Hyde Street, c’est la nouvelle série du tandem Geoff Johns et Ivan Reis (Green Lantern, Aquaman) au sein de leur nouveau label Ghost Machine, hébergé par Image Comics. Comme on pouvait s’y attendre, les deux auteurs proposent une série horrifique plutôt réussie qui est parfaite pour la période d’Halloween.

HYDE STREET

Image : ©Ghost Machine Productions

Sommaire

Les points forts et les points faibles de Hyde Street

Points forts

  • De bons dessins
  • Une histoire intrigante, qui peut faire parfois penser à certains récits de la 4e dimension
  • Un concept orignal

Points Faibles

  • Des personnages encore un peu mal définis
  • Un concept certes original mais qui risque d’être très rapidement limité

Bienvenue sur Hyde Street

Hyde Street part sur un concept plutôt original et de tendance très Vertigo. En effet, Hyde Street, c’est un endroit, une rue qui attire vers elle les monstres et les tueurs de toute sorte. Mais Hyde Street n’est pas parcourue que par des tueurs occasionnels, elle est aussi remplie de résidents à vie, désignés par un mystérieux personnage, le Conteur. Ce sont eux aussi d’anciens monstres, dont le but est de damner les âmes des nouveaux venus. C’est la seule solution pour que ces derniers puissent définitivement quitter Hyde Street : 10 000 âmes damnées sont synonymes de départ.

Ce premier tome nous fait découvrir quatre de ses personnages : Mister X-Ray, un ancien arnaqueur des années 60 ; Pranky, le scout de ses résidents à vie, dont le seul but est d’empêcher les autres résidents d’obtenir leurs 10 000 âmes ; le Monstre Mutique, un acteur criminel et Mlle Bienfaite, une coach sportive qui a abusé de ses clients.

Ce volume nous propose de découvrir le parcours de vie qui les a amenés à devenir des criminels et les a conduits ici, que ce soit au travers de la série régulière ou bien d’un numéro spécial. Et c’est plutôt bien fait. Chaque morceau de vie des personnages donne lieu à une histoire quasiment complète qui pourrait faire énormément penser à une série anthologique du type de La Quatrième Dimension. Et c’est, à mon sens, le point fort de cette série : elle permet aux auteurs de toucher à un peu tous les univers (le commerce, le cinéma d’horreur ou encore le domaine des coaches de santé) et ce, à différentes époques. Cela donne des histoires variées et surtout, qui se démarquent un peu du reste de l’intrigue, beaucoup plus faible dans ce qu’elle raconte sur son fil rouge.

HYDE STREET

Image : ©Ghost Machine Productions

Un concept réducteur et encore flou

Hyde Street perd en effet beaucoup de sa saveur lorsqu’elle situe son récit dans son présent, avec sa galerie de monstres et de résidents qui essayent d’attraper les âmes. En effet, Geoff Johns essentialise assez rapidement ses personnages, qui n’ont pour le moment qu’une seule facette. Pranky est très agaçant, Mr X Ray n’a d’utilité que parce qu’il a une faille morale (sa fille) etc.. De fait, les personnages sont encore un peu trop superficiellement approfondis pour qu’on s’y attache. De plus, le concept d’attraper les âmes est encore très, très flou. Pour tout vous dire, je ne suis pas sûr, après lecture (sept épisodes plus un spécial quand-même), d’avoir bien compris comment cela fonctionne et quel est le but des résidents. On comprend bien que Johns et Reis se gardent des mystères sous le coude, mais clairement, ils en suggèrent trop peu pour que le lecteur se sente à l’aise, et ce n’est pas très évident, surtout au bout de six épisodes, de laisser de telles failles dans l’univers qui est en train d’être mis en place.

Autre remarque : les quatre personnages ont été abordés, on connaît leurs histoires mais clairement, cela risque d’être assez difficile de les faire évoluer au sein du récit, tellement leurs interactions sont encore une fois traitées à la légère et sous un mode caricatural. En clair, on a du mal à se projeter sur le futur de cette série, qui peut être une suite de redites et tourner rapidement en rond. Bien évidemment, il faut laisser du temps aux auteurs, mais clairement, on aurait aimé être un peu plus rassuré quant à la direction de la série après sept épisodes.

