Dans les steppes sauvages, le chef de clan Lotobor, aimé de son peuple et de son souverain, voit sa femme et son nouveau-né enlevés par les Scythes, une tribu d’hommes-loups redoutés. Accompagné de Weasel, leur meilleur guerrier de cette tribu qu’il est parvenu à capturer, Lotobor se lance à la poursuite des siens. De violents combats attendent les deux improbables alliés.

A la fois témoignage historique et récit de fantasy, le bien nommé Rage de Rustan Mosafir n’est pas ce qu’on pourrait appeler une grande épopée. Plongeant dans les origines des mythes slave et eurasiens, ce film d’aventure Russe ne fait pas dans la dentelle, et s’est chargé d’une dose non négligeable de testostérone et d’hémoglobine qu’il lance à la face de son spectateur 01H40 de baston et de superbes paysages.

Empruntant à l’apprêté des récits en vogue tels que Vikings ou la virilité de 300, Rage compense une histoire franchement balisée par des costumes splendides, des décors naturels de toute beauté et des plans séquences de combats assez immersifs pour faire trembler Ragnar Lothbrok dans ses chausses.

Proche du principe de « buddy movie », il fait s’acoquiner deux personnages que tout oppose : le guerrier fier et robuste et l’homme-loup agile et avide de sang. Si les échanges entre ces représentants de clans souvent peu recommandables ne font pas le sel du film, il sont avant tout l’occasion d’explorer les différences culturelles et le changement inéluctable que subit leur monde, bloqué entre croyances païennes ancestrales et nouveau Dieu omniscient – un parti pris qui renvoie au superbe Le 13ème Guerrier, de John Mactiernan.

Si les influences se voient franchement, l’aspect gore et les techniques quasi-documentaires qu’emploient le réalisateur pour approcher les combats réjouiront les fondus de rixes primaires du type God of War ou The Witcher (sans l’aspect jeu vidéo qu’on se déplore trop souvent à reprocher à ce type de productions.) 

Ainsi, en sus de superbes costumes et maquillages ( certaines tribus païennes ont été l’attention d’un étonnant soin de reconstitution), on note des acteurs certes monolithiques mais entièrement à ce qu’ils font et un final plutôt inattendu de cruauté.

Loin d’être la finesse même, Rage reste pourtant un DTV âpre, sortant un brin du lot par certaines audaces et son image chiadée, ainsi que sa jouissive violence graphique permettent d’oublier un certain manque de séquences d’anthologie.

C’est normal en Russie.

BANDE-ANNONCE :

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