Jean-Marc Lainé et Jim Arden ont terminé d’écrire, dessiner, encrer, lettrer et mettre en couleurs Tempête quantique, une aventure du Garde Républicain. Il est temps maintenant que Thierry Mornet récupère les planches pour les éditer.
Ce travail est essentiel, puisque c’est lui qui va définir la forme dans laquelle les lecteurs vont découvrir l’histoire. Après les coulisses de l’écriture et du dessin, cette cinquième et dernière partie de notre pas-à-pas s’intéresse donc à l’édition, à la couverture, à l’impression et à la diffusion du numéro.
Voir aussi :
Partie 1 : les premières idées
Partie 2 : notes préparatoires et premiers croquis
Partie 3 : écrire et illustrer le scénario
Partie 4 : encrage, couleurs et dialogues
Sommaire
- L’édition, dernière étape avant publication
- Le fascicule, ou comment composer le numéro 19
- La couverture du Garde Républicain #19
- La diffusion, entre micro-édition et passion
- Comment se procurer les aventures du Garde Républicain ?
- Ce qu’il faut retenir de cette dernière étape
L’édition, dernière étape avant publication
L’éditeur de BD est le chef d’orchestre qui accompagne les auteurs, du scénario à la publication. Il assure le suivi artistique, veille à la cohérence de l’ensemble et prépare la forme finale de l’ouvrage.
Du point de vue de Thierry Mornet, lorsqu’il s’agit du Garde Républicain, c’est avant tout une question de confiance.
Thierry Mornet :
Ça se fait très naturellement parce que, encore une fois, quand ce sont des frangins comme Jean-Marc, ou d’autres personnes qui ont été amenés à travailler sur le Garde sur des épisodes que je n’ai pas écrits, c’est vraiment une invitation open. Je ne vais pas être là pour les faire chier. Moi, je vais éditer pour être sûr que le personnage reste consistant, cohérent par rapport à ce que j’ai en tête ou par rapport à l’incarnation du Garde. Dans le cadre de la mythologie que j’ai mise en place, le Garde est tellement multiple. Le premier, c’est La Fayette, à la fin du XVIIIe siècle, et le dernier, il n’est pas encore né puisque c’est dans le futur !
Dans le cas de Tempête quantique, l’intervention de Thierry Mornet a donc été relativement limitée, notamment au niveau du lettrage.
Thierry Mornet :
Parce que Jean-Marc Lainé, c’est un fou du lettrage. S’il voit un truc qui est mal lettré, il va péter un boulon, il va te faire une Jean-Marc Lainé ! Il aime bien contrôler le lettrage des récits qu’il écrit. Il n’y avait rien à contrôler de ce côté-là. Tout dépend du matériel qui m’est fourni. Généralement, quand ça vient de l’extérieur, je me contente de l’éditer et je demande que les récits soient lettrés. Ça fait moins de boulot et moins d’argent à dépenser. Sur des projets comme ça, qui sont vraiment des petits projets, [c’est le nerf de la guerre]. C’est un projet qui n’est pas à même d’intéresser un gros éditeur, c’est entièrement auto-édité. C’est de la micro-édition, de l’artisanat, je n’ai pas peur de le dire. C’est fait comme ça et ça marche comme ça.

Le fascicule, ou comment composer le numéro 19
Maintenant que Tempête quantique est bouclé, il faut établir le sommaire du 19e numéro dans lequel va s’intégrer ce récit.
Thierry Mornet :
Il y a un récit de [Jean-Jacques] Dzialowski. J’ai repiqué un récit d’Ozark d’il y a plus de 20 ans, celui avec la première apparition de Doc Zarbi. […] J’ai fait mettre cet épisode en couleurs et je l’ai réédité. Tout ça se situe dans un seul et même univers commun qui est l’univers Hexagon, l’ex-univers Semic.

Thierry Mornet :
Et le troisième récit qui figure dans ce numéro 19 est écrit également par quelqu’un d’autre [que moi], Pierrick Colinet. C’est le copain à la ville d’Elsa Charretier et on se connaît depuis très longtemps puisqu’ils avaient déjà fait un épisode ensemble dès le numéro 3 que j’avais édité. Dans ce cadre-là, c’est moi qui me charge du lettrage, de retoucher un certain nombre de dialogues, d’éditer vraiment le boulot de départ parce que c’est un récit qui a été écrit il y a très longtemps et dessiné il y a très longtemps. Je n’avais pas eu l’occasion de le publier. Et puis derrière, je me charge de faire les traits, tout ça, et de faire mon boulot d’éditeur, en fait.
