Mission: Impossible est l’une des sagas les plus lucratives des années 2000. Portée par un Tom Cruise qui a pris de plus en plus de place au fil des épisodes, Mission: Impossible - Dead Reckoning Partie 1 s’annonce comme la dernière aventure d’Ethan Hunt ou, en tout cas, l’une des dernières fois que l’on reverra l’acteur dans ce rôle. Et sans surprise, le film sera divisé en deux parties. Mis à part son aspect très répétitif, peu original et de sa durée de 2h45, Dead Reckoning est plutôt agréable à regarder, porté par un casting féminin qui fonctionne très bien.

© Paramount Pictures

Tom, Tom et Tom

La franchise Mission: Impossible a tout d’abord commencé comme une réinvention de la série par différents réalisateurs. Pour les plus jeunes d’entre nous, ce qui était d’abord mis en avant dans ce films était la vision du réalisateur. Brian De Palma, John Woo, J.J. Abrams et finalement Brad Bird.

Mais à partir du quatrième opus, les choses ont changé : les Mission Impossible ont commencé à reposer uniquement sur les épaules de Tom Cruise, qui de fait est passé du statut d’acteur polymorphe et souvent très juste (Magnolia, Tropic Thunder, Entretien avec un Vampire) à celui de cascadeur de l’extrême, ne vendant ses derniers films que sur ses prestations physiques. Et on ne lui reprochera pas puisque cela fonctionne. Il suffit de regarder les recettes de Top Gun Maverick pour s’en rendre compte.

Depuis le cinquième opus, c’est Christopher McQuarrie, un des plus proches collaborateurs de Cruise qui a pris en main la licence et qui l’a, il faut l’avouer, portée à des niveaux inespérés. La sortie de ce nouvel opus est donc, quoi qu’on en dise, un évènement à double titre. Car en plus de sa sortie, Mission: Impossible - Dead Reckoning Partie 1 va nous permettre de savoir si les franchises ont toujours du succès. En effet, depuis le début de l’année c’est une véritable catastrophe pour les suites et les univers connectés. Marvel et Disney se cassent la figure, le dernier Fast and Furious s’est lamentablement planté et même le nouvel Indiana Jones n’attire personne dans les salles.

Tom, toujours au bord du précipice © Paramount Pictures

Mission Impossible contre les IA

Mission: Impossible - Dead Reckoning Partie 1 a plutôt bien fonctionné sur sa première semaine, restant en dessous des meilleures prévisions mais tenant bien son rang. Malheureusement, il vient en deuxième semaine de se faire manger tout cru par la sortie conjointe de Barbie et d'Oppenheimer. Et pourtant le film est agréable à regarder !

Il faut dire que Tom Cruise et Christopher McQuarrie confortent la franchise dans ce qui semble bien fonctionner : mettre le plus possible d’effets réels et essayer de ne pas trop faire appel à l’imagerie numérique. Une bonne partie du film nécessite quand-même des trucages visuels mais cette fois-ci, les auteurs l’assument clairement puisque le but du film c’est de combattre une méchante Intelligence Artificielle ! Les images et le scénario de ce Mission Impossible revendiquent pleinement un style « à l’ancienne », à l'opposé des films à grand spectacle reposant sur des effets numériques abominables qui ont connu des échecs récents.

C’est d’ailleurs ce qui plaira, ou pas, aux spectateurs. Car avec sa volonté de réaliser un film classique, Mission: Impossible - Dead Reckoning nous livre un véritable catalogue de tout ce que l’on a pu voir dans les films précédents. C’est parfaitement réalisé certes, mais cela peut aussi laisser les spectateurs sur leur faim.

Une équipe classique éclipsée par le reste du casting © Paramount Pictures

Déjà vu

On peut tout à fait comprendre l’idée de faire un « best-of » des meilleures scènes de Mission: Impossible pour conclure la saga. Et Christopher McQuarrie ne s’en prive pas ! Les références au premier film réalisé par Brian De Palma sont évidentes, de même que certaines circonvolutions de l’histoire. Les exemples sont nombreux : la machine à fabriquer des masques ne fonctionne pas nous renvoie au Mission: Impossible 3 tandis que l’utilisation d’un masque pour leurrer les gentils est pompé sur le Mission :Impossible 2. Et que dire que la mort d’un intérêt amoureux d’Ethan Hunt. Pas un fim sans que l’on ait une mort tragique ! Pour la nouveauté on repassera.