Reis égal à lui-même

Ce qui ne pose aucun problème, en revanche, c’est le dessin d’Ivan Reis, qui se fait ici énormément plaisir avec les designs et les expressions de ses personnages. Cela fonctionne très bien et il arrive à caractériser physiquement tous ces monstres qui déambulent dans la série. Il est très à l’aise et la présence de son compère Danny Miki à l’encrage lui convient parfaitement, tellement les deux ont déjà travaillé ensemble à de nombreuses reprises (tout comme avec les couleurs de Brad Anderson). Peut-être un peu trop parfois, l’encrage de Miki apportant un peu trop de détails et d’aspérités aux dessins de Reis. On aurait pu lui préférer un encreur apportant un peu plus de rondeur comme Marc Campos.

Évidemment, Ivan Reis ne dessine pas tout et il est aidé dans la série régulière par Francis Portela, qui propose de planches de très bonne qualité lui aussi même si son trait est assez différent de celui de Reis. L’épisode spécial est quant à lui dessiné par Leila Leiz, qui réalise un bon travail avec sa compère Maytal Zchut qui a repris, le temps de cet épisode consacré à Mlle Bienfaite, le scénario. De fait, il n’y a rien à dire sur la partie graphique, qui est d’un excellent niveau.

HYDE STREET

Image : ©Ghost Machine Productions

Conclusion : doit-on revenir pour un tome 2 ?

Hyde Street est assez intriguant, plutôt bien dessiné mais pêche parfois dans son exécution, qui n’en dévoile pas encore assez. Il y a une certaine faiblesse concernant la caractérisation des personnages et surtout leurs différentes interactions dans le présent. À voir si Geoff Johns arrivera à tenir le lecteur en haleine sur la longueur mais pour le moment, c’est plutôt une réponse positive. Les forces de Hyde Street compensent largement ses faiblesses et doivent inciter le lecteur à revenir.  À bientôt, peut-être, pour une critique du tome 2.

Hyde Street, tome 1 : Pour une poignée d'âmesUrban Indies
De Geoff Johns et Ivan Reis
Traduit par Julien Di Giacomo
31/10/2025 – Relié – 264 pages – 25€
Acheter sur : AmazonFNACCulturaBubble

À sa mort, l'ancien escroc des années 1960, Mr. X-Ray, se retrouve sur Hyde Street, un lieu étrange où les âmes tourmentées sont confrontées à leurs crimes et malhonnêtetés passés. Il y croise Pranky, un jeune scout maléfique, le Dr Ego ou encore Miss Goodbody, tous oeuvrant pour le compte d'une entité mystérieuse appelée « le Comptable des péchés ». Pour quitter Hyde Street ils n'ont qu'une solution : collecter 10 000 âmes errantes. La fin justifie-t-elle les moyens ?

Contient : Hyde Street (Image Comics, 2024) #1-7, It Happened on Hyde Street : Devour (Image Comics, 2024)

Ce qu’il faut retenir de Hyde Street

Qui sont les auteurs de Hyde Street ?
Il s’agit de Ivan Reis et de Geoff Johns. Le premier a été un dessinateur phare de DC, réalisant les meilleures aventures de Green Lantern dans les années 2000 comme la Guerre de Sinestro. Geoff Johns a été quand à lui l’un des plus gros architectes de l’univers DC Comics pendant de nombreuses années, réalisant de nombreux crossovers et réalisant aussi des scénarii pour les séries télévisées de la Warner. Les deux auteurs ont travaillé ensemble à de nombreuses reprises, notamment sur Green Lantern.

Que raconte Hyde Street ?
Hyde Street est une série horrifique qui nous raconte l’histoire d’une rue maudite, qui attire à elle tous les monstres et les criminels les plus horribles de la planète. En son sein vivent des résidents, dont le but est de damner les âmes des monstres qui y sont attirés. Au bout d’un certain nombre d’âmes, les résidents (eux-mêmes des criminels et des tueurs) peuvent alors quitter Hyde Street.

Est-ce un livre conseillé pour tous ?
De par son sujet traité (les monstres), Hyde Street est plutôt déconseillé pour un public très jeune, mais rien de bien gênant par rapport à un Batman actuel ou version Snyder. On va dire à réserver à un public adolescent.

Comment est l’édition française de Hyde Street ?
C’est un format classique, qui contient les sept premiers épisodes de la série, un petit récit introductif ainsi qu’un épisode spécial. Il est agrémenté de nombreux bonus, comme des couvertures alternatives et des informations sur les personnages. Hyde Street est publié chez URBAN COMICS, collection URBAN INDIES. Il fait 264 pages pour un prix de 25 €.

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