Ce troisième récit écrit par Pierrick Colinet est illustré par Jon Lankry. Le numéro 19 ne se contente donc pas de publier Tempête quantique : il replace aussi cette histoire dans un ensemble plus large, lié à l’univers Hexagon et à l’héritage Semic.
La couverture du Garde Républicain #19
Pour orner ce 19e numéro, Thierry Mornet a demandé une illustration de couverture à deux artistes : Guile Sharp pour la version régulière et Aleksi Briclot pour une version collector limitée à 70 exemplaires.
Thierry Mornet :
Aleksi, c’est un pote, je le connais depuis qu’il a 16 ans. Il fait partie de la famille comme Stéphane Louis, comme Jean-Jacques Dzialowski, Nathan Legendre, Fred Grivaud, Jean-Marie Minguez, une ribambelle de mecs qui ont fait leurs premières armes dans les pockets de Semic. Et aujourd’hui, pour certains, ils font carrière. Ou alors continuent, même si ce n’est pas leur métier, à dessiner, à faire des choses. Ce sont des invités privilégiés, [tout comme les] copains américains, anglais ou espagnols, avec qui j’ai le plaisir de collaborer déjà professionnellement, car c’est mon job. Mike Perkins, Andrei Bressan, Mike Mignola, Eric Powell, Tony Moore, beaucoup de dessinateurs de comics, mais aussi de BD franco-belge, m’ont fait l’honneur de mettre en scène le Garde, souvent le temps d’une illustration, parce qu’ils n’ont pas forcément le temps. Et puis je paye tellement mal, de toute façon. Je suis très loin des tarifs professionnels, c’est évident. Si c’était un projet pour gagner de l’argent, ça se saurait. Ce qui anime tout ça, c’est l’envie de faire quelque chose, l’amitié, le fun. On a un projet avec Stéphane Louis, qui a repris Aquablue il n’y a pas longtemps. Ça fait trente ans que l’on se connaît. Ça fait toute la différence. Parce que l’envie est là, c’est un mec de la famille.

La diffusion, entre micro-édition et passion
Après avoir conçu ce numéro 19, Thierry Mornet doit le faire imprimer. C’est évidemment le poste le plus lourd financièrement pour l’éditeur.
Thierry Mornet :
Le Garde Républicain reste un projet de micro-édition, entièrement porté “à bout de bras”, c’est-à-dire financé uniquement sur mes deniers personnels. J’arrive à sortir un numéro quand j’ai assez d’argent pour payer l’imprimeur. C’est pas du tout avec ça que je vais me payer une île aux Bahamas parce que ça rapporte que dalle. J’essaie surtout de ne pas perdre d’argent.
De fait, la diffusion des épisodes du Garde Républicain se fait sur un mode restreint.
Thierry Mornet :
J’ai opté – dès le départ – pour l’auto-diffusion et l’auto-distribution. Cela signifie que je ne m’adjoins pas les services d’un diffuseur (qui généralement prend entre 55 et 60% du montant du prix de vente public) pour diffuser (c’est-à-dire proposer un ouvrage aux libraires) et distribuer (c’est-à-dire opérer les envois et facturer les libraires).Autant dire que le “modèle économique” ne peut absolument pas supporter le coût d’un tel intermédiaire.
En l’occurrence, les divers numéros du Garde (une vingtaine de numéros de la série régulière et autant de numéros spéciaux : “Spécial Vacances”, “Spécial Noël”, “Annuel”, etc.) sont donc vendus selon trois canaux principaux : la VPC (vente par correspondance), la vente directe opérée sur les festivals où je suis présent et la vente via la boutique de l’attraction “Étincelle et la malédiction de l’opale noire“ au Futuroscope de Poitiers pour principalement le 1er et le 2e numéro (même si cela ne rapporte quasiment rien, compte tenu des remises consenties. Mais cela sert de vitrine et donne de la visibilité et de la crédibilité au projet).