Cette volonté de rendre des hommages tout le temps est la force et la faiblesse du film. Les fans apprécieront un grand spectacle, des scènes dantesques et très bien réalisées mais les autres trouveront le temps long avec un sentiment de déjà-vu. Surtout au vu de la longueur du film, plus de 2h40 et d’une succession de courses poursuites trop étirées et peu originales. Il faut dire que pour le coup, Mission: Impossible sort presqu’immédiatement après deux films ayant déjà réalisé des courses poursuites similaires, parfois dans les mêmes endroits : Fast and Furious X et Indiana Jones. Même si c’est sans conteste beaucoup mieux réussi dans Mission: Impossible, l’effet de surprise est nettement moins présent.

Le nouveau tandem : le point fort du film © Paramount Pictures

Pas vraiment de surprise

C’est d’ailleurs le problème du film. Tout le film repose sur une scène qu’on a mis en avant depuis des années : celle où Tom Cruise est censé sauter en moto d’une falaise pour ouvrir son parachute. Des vidéos de cette cascade sont mises en avant sur internet et les médias depuis des semaines. Et de fait, lorsqu’elle se produit (bien trop tard) dans le film, cela en réduit l’intensité.

On sait que depuis le cinquième opus, l’écriture du scénario du film en cours de route est la manière de fonctionner de McQuarrie : on tourne d’abord les scènes d’action puis on invente un scénario sur le tournage, on fait revenir les acteurs pour permettre de donner un liant au film. Ce qui est assez originale quand on pense au titre du film (Dead Reckoning signifiant avancer à l'aveugle en français). Et si cette méthode a toujours bien fonctionné, cette fois-ci, la scène semble forcée. Introduite à la va-vite, avec une gag de fin qui annule totalement l’aspect épique de la scène. C’est dommage. Le manque d’implication dans le scénario se ressent. Peut-être à cause de cette volonté de faire le film en deux parties.

Rebecca Ferguson, toujours aussi rayonnante © Paramount Pictures

Deux sinon rien

Mais pourquoi les producteurs semblent-ils totalement obsédés par l'idée de réaliser leurs films en deux ou trois parties ? Rien que cette année, nous avons le dernier Fast and Furious, le Spider-Man Across The Spider-Verse, Dune et même Les Trois Mousquetaires. Je comprends qu’ils peuvent ainsi tourner une partie des scènes de l’autre film en même temps, rentabiliser leur franchise et gagner plus d’argent mais ce procédé devient à la longue assez pénible.

Et cela a un impact évident sur le scénario de Mission: Impossible - Dead Reckoning. Car comme il doit y avoir une deuxième partie, on sent bien que les scénaristes ne dévoilent pas tout des personnages, qu’ils en gardent sous le coude. De fait, certains rôles sont ici totalement superficiels, comme le méchant, pas du tout crédible car pas assez développé. Surtout que le film est très long. On étire donc artificiellement des scènes, notamment celles de course poursuite et d’exposition, pour pouvoir tenir sur la durée. Dans ce cas précis, c’est un réel problème.

Pom Klementieff dans un rôle de méchant à la James Bond © Paramount Pictures

Tom et ses Tom-ettes ?

Cependant, toutes les réticences légitimes que l’on peut avoir sur le film sont balayées par le casting, notamment grâce à la présence de Hayley Atwell, l’actrice que l’on a pu voir dans Captain America, mais aussi dans les séries Agent Carter, Les Piliers de la Terre et la nouvelle version du Prisonnier. En effet, bien que Tom Cruise ait toujours été plutôt bien entouré dans ses films, c’est la première fois que l’on voit une alchimie aussi évidente entre le héros et son acolyte féminine. Cela permet de faire quasiment tout passer, même les scènes les plus longues. Il se dégage quelque chose d’intense entre les deux acteurs et c’est clairement le point fort de ce film.

De plus, le reste du casting, en grande majorité féminin, est aussi très en valeur. Inutile de dire que Rebecca Ferguson reprend son rôle avec brio, elle n’a jamais été mauvaise dans aucun film que ce soit. Elle est accompagnée par Vanessa Kirby (The Crown) dans un rôle plutôt caricatural mais bien maîtrisé et Pom Klementieff, la Mantis des Gardiens de la Galaxie, qui se démarque avec son personnage de méchante classique mais qui a tout à fait sa place dans l'intrigue. Cependant, avec la mise en avant de Tom Cruise, il ne reste pas grand-chose pour les autres, notamment Ving Rhames et Simon Pegg, qui en sont réduits à de la figuration.

Loin d'être la catastrophe annoncée et en dépit de pas mal de redondance avec ses précédents opus, Mission Impossible Dead Reckoning est un véritable divertissement typiquement caractéristique des films de l'été.

 

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