Envie d’action, de course-poursuite effrénée, d’explosion et d’effusion de sang ? Alors The Ghost Fleet est fait pour vous.

Deuxième création originale de l’auteur Donny Cates (God Country, chez Urban. Sinon, vous pouvez le retrouver dans Babyteeth, chez Snorgleux Comics et chez Panini depuis qu’il a envahi l’univers Marvel) à faire l’objet d’une adaptation française publiée dans le catalogue indé d’Urban Comics, The Ghost Fleet raconte l’histoire d’un routier et de sa cargaison. Mais vous vous en doutez, il ne s’agit pas d’une cargaison comme les autres.

Donny Cates frappe fort : un scénario coup de poing, de l’action sur toutes les planches, de la vitesse, de la poussière et du sang. Le constat est simple, en lisant The Ghost Fleet, on a l’impression de regarder un film d’action digne de Tarantino (on vous a bien dit qu’il y avait du sang). Le premier chapitre sert de prologue, donne le ton de l’histoire et parvient même à donner un point de départ ainsi qu’un point d’arrivée, le tout sans percer le nuage de mystère qui entoure le fameux convoi fantôme.

Diverses ellipses temporelles rythment l’histoire et sont menées avec habileté, permettant bien évidemment de développer toujours un peu plus les personnages et les liens qui les unissent. Cates relève le défi de faire d’un routier une sorte de héros crédible et badass, et c’est réussi. Et en plus, il y a un chien.

Daniel Warren Johnson rejoint le projet et marque à l’époque (2015) le début de sa carrière de dessinateur de comics. Les traits sont expressifs et le découpage cohérent. Le jeune dessinateur ponctue son récit de diverses perspectives audacieuses qui donnent corps à l’action. On apprécie notamment ses magnifiques splash pages et autres double pages, joliment soulignées par les couleurs de Lauren Affe, vives et osées.

L’histoire prend une dimension biblique peu attendue en fin de récit, qui pourrait se prolonger d’au moins quelques chapitres. Mais étant donné que le comic book est sorti en 2015 aux États-Unis , que le récit a été raccourci de quatre numéros et que rien n’a été annoncé depuis, nous pouvons légitimement penser que cette suite tient plus de l’imaginaire que du concret. Malgré tout, de par son scénario, ses dessins et le jargon fleuri que Cates prête à ses personnage (ici traduit par Julien Di Giacomo et lettré par Moscow Eye), The Ghost Fleet a déjà tout pour plaire.

The Ghost Fleet, disponible chez Urban Comics, 208 pages, 19 euros.

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