Urban Comics nous propose de découvrir la nouvelle itération d’un super-héros culte mais assez méconnu en France : Resurrection Man, dont la série a été publiée entre les années 1997 et 2000 aux États-Unis. Et aux commandes, on retrouve l’équipe de Grafity’s Wall, à savoir Ram V et Anand R.K.. Autant dire que cette histoire, intégrée dans le Black Label (et donc hors continuité) avait tout pour nous plaire.

Ce qu’elle confirme nettement au fil des pages. L’une des meilleures lectures de comics récentes.

Sommaire

Illustration Resurrection Man par Anand R.K.

image © DC Comics

Une résurrection aux confins de l’univers

Mitch Shelley est un métahumain aux pouvoirs bien particuliers. Lorsqu’il meurt, il ressuscite avec des pouvoirs correspondant à la façon dont il est mort. Par exemple, s’il saute d’une falaise, il ressuscitera avec le pouvoir de voler, s’il est tué par balle, il deviendra invulnérable.

Le personnage s’est fait connaître avec une série qui a connu un petit succès dans les années 90, avec aux commandes de celle-ci Andy Lanning, Dan Abnett et le regretté Butch Guice. La série dura une trentaine d’épisodes avant que le personnage ne soit quelque peu oublié et n’apparaisse en guest star que dans quelques revues DC Comics.

Pourtant une grande partie des mystères autour du personnage n’avaient pas encore été dévoilés, comme ces visions de Mitch combattant Vandal Savage dans le passé ou des souvenirs de vies antérieures. Mystères qui ne seront toujours pas résolus lors du deuxième volume de la série, qui ne dure que 13 épisodes et fut publié durant le New 52. Et c’est à toutes ces questions que Ram V et Anand R.K. vont répondre avec cette mini-série. Resurrection Man : Quantum Karma débute avec une idée plutôt originale.

Nous sommes dans un futur très proche où Mitch Shelley s’est retiré de la vie super-héroïque. Il meurt donc de vieillesse… pour ressusciter aussitôt avec des pouvoirs correspondant à sa mort, à savoir la maîtrise du temps. Il est immédiatement accosté par un personnage mystérieux, une autre version dimensionnelle de lui-même, qui lui apprend qu’il a besoin de lui pour combattre une entité qui menace d’annihiler l’univers. Entité directement reliée au passé de Mitch.

Mitch Shelley dans Resurrection Man

image © DC Comics

Les origines du personnage façon Ram V et Anand R.K.

Ce qui est vraiment intéressant avec Resurrection Man : Quantum Karma, c’est que les deux auteurs arrivent à répondre à tous les mystères de la série, tout en adaptant l’histoire de Mitch à leurs forces narratives. On sait bien que Ram V adore rattacher ses histoires à un panthéon de divinités existantes ou imaginaires, comme il avait pu le faire sur les New Gods, ou bien dans Toutes les Vies de Laila Starr. C’est encore le cas ici où, de par ses nouveaux pouvoirs, Mitch devient une entité surpuissante aux capacités incommensurables. Les deux auteurs nous emmènent dans l’espace, dans des univers improbables faits de mouvements et de mécanismes complexes, et cela fonctionne vraiment bien.

Faire le pari de prendre ce personnage très estampillé années 90, entouré à l’époque de filles un peu dévêtues avec de gros flingues et le transformer en une déité superpuissante aux discours philosophiques et introspectifs pouvait sembler difficile. Les deux auteurs y arrivent haut la main. Ils proposent un nouvel univers pour Mitch Shelley mais ne renient absolument pas ses origines premières, en essayant de raccrocher tous les wagons possibles avec la première série. On aura bien la réponse à l’affrontement avec Vandal Savage, ou bien les explications concernant des souvenirs concernant des vies antérieures.

De fait, on peut légitimement penser que c’est surtout cet aspect qui a intéressé Ram V. Plus que les filles avec de gros flingues, qui ont disparu de cette histoire alors qu’elles étaient pourtant des personnages moins que secondaires dans la série originale. De fait, Ram V et Anand R.K. nous proposent de transposer un personnage plutôt très américain dans une histoire où les influences indiennes sont très présentes sans que cela paraisse forcé ou totalement incongru.

