Si vous pensez que Supergirl n’est qu’une version féminine de Superman, détrompez-vous. Bien qu’ils partagent des origines communes et des pouvoirs similaires, Kara Zor-El est un personnage bien plus complexe qu’il n’y paraît. Son tempérament, son vécu et sa relation à la Terre en font une héroïne à part entière, souvent plus tourmentée et plus farouche que son célèbre cousin.
Avec l’arrivée du nouvel univers DC imaginé par James Gunn, la question se pose plus que jamais : qui est vraiment Supergirl, et en quoi se distingue-t-elle fondamentalement de Superman ? Pour y répondre, un point d’ancrage s’impose : la mini-série de comics Supergirl: Woman of Tomorrow signée Tom King et Bilquis Evely, qui sert de base au futur film DC prévu pour 2026. Et la brève apparition de Kara dans le film Superman n’a fait que souligner ces différences.
Sommaire
- Des origines semblables, des blessures différentes
- Superman, l’idéaliste. Supergirl, la survivante
- Une héroïne en colère : Woman of Tomorrow
- Comment James Gunn adapte cette version dans son DCU
- Pourquoi Supergirl n’est pas (du tout) un autre Superman
Des origines semblables, des blessures différentes

Sur le papier, les origines de Superman et Supergirl se ressemblent : deux Kryptoniens envoyés sur Terre pour échapper à la destruction de leur planète. Mais dans les faits, tout les oppose.
Clark Kent, alias Kal-El, a été expédié bébé dans une capsule avant que Krypton n’explose. Il ne garde aucun souvenir de son monde natal et a été élevé avec amour par un couple de fermiers terriens. Il découvre plus tard ses origines extraterrestres, mais reste profondément enraciné dans l’humanité.
Kara Zor-El, elle, a grandi sur Krypton. Adolescente lors de l’effondrement de sa planète, elle a vu sa ville Argo City dériver dans l’espace, puis succomber lentement à la kryptonite. Elle a vécu la chute d’un monde, la perte de sa famille, de ses amis, de tout ce qui donnait sens à sa vie. Elle n’a pas seulement fui Krypton – elle l’a vu mourir deux fois.
Résultat : Kara est arrivée sur Terre bien plus tard, avec un deuil déjà profondément ancré en elle, et un objectif avorté. Sa mission initiale était de veiller sur Kal-El, son petit cousin. Mais en débarquant, elle découvre qu’il est désormais adulte et devenu Superman. Elle n’a plus de but.
Pour aller plus loin : Qui est Supergirl dans les comics ? De Kara Zor-El à Power Girl, toutes les versions de l’héroïne
Superman, l’idéaliste. Supergirl, la survivante

Superman est souvent vu comme un symbole d’espoir : il croit en la bonté des humains, en la justice, en l’avenir. C’est un héros profondément optimiste, parce qu’il a été élevé dans un environnement stable et porteur. Sa force morale vient de son éducation, de sa foi en l’humanité.
Supergirl, elle, a tout perdu. Elle porte le poids d’un monde disparu, de milliers de morts, de douleurs inexprimées. Pourtant, elle choisit malgré tout d’être du côté du bien. Là où Superman incarne l’idéal, Kara incarne la résilience. Elle n’est pas animée par des convictions philosophiques, mais par une forme de loyauté viscérale envers les innocents, ceux qui souffrent comme elle.
Cette douleur intérieure la rend plus impulsive, plus explosive. Dans le comic book Supergirl: Woman of Tomorrow, la jeune Ruthye décrit ainsi Kara : “Superman doit se transformer pour devenir une arme. Supergirl, elle, doit apprendre à ne pas en être une.”
Une héroïne en colère : Woman of Tomorrow

C’est cette version plus âpre et tourmentée que Tom King a brillamment mise en scène dans Supergirl: Woman of Tomorrow, publié en 2021. L’histoire commence avec une Kara déprimée, partie sur une planète à soleil rouge pour fêter seule son anniversaire… en se saoulant. Dépourvue de ses pouvoirs, elle est agressée et témoin d’un meurtre. Une jeune fille, Ruthye, lui demande alors de l’aider à se venger.
S’ensuit une odyssée galactique, violente et mélancolique, où Supergirl affronte des armées, des monstres et ses propres démons, tout en essayant d’enseigner à Ruthye que la vengeance n’est pas une solution. Ce récit profondément humain, illustré avec grâce par Bilquis Evely, montre une Kara enragée, mais profondément digne. Capable d’une force terrible comme d’une compassion bouleversante.
Comment James Gunn adapte cette version dans son DCU

