Abel est un jeune garçon qui vit avec son père dans un camp de mobil-homes en plein cœur du midwest américain. Sa mère les a abandonnés lorsqu’il était plus jeune et il est en butte à la violence de son père. Lors d’une énième confrontation, la tempête se lève et il semble à Abel que son père se transforme en monstre-tornade. Abel s’enfuit, mais le monstre le touche en pleine poitrine, y laissant une étrange marque lumineuse. Accompagné de son ami, un renard qui parle, le jeune garçon va ainsi partir à la découverte d’un monde fantastique qui les mènera notamment dans un cirque itinérant où ils rencontreront une jeune fille mal embouchée et son robot.

Déjà auteur de I Hate Fairyland, Skottie Young scénarise ce nouveau titre où il envoie à nouveau un enfant dans un monde fantastique. Cependant avec Abel, à la différence d’avec Gertrude, nous ne sommes pas là pour rigoler. Dès les premières pages, Young nous plonge dans un cadre familial lourd où le jeune garçon doit à la fois faire face à l’absence de sa mère et à la violence de son père, aigri par le départ de sa femme. Lorsque le conflit de trop intervient entre le père et son fils, Abel voit alors son père se transformer en monstre-tornade sous le coup de la colère.

À partir de là, Skottie Young nous plonge dans un midwest américain particulier qui ressemble au nôtre,  mais qui se démarque pas de menus détails comme ces réservoirs de produits roses qui semblent être une source d’énergie ou encore la présence de robots. Young, son dessinateur Jorge Corona et surtout le coloriste Jean-Francois Beaulieu nous plongent dans une ambiance de dark fantasy moderne.

Middlewest peut faire aussi figure de version moderne du Magicien d’Oz, que Young a illustré en son temps chez Marvel. Le renard qui parle fait immanquablement penser à St Exupery et son Petit Prince, tout comme leur relation peut sembler proche de celle de Calvin & Hobbes. Bref, l’enfant et son imaginaire est le centre du sujet.

Est-ce un rêve ? La réalité ? Young laisse planer le doute dans ce premier tome qui est plutôt un volume d’exposition, se bornant finalement à mettre en place la situation et les personnages. Il faudra attendre les deux volumes suivants pour juger réellement de la qualité de la série, qui pour l’heure propose des prémisses encourageants.

Middlewest (Middlewest #1-6, Image Comics), Urban Link, 160 pages, 14,50 €. Sortie le 11 septembre 2020. Traduction de Julien Di Giacomo, lettrage de Moscow Eye.

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