Encore une fois, le récit est plein de poésie, de silences, de contemplation et de menaces universelles. On y retrouve aussi un petit côté Body Horror assez présent en ce moment dans les différents comic books de l’univers DC. C’est une véritable réussite en termes de narration. Réussite soutenue par un Anand R.K. au sommet de son art.

Des dessins époustouflants, possiblement les meilleurs de l’année

Anand R.K. était déjà à son meilleur sur Grafity’s Wall et Blue in Green. Son style, mélangeant diverses influences artistiques convient parfaitement aux histoires un peu profondes et poétiques. On peut retrouver du Dave McKean dans sa manière de gérer sa narration et ses planches, certaines de ses exagérations anatomiques peuvent aussi faire penser à du Kelley Jones.

Bref, c’est un patchwork d’influences qui aboutit à un style absolument unique et visuellement époustouflant. Il suffit de regarder quelques-unes de ses planches pour comprendre que Anand R.K. livre à notre sens, son travail le plus abouti, mis en valeur par les couleurs très douces de Mike Spicer. La plupart de ses pages, quand elles ne sont pas de purs tableaux sur lesquels on pourrait s’attarder de longues minutes, démontrent une maîtrise parfaite de toutes les ambiances graphiques possibles. La dichotomie entre ses designs assez architecturaux et ses personnages physiologiquement déconstruits est absolument parfaite pour Resurrection Man : Quantum Karma. Cela lui permet de pouvoir représenter des citadelles temporelles à base de mécanismes d’horlogerie tout en proposant un monstre difforme, plus grand que l’univers et en constante évolution.

C’est clairement le type de dessins dont a besoin le medium actuel, souvent confronté à des dessinateurs interchangeables qui ont tous le même style. Ici, les planches sont absolument organiques. Et c’est de toute beauté.

Art of Resurrection Man Quantum Karma

image © DC Comics

Le verdict

Resurrection Man : Quantum Karma ne pourra que ravir les fans de comic books et de bande dessinée en général. Même si le personnage est quasiment inconnu en France et que le récit peut être assez abrupt pour ceux qui n’auraient pas lu au moins en diagonale ses précédentes aventures, Ram V et Anand R.K. imposent Mitch Shelley comme l’un des personnages les plus puissants et les plus importants de l’univers DC.

Un récit poétique, puissant et bien ancré dans son temps sublimé par des dessins absolument formidables. Il faut bien évidemment se jeter dessus.

Points forts

  • Des dessins à tomber par terre
  • Une histoire poétique et contemplative qui permet bien de redéfinir le personnage
  • Un méchant assez impressionnant

Points faibles

  • Une connaissance minimale du personnage peut aider à apprécier toute la richesse du récit

Ce qu’il faut retenir de Resurrection Man : Quantum Karma

Qui sont les auteurs de Resurrection Man : Quantum Karma ?
Il s’agit du duo Ram V et Anand R.K. qui a déjà officié sur des titres comme Grafity’s Wall et Blue In Green.

Que raconte Resurrection Man : Quantum Karma ?
Le comic-book reprend le personnage de Mitch Shelley alias Resurrection Man, un super-héros immortel crée à la fin des années 90 et qui peut ressusciter. On suit son dernier combat contre une créature qui menace d’anéantir tout l’univers tout en découvrant ses origines et ses différentes réincarnations en lien avec le DC Universe.

Est-ce un livre conseillé pour tous ?
Oui, même si une connaissance du personnage de Mitch Shelley et de la série des années 90 peut aider. Il ne faut toutefois pas s’attendre à un récit d’action pur à l’image de ceux de la série originale.

Où trouver Resurrection Man : Quantum Karma ?

Resurrection Man : Quantum Karma est un récit complet, scénarisé par Ram V et mis en images par Anand R.K., disponible depuis le 3 avril 2026.

Édité par Urban Comics dans la collection DC Black Label, traduit par Basile Béguerie, cet album de 176 pages (contenant Resurrection Man: Quantum Karma #1-6) est proposé au prix de 20,50 €. Vous pouvez le retrouver dès maintenant chez votre libraire habituel ou le commander via le lien ci-dessous.

Couverture de Resurrection Man, illustration de Dan Panosian.
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