Le film Supergirl: Woman of Tomorrow prévu pour 2026 s’inspirera directement de ce comic book. Milly Alcock, révélée dans House of the Dragon, incarne une Kara plus brute, désillusionnée, mais aussi plus libre. Le film sera scénarisé par Tom King lui-même, et servira de contrepoint frontal à la vision très solaire du Superman de James Gunn.
D’ailleurs, la première apparition de Supergirl dans le film Superman en 2025 donne déjà le ton : on la voit débarquer à la Forteresse de Solitude, complètement ivre après un séjour sur une planète à soleil rouge, repartant avec Krypto et balançant un sec “Merci, ma couille !” à son cousin. Une scène choc, mais directement liée à l’ambiance de départ du comic book.
Cette introduction a pour but de montrer une Supergirl en pleine crise existentielle. Et contrairement à l’image lisse du Superman de Clark Kent, Kara apparaît plus rude, plus instable, mais aussi plus humaine dans ses failles.
Pourquoi Supergirl n’est pas (du tout) un autre Superman

L’erreur la plus fréquente consiste à croire que Supergirl n’est qu’un décalque féminin de Superman. Pourtant, tout les distingue.
Clark Kent a toujours été un Terrien dans l’âme. Il agit par conviction, par foi en l’avenir. Kara, elle, agit par devoir. Elle sait ce que c’est que de tout perdre. Sa colère et sa tristesse l’habitent en permanence, mais elle refuse de céder à la haine. Là où Superman incarne l’idéal, Supergirl incarne le combat contre le désespoir.
Dans l’univers DC, beaucoup de super-vilains justifient leurs crimes par un passé traumatisant. Supergirl, elle, a tout perdu : sa planète, sa famille, son rôle auprès de Kal-El. Elle aurait toutes les raisons de haïr le monde, mais elle choisit de le protéger. Kara Zor-El nous rappelle qu’un drame personnel n’excuse pas tout, et qu’on peut survivre à l’horreur sans devenir un monstre. Plus que n’importe qui, elle est une super-héroïne. Dans tous les sens du terme.
Avec Supergirl: Woman of Tomorrow, le DCU s’apprête à nous offrir une héroïne plus complexe, plus rugueuse, mais tout aussi inspirante. Une guerrière endeuillée qui choisit l’altruisme, une survivante au tempérament de tempête. Et c’est cette dualité qui la rend si unique.
Ce qu’il faut retenir sur Supergirl

En quoi Supergirl est-elle différente de Superman ?
Superman a été élevé sur Terre, avec une enfance heureuse. Supergirl a vécu l’effondrement de Krypton et perdu tous ses repères. Elle incarne une forme de résilience et de rage intérieure, là où Superman incarne l’espoir et l’idéalisme.
Quels sont les thèmes principaux de Supergirl: Woman of Tomorrow ?
Le deuil, la colère, la vengeance, la compassion et la rédemption. C’est un voyage initiatique à la fois épique et intimiste, où Supergirl guide une jeune fille tout en affrontant ses propres blessures.
Comment cette version sera-t-elle adaptée dans le DCU ?
Le film Supergirl: Woman of Tomorrow, prévu pour 2026, est scénarisé par Tom King. Il s’inspirera directement du comic book et reprendra son ton plus dur et introspectif. L’apparition de Kara dans Superman en 2025 annonce déjà cette tonalité.
Qui incarne Supergirl dans le DCU ?
L’actrice Milly Alcock (vue dans House of the Dragon) incarne la nouvelle Supergirl dans le DCU de James Gunn.
Pourquoi faut-il lire Woman of Tomorrow ?
C’est l’un des récits les plus puissants jamais écrits sur Supergirl. Magnifiquement illustré, profondément émouvant, il révèle toute la complexité d’un personnage trop souvent réduit à un simple reflet de Superman.




