Rick Remender est un scénariste qui a la cote. Surtout avec ses récits indépendants du style Deadly Class ou Black Science, mais aussi ceux pour Marvel, comme Uncanny Avengers avec déjà le dessinateur Daniel Acuña. Plutôt spécialisé dans l’outrance et la provocation, le scénariste arrive cette fois-ci à proposer un récit sans trop d’exagérations, mais qui reste finalement un peu vain. La mise en images de Daniel Acuña est en revanche absolument phénoménale.

Voici notre avis concernant Escape, publié chez Urban Comics dans la collection Grand Format Urban.

Sommaire

Coincé derrière les lignes ennemies

Escape est un récit qui rend hommage au grand-père de Rick Remender, aviateur durant la Seconde Guerre mondiale. L’auteur le précise au tout début de son récit. Le livre nous détaille un monde semblable au nôtre, mais composé uniquement d’animaux à forme humaine. Et cet univers anthropomorphique se livre une véritable guerre, semblable à notre Deuxième Guerre mondiale.

On suit alors Milton Shaw, pilote de bombardier qui a laissé derrière lui une femme enceinte et qui doit lâcher une ultime bombe sur un empire de chauves-souris impitoyable. Malheureusement, l’avion de Milton se fait abattre et le voici donc seul, derrière les lignes ennemies, essayant de survivre dans les décombres d’une ville qu’il a aidé à raser.

Milton n’a qu’un seul but : abattre le super canon qui trône au beau milieu de la ville et qu’il a raté, pour que ses alliés puissent finir le travail le lendemain en toute sérénité. Poursuivi par les milices de l’empire chauve-souris, il va devoir faire alliance avec les mêmes personnes qu’il a parfois essayé de tuer.

Page intérieure du tome 1 de Escape, par Rick Remender et Daniel Acuña.

Un récit humaniste, mais qui traîne en longueur

Il y a plusieurs thèmes abordés dans ce récit, un peu plus subtil que ceux que Rick Remender a l’habitude de proposer. En effet, derrière la guerre et l’action, l’auteur nous propose toute une réflexion sur les conséquences des bombardements et leurs victimes parfois involontaires. C’est un point important de la bande dessinée.

Par exemple, lorsqu’il est poursuivi, Milton doit parfois obtenir l’aide d’habitants qui, certes, ont été persécutés par cet État totalitaire, mais qui ont aussi subi les bombardements occasionnés par les alliés de Milton. Le thème est classique, mais plutôt intéressant. On ressent aussi dans le récit toute l’attention que Remender porte à son grand-père, qu’il regrette de ne pas avoir plus connu.

Utilisant des références et des documents, il nous livre une description plutôt réaliste de la guerre et de ce que les soldats de l’époque ont vraisemblablement traversé. Alors que les personnages sont des animaux.

Et c’est le premier reproche que je pourrais faire ici. Il arrive souvent que les artistes utilisent des animaux à forme humaine pour faire passer des idées. Ce n’est pas un phénomène nouveau et, souvent, cela permet une allégorie intéressante. On peut penser récemment à Animal Pound de Tom King et Peter Gross, qui permettait de faire une caricature de l’Amérique de Trump de manière détournée. Parfois, il s’agit aussi de montrer le courage, comme Mouse Guard de David Petersen, où de toutes petites souris affrontent vaillamment des menaces cent fois plus grosses qu’elles.

Ici, l’idée de prendre des animaux à la place des humains ne fait pas sens. D’ailleurs, Remender explique ici que cette idée n’est là que pour susciter un peu plus d’empathie de la part de ses lecteurs. Ce qui ne sert de fait pas à grand-chose. Pourquoi avoir choisi un chien ? Des chauves-souris ? En dehors de l’aspect graphique, cela n’apporte rien de plus à ce stade dans l’histoire, qui n’aurait absolument pas été différente avec des êtres humains.

On pourra aussi reprocher à Escape une certaine longueur, qui est contradictoire avec son idée de proposer une aventure nerveuse et pleine de suspense. Vous avez un pilote prisonnier derrière des lignes ennemies, qui doit abattre une tour en moins de 24 heures, qui est poursuivi par des chauves-souris nazies, et tout ça en douze numéros ! C’est trop long. Le récit traîne en longueur et passe beaucoup de temps à détailler des scènes un peu vaines, comme toute cette partie en flashback sur la vie de Milton. On comprend qu’il s’agit d’un hommage à son grand-père, certes, mais ça freine le rythme de l’histoire.

Page intérieure de Escape tome 1, publié chez Urban Comics.

Des dessins magnifiques

Ces quelques errances au sein du récit n’empêchent pas en revanche Daniel Acuña de livrer une prestation exceptionnelle. Au fil du temps, son dessin se fait de plus en plus précis, de plus en plus délicat et c’est largement digne des meilleurs dessins de franco-belge.

De fait, Acuña arrive parfaitement à saisir l’esprit de l’anthropomorphisme, avec ce Milton très massif, très carré, et ces chauves-souris dont le design fait bien évidemment penser aux uniformes nazis. C’est assez sombre, mais plutôt bien détaillé, et l’action est parfaitement rythmée dans la narration graphique. On peut lire Escape uniquement pour ses dessins.

Planche extraite du tome 1 de Escape, dessiné par Daniel Acuña.

Ce que l’on retient de Escape

Quels sont les points forts et les points faibles de Escape ?
Escape propose un récit anthropomorphique de guerre assez sobre et bourré d’action, porté par les dessins exceptionnels de Daniel Acuña. En revanche, son scénario se montre parfois trop long et manque de rythme.

Qui sont les auteurs de Escape ?
Escape est un récit de Rick Remender et Daniel Acuña. Les deux artistes avaient déjà travaillé ensemble sur Uncanny Avengers pour Marvel Comics.

Est-ce un récit destiné à tous ?
Contrairement à une grande partie des récits de Remender, Escape est certes violent et brutal, mais sans surenchère. Il peut être lu par les lecteurs les plus sensibles sans difficulté.

Quelles sont les caractéristiques de l’édition Urban Comics ?
L’album est publié chez Urban Comics dans la collection Grand Format Urban. Il contient 168 pages et reprend les épisodes VO Escape #1-6. La fiche officielle est disponible sur le site d’Urban Comics.

Où se procurer le comic book ?

Ce tome 1 de Escape est disponible depuis le 7 mai 2026 chez Urban Comics et contient les épisodes VO : Escape #1-6.

Édité dans la collection Grand Format Urban, cet album de 168 pages est proposé au prix de lancement de 15 € jusqu’au 31 mai 2026, avant de passer à 21,50 €. Vous pouvez le commander via le lien ci-dessous ou le retrouver chez votre libraire.

Couverture de Escape tome 1, par Rick Remender et Daniel Acuña, chez Urban Comics.
Découvrir Escape tome 1 chez Urban Comics

 

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