Plus que jamais, pour Thierry Mornet, faire de la BD et faire vivre le Garde Républicain est une question de passion.
Thierry Mornet :
L’écriture – lorsque ce sont mes récits -, tout le travail d’édition, l’envoi des fichiers chez l’imprimeur, les expéditions aux lecteurs, etc., tout cela est réalisé sur mon temps libre. Je n’ai pas d’autre choix pour “faire vivre“ ce projet que de procéder ainsi. L’idée est de le maintenir pérenne,… tant que cela m’amuse de le faire.
Un système qui a ses limites, bien sûr, mais Thierry Mornet y trouve malgré tout son compte.
Thierry Mornet :
Cela peut parfois être frustrant de ne pas parvenir à toucher plus de lecteurs. En revanche, c’est très satisfaisant de voir que le projet est cependant parvenu à fédérer une communauté fidèle… Et SURTOUT, je jouis d’une TOTALE liberté éditoriale et d’action sur Le Garde.
Une liberté qui lui permet d’inviter qui il veut à travailler sur son “bébé”. Les copains, les membres de la “famille”, comme Jean-Marc Lainé et Jim Arden, deviennent ainsi de véritables parrains pour sa création. Au grand plaisir de Thierry Mornet, qui ne demande qu’à réitérer l’expérience.
Thierry Mornet :
J’espère – en ce qui me concerne – que nous aurons l’occasion de remettre cela, que cela soit avec l’un et l’autre des auteurs de “Tempête quantique”.
À voir dans les sommaires des prochains numéros. En attendant, vous pouvez déjà éplucher ceux de la quarantaine de publications autour du Garde Républicain. Il y a fort à parier que vous y trouverez des auteurs et des récits qui vous marqueront, de la même manière que Tempête quantique l’a fait au fil de ce dossier.
Retrouvez toute la série :
Partie 1 : les premières idées
Partie 2 : notes préparatoires et premiers croquis
Partie 3 : écrire et illustrer le scénario
Partie 4 : encrage, couleurs et dialogues
Comment se procurer les aventures du Garde Républicain ?
Notre série d’articles sur sa confection vous a donné envie de lire Tempête quantique dans Le Garde Républicain #19 ? De découvrir la saga du Garde Républicain depuis le numéro 1 ? Ou de compléter votre collection ? Plusieurs solutions existent.
Thierry Mornet tient régulièrement un stand dans les festivals BD. Les numéros 1 et 2 sont disponibles dans la boutique de l’attraction Étincelle et la malédiction de l’Opale noire au Futuroscope de Poitiers. Et, bien évidemment, la vente par correspondance reste possible. Vous pouvez utiliser le bon de commande ci-dessous et le faire parvenir à Thierry Mornet, ou visiter la page dédiée au Garde Républicain sur le site de Rivière Blanche / Hexagon Comics.

Ce qu’il faut retenir de cette dernière étape
Quel est le rôle de Thierry Mornet dans Le Garde Républicain #19 ?
Thierry Mornet intervient comme éditeur, créateur du personnage et maître d’œuvre du numéro. Il veille à la cohérence du Garde Républicain, compose le sommaire, supervise l’édition et organise l’impression puis la diffusion.
Quels récits figurent dans Le Garde Républicain #19 ?
Le numéro comprend notamment Tempête quantique, un récit lié à Ozark avec la première apparition de Doc Zarbi, ainsi qu’une histoire écrite par Pierrick Colinet et dessinée par Jon Lankry.
Qui signe les couvertures du Garde Républicain #19 ?
La couverture régulière est signée Guile Sharp, tandis qu’une version collector limitée à 70 exemplaires est illustrée par Aleksi Briclot.
Comment Le Garde Républicain est-il diffusé ?
Le Garde Républicain est diffusé en auto-diffusion et auto-distribution, principalement par vente par correspondance, en festivals BD et via la boutique de l’attraction Étincelle et la malédiction de l’Opale noire au Futuroscope pour les premiers numéros.
Où peut-on acheter Le Garde Républicain ?
Les albums peuvent être achetés auprès de Thierry Mornet lors de festivals BD, via la vente par correspondance, ou en consultant la page dédiée au Garde Républicain sur le site de Rivière Blanche / Hexagon Comics.




