Depuis la fin de la série Lost, une méfiance des spectateurs envers la manière dont se terminent les séries et films de J.J. Abrams colle au réalisateur. Unanimement reconnu pour ses talents de création, développement et gestion de projets aux budgets colossaux, Disney et Lucasfilm l’ont choisi pour lancer la nouvelle trilogie Star Wars avec Le Réveil de la Force. Si cet Épisode VII essuie quelques  critiques, ça reste un succès indiscutable au box-office. Du coup, lorsque Lucasfilm vire Colin Trevorrow de la réalisation de l’Épisode IX – et que Rian Johnson refuse de le remplacer –, Abrams se voit de nouveau aux commandes d’un film Star Wars, et pas n’importe lequel : le dernier, celui qui conclura toute la saga. En résumé, Lucasfilm et Disney ont donc demandé à celui dont on reproche le plus les fins, de conclure l’une des plus grosses saga de l’histoire du cinéma.

J.J. Abrams s’est justement entretenu sur le sujet avec le New York Times avant la première du film la semaine prochaine, et a reconnu ses propres défauts de narration : « Je n’ai jamais été génial pour les fins. Je ne sais pas vraiment si je suis bon pour quelque chose en particulier, mais je pense savoir comment commencer une histoire. Terminer une histoire, par contre, c’est difficile. »

Abrams n’a jamais prévu de revenir dans la franchise après avoir terminé son travail sur Star Wars VII : Le Réveil de la Force, mais il n’a pas non plus pu résister au (carnet de chèques de Disney et au) défi de réaliser la conclusion des trois trilogies. « Faire cette conclusion est l’un des emplois les plus difficiles que j’ai pu accepter », a déclaré Abrams. « Mais c’est pourquoi cela valait la peine de dire oui. »

Le réalisateur a récemment expliqué comment Star Wars IX : l’Ascension de Skywalker est censé servir de conclusion satisfaisante à toute la saga tout en travaillant comme une image autonome. « Les fins, c’est ce qui me fait le plus peur », avait déclaré Abrams à Entertainment Weekly. « Il s’agit de mettre un terme à une histoire d’une manière qui soit émotionnelle et significative et également satisfaisante en termes de réponse à autant de questions que possible », avait-t-il expliqué. « Donc, si dans plusieurs années, quelqu’un regarde ces films, même les neuf films de la saga d’affilée, il faut qu’il voit une histoire aussi cohérente que possible. »

Nous saluerons le courage et l’honnêteté de J.J. Abrams, mais lui reconnaîtrons deux petites faiblesses : sa capacité à conclure ses films, et surtout, sa capacité à rassurer. Clairement, il y a du boulot.

Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker, au cinéma le 18 décembre 2019.

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