On le sait depuis quelques années maintenant, le Péplum n’a plus trop le vent en poupe et il est encore plus compliqué de le faire bien voir quand il se penche sur des récits tirés de la Bible – Darren Aronosky en a fait les frais avec son pourtant sympathique Noé.

Figure célébrée par le grand Hollywood (entre autres par Cecil B. DeMille), le personnage de Samson, sa force herculéenne et sa romance avec Dellilah connaissent en 2018 une nouvelle incursion sur grand écran par la grâce de Bruce Macdonald. Le peu de succès remporté outre-Atlantique par cette relecture du mythe justifie qu’il n’arrive chez nous que sous un format DVD par le biais de SAJE Distribution.

Envoyé supposé de Dieu et héro du peuple Hébreu, Samson (Taylor James) se voit endosser la responsabilité de la survie de son peuple, écrasé d’une main de fer par les Philistins et leur cruel prince Rallah (Jackson Rathbone). En tombant amoureux d’une servante Philistine, le jeune homme insouciant va donner vie à un conflit plus dangereux encore entre les deux factions.

Nul besoin d’établir la portée théologique du récit de Samson pour voir que le drame biblique de Macdonald manque singulièrement de relief et d’ambition. Peu de moyens techniques ont été mis à disposition de cette production pour la rendre impressionnante. Majoritairement filmé en extérieur, le film précipite aussi beaucoup son histoire, ce qui empêche le spectateur de se sentir bien concerné par les personnages, d’autant que les rebondissements employés renvoient immanquablement à d’autres productions célèbres de type film d’époque – Gladiator ou encore Braveheart ne sont jamais loin.

Samson : un héros tout en muscles, jouet du destin et d’un réalisateur aux abonnés absents.

Au rayon des acteurs et de leurs performances, le film n’a pas non plus le luxe de s’offrir de grandes pointures et le réalisateur ne semble pas bien apte à diriger sa distribution. Dans le rôle du méchant Rallah, Jackson Rathbone (la saga Twilight) prend la tête du casting à défaut de mieux et surjoue en permanence sa vilenie, tandis que Taylor James – dont la carrure colle très bien au rôle physique de Samson – est relégué en fin de distribution. Un choix incompréhensible alors qu’il est le héros et occupe plus de 90% de la bobine. Quant au regretté Rutger Hauer, dont c’est ici l’avant-dernière apparition sur écran avant son décès et d’autres apparitions posthumes, il n’a guère le temps de faire briller son charisme de vétéran dans le rôle du père de Samson. Reste le surprenant Billy Zane (inoubliable bad-guy de Titanic), plutôt méconnaissable et convaincant dans le rôle du roi Balek (ça ne s’invente pas), père despotique du prince Rallah.

Samson est un film trop court et à deux vitesses, qui ne commence à s’intéresser au drame inhérent de cette histoire que bien trop tard, après une douteuse ellipse qui voit son casting se couvrir de postiches de barbes grotesques supposées justifier le temps qui passe. L’action est trop rare alors que les pouvoirs de Samson se manifestent parfois dans des séquences qui se voudraient absolument épiques et qui finissent par donner au héros biblique les dehors d’un Conan le Barbare un brin appauvri par la mise en scène ultra timorée de Macdonald.

Ruther Hauer dans l’une de ses dernières apparitions (et pas une des meilleures).

Ajoutez à cela que les dialogues peinent à fasciner, tant ils sont chargés en prêchi-prêcha – pas le meilleur moyen d’amener un public profane vers une profonde réflexion.

Un récit comme Samson aurait probablement gagné à faire montre d’un brin de pêché d’orgueil en se donnant les moyens de ses ambitions, si tant est qu’il en ait eu. Tout juste divertissant, le film de Macdonald ne décolle pas, ne fascine pas et n’est pas prêt de convertir le public au genre du film Biblique.

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