Avec ce premier album, Maxime Garbarini pose les bases d’un univers super-héroïque foisonnant, mais aussi très humain.

Himalaya, octobre 1938. Trois explorateurs découvrent une étrange source d’énergie qui coûte la vie à l’un d’entre eux, puis qui disparaît. De retour à la civilisation, l’un des deux explorateurs survivants, James Norton, se lance dans l’étude de cette manifestation, aidé de son neveu Nathanaël. Ils découvrent bientôt que cette énergie a doté des gens, de par le monde, de super-pouvoirs, dont notamment les propres enfants de James. La famille part alors en quête de ces nouveaux êtres, mais en pleine Seconde Guerre Mondiale, elle croisera bien évidemment d’autres chasseurs de surhommes : les nazis.

Heroics- Saison 1 est donc le premier chapitre d’une ambitieuse saga qui voit l’émergence d’êtres aux super-pouvoirs à travers le monde. C’est l’occasion pour Maxime Garbarini de présenter une large galerie de personnages. La création de personnages semble être son dada et il faut avouer qu’il possède un très sûr sens du design. Le casting est certes développé, mais n’empêche pas Garbarini de tenir le fil de son intrigue. Si certains personnages sont laissés en cours de route, c’est parce qu’en bon fan des X-Men de Claremont et Byrne, l’auteur sait préparer ses subplots pour mieux nous allécher pour la suite. Surtout, il montre une exceptionnelle empathie pour tous ses personnages à qui il porte une grande attention. Tous ont leurs moments, leurs motivations, leurs caractères. Malgré la mise en scène de pouvoirs, Garbarini fait preuve d’une grande humanité qu’il met opportunément face à la plus grande machine de déshumanisation qui ait jamais existé, la Shoah, et à ses exécutants. A l’horreur de la guerre et des pratiques nazis, il oppose les liens familiaux ou amicaux tissés au fil des pages.

Bien sur, il y a quelques petits défauts à ce premier opus, comme l’absence de décors dans de nombreuses cases ( et c’est pourtant dommage, car les quelques arrière-plans sur les rues sont superbes) et un découpage un peu sage, mais ce sont des variables ajustables qui pèsent peu face l’incroyable travail graphique de Maxime Garbarini, dont le trait fin et distingué fait merveille pour illustrer la beauté de ses héroïques personnages. Maxime Garbarini est assurément un auteur à suivre.

 

Couverture d’Heroics, saison 1 par Maxime Garbarini.

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