Il n’y aura pas de 53e édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême en janvier prochain. Ce qui était devenu un secret de polichinelle depuis le retrait des éditeurs et des subventions publiques est désormais officiel.
Ce lundi 1er décembre 2025, la société organisatrice 9eArt+ a confirmé que le festival « ne pourra matériellement pas avoir lieu ». Mais loin de faire amende honorable, l’entreprise de Franck Bondoux contre-attaque et rejette la faute exclusive sur les pouvoirs publics, comme le rapporte Charente Libre ce matin.

9eArt+ accuse les collectivités
Dans un communiqué signé par Me Vincent Brenot et Me Ghislain Minaire, avocats de 9eArt+, l’organisateur pointe du doigt « une décision unilatérale prise sans concertation par les financeurs publics ».
Selon la société privée, c’est le refus de la Ville, de l’État et de la Région de verser les subventions (annoncé le 20 novembre) qui a rendu l’événement impossible. Les avocats estiment que cette prise de parole politique a envoyé un signal négatif, provoquant « inéluctablement » le retrait des partenaires et exposants.
Une lecture des faits que beaucoup qualifieront de réécriture de l’histoire, puisque le boycott massif des auteurs et le retrait des grands éditeurs (pour comprendre les racines du conflit, lisez notre dossier récapitulatif complet) avaient été actés avant la décision des financeurs de couper les vivres.

Bataille juridique en vue pour 2027 ?
Au-delà de l’annulation de 2026, c’est l’avenir qui se joue désormais sur le terrain juridique. Alors que l’Association FIBD et les collectivités souhaitent tourner la page et mettre en place une nouvelle gouvernance pour 2027, 9eArt+ rappelle qu’elle détient toujours le contrat.
L’organisation de l’édition 2027 « appartient juridiquement à 9eArt+ », martèlent les avocats, dénonçant une volonté des acteurs publics d’évincer l’organisateur historique « en dehors de tout cadre légal ». Franck Bondoux réclame désormais une « solution concertée » pour une transition. En clair : la bataille pour les indemnités et les conditions de départ ne fait que commencer.
Pour les festivaliers, la conclusion est plus simple et plus triste : Angoulême sera bien silencieuse fin janvier.
Ce qu’il faut retenir (FAQ)
L’annulation du FIBD 2026 est-elle officielle ?
Oui. Ce lundi 1er décembre, les avocats de l’organisateur (9eArt+) ont confirmé que l’édition ne pouvait pas se tenir matériellement.
Pourquoi l’organisateur attaque-t-il les élus ?
9eArt+ affirme que c’est la coupe des subventions publiques qui a tué le festival. Une défense qui omet le boycott massif des éditeurs et auteurs qui avait lieu avant cette décision.




