Afin de préparer dignement les fêtes qui s’approchent à grand pas, la rédaction de Superpouvoir vous propose son calendrier de l’avent comics. Chaque jour, une petite pépite, un coup de cœur, une œuvre injustement ignorée vous sera dévoilée pour, pourquoi pas, l’ajouter au pied du sapin et surtout, étoffer votre culture comics.

Aujourd'hui, coup de projecteur sur le sympathique (et plutôt destiné aux jeunes ados) Wynd de James Tynion IV et Michael Dialynas.

La ville sans nature

Wynd est un jeune garçon qui travaille dans l'auberge de sa mère adoptive en plein cœur de Tubeville. La vie serait douce aux côtés d'Olive, son espiègle sœur adoptive, si il n'avait pas un secret à cacher : des oreilles pointues, signe que la magie coule dans ses veines. Car dans ce royaume, la magie est assimilée à une menace, une monstrueuse épidémie venue de la nature qu'il faut éradiquer. Le roi a d'ailleurs fait revenir à Tubeville, le terrible Écorché, chasseur impitoyable pour relancer la traque. Une traque que défend de moins en moins le prince Yorick. Malgré son caractère hautain et égocentrique, celui-ci entend bien ne pas suivre la politique de son père et compte sur son meilleur ami, Ronsse, le beau jardinier, pour l'aider. Lorsque l'Écorché découvre l'existence de Wynd, tout ce petit monde va devoir fuir Tubeville pour un fantastique voyage.

Hors de la ville

Bien sûr, on est ici en plein récit de voyage initiatique. Les tribulations rencontrées en cours de route vont forger les liens entre les personnages et leur permettre de mieux se connaître et de s'accepter. Car il s'agit bien de ça. Au travers de l'intolérance rencontrée par ceux qui sont atteints par la magie, le scénariste James Tynion IV entend faire un parallèle avec les difficultés que peuvent rencontrer les jeunes lecteurs dans l'acceptation de soi. Le jeune Wynd va ainsi évoluer et tenter de s'accomplir dans un monde qui ne veut pas de lui. Une quête initiatique dans un monde qui craint et qui hait, les lecteurs de fantasy et des X-Men seront en terrain connu.

Assez habilement cependant, Tynion IV va également présenter une romance homosexuelle entre Wynd et Ronsse. Généralement archétype symbolique de l'intolérance de notre société, cette histoire d'amour est considérée comme complètement banale dans ce monde-ci puisqu'aucun des personnages ne semblent la souligner ou la réprouver. Tynion IV laisse l'entière responsabilité de son message de tolérance à sa métaphore magique et ne l'encombre pas d'une couche supplémentaire. Au contraire, il contribue à normaliser, aux yeux de ses jeunes lecteurs, une romance adolescente tout ce qu'il y a de plus banale.

Le scénariste met également tout son talent dans la construction de personnages fort bien réussis. L'exaspérant prince Yorick, par exemple, tout en égocentrisme et en supériorité, sait aussi se remettre en question, tandis que l'Écorché s'impose comme un ennemi moins manichéen que prévu. Tout cela est mis en scène par le dessinateur Michael Dialynas au trait simple mais efficace, bénéficiant en outre d'une mise en couleur très adaptée et agréable.

Signalons également l'excellent travail de traduction de Maxime Le Dain, achevant de faire de Wynd une lecture recommandée, à offrir ou à se faire offrir..

Wynd, une série éditée par Boom! aux États-Unis et traduite chez Urban Kids en France (un tome paru).

Urban Comics

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