Depuis plusieurs années, les séries de super-héros se multiplient. Celles de Marvel ont fait leur temps entre autres sur Netflix, tandis que celles de DC perdurent sur la CW avec l’Arrowverse et renaissent sur la plateforme DC Universe. Devant tant de feuilletons de justiciers plus ou moins masqués, de nouvelles plus originales sont venues récemment apporter un peu d’originalité. Plus particulièrement The Umbrella Academy sur Netflix et Doom Patrol sur DC Universe, deux excellents shows peignant les super-héros et la famille dysfonctionnelle avec recul et intelligence. Au tour d’Amazon Prime Video d’aller plus loin encore dans le cynisme, la violence et la critique d’une société telle que l’on pensait pourtant la rêver. Voici The Boys.

The Justice League of Salopards

The Boys, c’est notre monde mais dans lequel les super-héros existent vraiment. Iconiques, populaires, ils passent à la TV, font la Une des journaux, ont des figurines Funko Pops à leur effigie. Ils ont leurs visages sur toutes les couvertures de magazines, les publicités, les bus, les posters. Ils sont partout.

Les plus populaires sont les Seven, une équipe qui fait écho à notre chère Justice League. A-Train (Jessie Hutcher) est l’homme le plus rapide du monde, la puissante Reine Maeve (Dominique McElligott) pourrait battre n’importe quelle Amazone, et The Deep (Chace Crawford) peut respirer sous l’eau et parler aux poissons (et se faire draguer par les dauphins). Bien entendu, ils sont menés par l’invincible Homelander (le Protecteur en VF, Anthony Starr), qui est invulnérable, puissant, peut tirer des rayons laser avec ses yeux et voler, avec en guise de cape le drapeau des États-Unis. Mais derrière tous ces héros, il y a Vought Entreprises, une agence privée qui les dirige et gère leur communication. Quand Stella (Erin Moriarty), une nouvelle recrue, effectue son premier jour au sein des Seven, elle vivra un véritable cauchemar. Car derrière ces super-héros et cette entreprise se cachent de véritables salopards, cruels et vaniteux, au dessus des lois et parfaitement incontrôlables.

Hughie (Jack Quaid) et Billy (Karl Urban) l’apprendront d’une bien terrible manière. Mais bien qu’ils n’aient aucun superpouvoirs, avec l’aide leur ami Frenchie (Tomer Kapon), ils ont bien l’intention de donner la fessée à ces demi-dieux. Voire carrément leur exploser la tronche. Littéralement.

Le bon gros coup de pied de Garth Ennis

Plus qu’un regard critique sur les super-héros, c’est encore une belle bonne claque de la part de Garth Ennis. Après l’excellent Preacher, il s’agit de la seconde série tirée de son travail. Watchmen posait la question suivante : si les super-héros étaient réellement apparus durant la seconde guerre mondiale, que nous aurions réellement vécu le Golden et le Silver Age, à quoi ressemblerait notre société aujourd’hui ? The Boys se demande plutôt ce qui se passerait si des super-héros apparaissaient dès aujourd’hui, tous gérés par une seule et même entreprise privée, dans une société où l’image et les dollars sont plus importants que n’importe quels justice et respect. Une société dans laquelle Facebook, Twitter et Instagram sont incontournables. Cette fois, il ne s’agit pas d’une uchronie (comme Watchmen), mais bien de notre société d’aujourd’hui.

À noter que quelques petites modifications ont été apportées par rapport aux comic books d’origines, mais elles sont plutôt cohérentes, intelligentes et bienvenues. Elles évitent notamment une surenchère visuelle qui fonctionne sur papier, mais qui aurait sans doute était too much à l’écran.

The Boys, c’est cynique, violent, intelligent, drôle par moment, triste à d’autres. On n’ira pas jusqu’à dire que c’est un chef d’œuvre, car ce n’est pas le cas. Huit épisodes, c’est court, ça va très vite, on n’a pas le temps de souffler. Mais qu’est-ce que ça fait du bien. The Boys, c’est la claque qui réveille enfin le paysage des séries de super-héros. Avec Doom Patrol, The Umbrella Academy, et bientôt Watchmen, il semble que la télévision a enfin revu ses ambitions à la hausse pour ces chers Super-Slips. Et c’est pas trop tôt.

Pour finir, nous vous conseillons la lecture des comics en VF chez Panini, traduits par l’excellent Alex Nikolavitch.

The Boys, saison 1, disponible sur Amazon Prime Video.

.