité. Peter Tomasi (Batman and Robin, Super Sons) distille les éléments de son intrigue principale par petites touches avec un art achevé pour faire monter la pression ; le tout dans une ambiance bon enfant où l’on apprend à connaître des personnages attachants qui se retrouvent dans des situations souvent fort drôles. On conseillera en particulier le chapitre 5 qui voit Rex, le chien de la famille, protéger à lui tout seul sa maison de dangereux mafieux russes durant une absence de ses maîtres. C’est drôle, c’est fun, c’est aussi superbement illustré par Francis Manapul (The Flash, Detective Comics) qui livre des planches extrêmement dynamiques et colorées.

Couverture de The Rocketfellers #5 par Francis Manapul.

Une place au sein de la famille

Les séries du label Ghost Machine bénéficient toutes d’une production de qualité et celle-ci ne fait pas exception à la règle. Tout comme Geiger, Rook Exodus, Redcoat, Hyde Street ou Junkyard Joe (qui ont droit à des apparitions fugaces sur une double page du deuxième numéro), The Rocketfellers délivre des épisodes où scénario, dessins et couleurs sont techniquement irréprochables. Mais tout cela manque singulièrement de saveur. À la sortie de ce premier tome, on ne sait pas vraiment quel est le but de tout ce qu’on vient de nous raconter. Et on a surtout la méchante impression d’avoir lu une bd calibrée (famille, humour, bons sentiments familiaux…) pour plaire à d’éventuels adaptateurs audiovisuels.

Tomasi a une autre série en cours chez Ghost Machine, Hornsby & Halo, illustrée par Snejbjerg (qui a droit aussi à son petit cameo dans la fameuse double page) et une autre en projet, The Trillion Dollar Kid. Et à l’instar de Geoff Johns qui regroupe ses titres sous un même univers (The Unnamed), il semble vouloir lui aussi réunir tous ses bébés sous la même bannière, The Unbelievables. Espérons que ce soit pour lui l’occasion de montrer ce qu’il a vraiment à dire et de cultiver sa propre voix au-delà d’un produit tout fait pour Hollywood. Cela permettra d’enlever ce léger goût amer de “et alors ?” ressenti après ce premier tome.

Ce qu’il faut retenir de The Rocketfellers

De quoi parle The Rocketfellers ?
La série suit une famille du 25e siècle obligée de fuir une dangereuse tueuse cybernétique. Pour survivre, ils s’exilent dans notre présent, au 21e siècle, et tentent de s’intégrer incognito dans une banlieue américaine classique malgré leurs gadgets futuristes.

Qui est aux commandes de ce comics ?
C’est le scénariste Peter Tomasi (Super Sons, Batman and Robin) et le dessinateur Francis Manapul (The Flash), deux pointures passées par DC Comics, qui s’associent ici pour le label indépendant Ghost Machine.

Est-ce que c’est lié au reste de l’univers Ghost Machine ?
Oui et non. Si on y trouve des petits caméos discrets d’autres séries du label (comme Geiger ou Redcoat), l’histoire est totalement indépendante. Peter Tomasi semble vouloir créer son propre sous-univers appelé “The Unbelievables”.

Où se procurer les comics ?

The Rocketfellers, scénarisé par Peter Tomasi et mis en images par Francis Manapul, est disponible depuis le 20 mars 2026.

Édité par Urban Indies et traduit par Benjamin Viette du studio MAKMA, cet album de 168 pages (contenant The Rocketfellers Vol. 1: First Family of the Future TP) est proposé au prix de 18,50 €. Vous pouvez le retrouver dès maintenant chez votre libraire habituel ou le commander via le lien ci-dessous.

Couverture de The Rocketfellers, tome 1, chez Urban Comics.

Découvrir le tome 1 de The Rocketfellers

 

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Geoff JohnsImage Comics

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