Disponible depuis le 20 novembre sur Disney+, la série documentaire Marvel’s 616 nous offre une fenêtre sur notre monde et l’évolution de la société à travers les auteurs, les dessinateurs, les éditeurs, les lecteurs et les personnage de la Maison des Idées. Tout au long des huit épisodes (tous indépendants) qui la composent, divers thèmes sont abordés en lien avec les évolutions que notre monde a connu au cours des quatre-vingt dernières années. Un monde qui a aussi pu être influencé par les Avengers, les Quatre Fantastiques ou encore les X-Men… Que pouvons-nous y découvrir ?

Notre monde comme influence

80 ans. Il s’agit de l’âge de Marvel Comics (autrefois Timely puis Atlas). Depuis les années 40, notre monde a beaucoup évolué d’un point de vue social et la Maison des Idées n’a pas échappé à ces évolutions. Au cours de son histoire, la maison d’édition new-yorkaise a pu puiser dans l’actualité et dans les hommes et les femmes de ce monde pour construire son univers. L’exemple le plus marquant est bien évidemment la création de Captain America pour combattre l’invasion nazie au tout début de la Seconde Guerre Mondiale. Et c’est là tout l’intérêt de Marvel’s 616 : découvrir comment l’éditeur a dû s’adapter à un nouveau public pour exporter Spider-Man (une pépite japonaise) à l’écran ou comment la place plus importante des femmes dans cette industrie a pu permettre une nouvelle approche des personnages les plus iconiques des comic-books.

Gillian Jacobs (vue dans les excellentes séries Community et Love) explore cette évolution historique et démographique avec les témoignages de nombreuses scénaristes ou dessinatrices accomplies depuis les années 70. La place des femmes dans la société devient plus importante et Marvel fait partie des précurseurs en confiant des séries importantes aux artistes féminines de l’époque. Par ailleurs, c’est l’occasion de découvrir la génèse de Ms Marvel (dont une série Disney+ est à venir) grâce à Sana Amanat (éditrice et Vice-Présidente de Marvel d’origine pakistanaise comme l’héroïne) et G. Willow Wilson. Cet épisode nous permet d’avoir un point de vue différent sur ce qui fait aujourd’hui l’une des fiertés de Disney.

D’autre part, on y explore les coulisses de la création d’un comics à travers les yeux de Dan Slott (scénariste de The Amazing Spider-Man pendant près de dix ans et plus récemment d’Iron Man 2020) et par une méthode quasiment désuète : la méthode Marvel. Une partie de ping-pong créatif entre le scénariste et le dessinateur d’un comics, popularisée par Stan Lee, dans une époque où il fut la principale tête pensante de beaucoup de séries. Stan The Man n’est d’ailleurs presque pas présent tout au long du documentaire, nous dévoilant une équipe créative riche et grandissante. Enfin, on peut apprécier un numéro décalé, presque hors du temps, sur des personnages oubliés que Paul Scheer (acteur, scénariste, réalisateur) tente de remettre au goût du jour. 

Ce sont des facettes qui ont été encore peu développées dans les médias modernes et qui résonnent dans l’air du temps : la diversité, l’ouverture d’esprit, les relations… On comprend alors tout l’enjeu derrière les pages de nos comics préférés et la richesse de l’univers Marvel. On apprécie également mettre un visage sur certains noms et ce que ces personnes ont apportés dans la Pop Culture

Un vecteur d’affirmation pour tous

Chaque épisode est dirigé par un réalisateur différent qui apporte sa touche, son expertise et son point de vue. Par ce biais, chacun tente de démontrer comment la Maison des Idées a pu accompagner des personnes ordinaires à s’accepter. Une autre actrice de Community, Alison Brie, suit le parcours de jeunes lycéens qui tentent de s’affirmer en proposant des pièces de théâtre dans leur parcours. Les Marvel Spotlight sont spécialement destinées pour les planches grâce à des personnages comme Squirrel Girl ou Ms Marvel, plus intéressants à interpréter que les scènes tirées d’Othello ou Roméo et Juliette. 

Enfin, l’acceptation de soi est un sujet très présent sur papier. Dans la vie réelle, cela s’exprime par le Cosplay (déguisement fait maison d’un super héros) : beaucoup de personnes ordinaires deviennent extraordinaires en revêtant leurs propres costumes. On suit alors le parcours de ces héros dans leur quête du Comic-Con New York. Même s’ils se savent jugés, ces personnes comme vous et nous acceptent d’être qui ils sont en toutes circonstances grâce à leurs héros. 

Ce sujet occupe aussi une place importante pour les collectionneurs de produits dérivés et de jouets. Tout au long de l’épisode, nous découvrons l’histoire d’un photographe de jouets Marvel et de son but : exposer au Comic-Con pour vivre pleinement de sa passion. Dans un contexte plus récent, deux dessinateurs espagnols témoignent de leurs difficultés pour vivre au quotidien de leur art et des embuches rencontrées en cours de route avant d’obtenir des séries populaires et régulières chez un géant comme Marvel. Ces numéros nous plongent dans la place qu’occupe Marvel dans leurs vies professionnelles ou familiales et qui nous identifient aussi, chacun à son propre niveau.

En bref, cette série permet une lecture à double sens de notre société et son évolution au cours du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui à travers de passionnant récits et de personnalités hors du commun. Un vrai plaisir pour (re)découvrir l’univers Marvel, ses secrets et l’influence sur ce qui nous entoure.

Marvel’s 616 est disponible sur Disney+

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