Il y a quelques semaines, je vous racontais dans Wall Street XP comment Disney, après avoir perdu un peu de sa magie, lançait une contre-offensive digne de ses plus grands blockbusters.
Acte I : la prise de contrôle totale de Hulu, pour préparer une super-appli unifiée capable de rivaliser avec Netflix et Amazon.
Acte II : le grand procès contre Midjourney, symbole de la défense acharnée de ses trésors culturels face à l’IA.
Acte III : la rédemption en bourse, avec un recentrage sur ses valeurs familiales, le carton de Lilo & Stitch et un rebond du titre de 82 à 118 dollars.
Aujourd’hui, la saga continue. Et dans ce nouvel épisode, Mickey sort encore de nouveaux tours de son chapeau : intégration complète de Hulu et Disney+ dans une seule application, offensive massive dans le sport avec la NFL, et parcs d’attractions en pleine expansion. Sans oublier un troisième trimestre où les chiffres affichent une santé retrouvée… même si quelques nuages se profilent encore à l’horizon.
Les chiffres qui font la magie
Le rideau s’ouvre sur le troisième trimestre fiscal de Disney et, comme dans un bon blockbuster, les effets spéciaux sont au rendez-vous… mais quelques plans restent perfectibles.
Chiffre d’affaires : 23,65 milliards de dollars, soit une progression de 2 % sur un an. Pas de quoi faire tomber les popcorns, mais suffisant pour maintenir l’attention du marché, même si le score final reste légèrement en dessous des attentes des analystes.
Bénéfice net : 5,26 milliards de dollars. Oui, vous avez bien lu : c’est plus du double de l’an dernier. Un bond spectaculaire, propulsé par un joli coup de pouce fiscal.
Bénéfice par action ajusté : 1,61 dollar, en hausse de 16 % et, surtout, au-delà de ce qu’espérait Wall Street. Une performance qui donne un peu plus de coffre à la voix de Mickey face aux investisseurs.
Streaming : 6,2 milliards de dollars de revenus, +6 % sur un an, et surtout un résultat opérationnel positif de 346 millions. Après des années passées à ramer dans le rouge, le paquebot Disney+ (accompagné de Hulu) montre enfin qu’il peut naviguer à vitesse de croisière rentable.
Abonnés : 183 millions au total pour Disney+ et Hulu, soit 2,6 millions de plus qu’au trimestre précédent. Dans le détail, Disney+ progresse de 1,8 million, confirmant qu’il reste capable de séduire au-delà des fans de Marvel et de Star Wars.
Parcs et croisières : 9,1 milliards de dollars de recettes, +8 % sur un an. Ici, pas de mystère : on dépense plus par visiteur, on embarque plus de passagers… et le lancement du nouveau navire Disney Treasure vient enrichir la flotte d’une pièce maîtresse pour écumer la mer des profits (et remplir la piscine de Picsou).
La Force est avec eux
Du côté lumineux de la galaxie, on trouve un alignement d’étoiles prometteur.
- Streaming consolidé : fusionner Hulu et Disney+ dans une seule application, c’est mieux qu’un simple coup de pinceau sur l’interface. C’est l’équivalent d’un crossover Marvel : des univers qui se mélangent, des publics qui se croisent, et un marchandisage publicitaire qui peut enfin jouer à plein régime. Moins de désabonnements, plus d’engagement, et potentiellement un meilleur ARPU (Average Revenue Per User, pour les padawans de la finance).
- Power-up sportif : le 21 août, ESPN se lance en direct-to-consumer avec, dans ses bagages, le NFL Network, la chaîne RedZone et NFL Fantasy. Un deal qui donne à la NFL 10 % d’ESPN, mais qui offre à Disney un droit d’entrée privilégié sur la planète football américain, territoire médiatique aussi lucratif qu’une mine de vibranium.
- Parcs & croisières : expansions spectaculaires à travers le monde (Frozen, Cars, Avatar), sans oublier deux nouveaux navires en 2026 pour conquérir encore plus de ports et de portefeuilles.
Les menaces fantômes
Mais comme dans tout bon space opera, les nuages noirs ne sont jamais bien loin.
Chine : ralentissement économique, baisse des dépenses par visiteur… l’Empire du Milieu, loin de contre-attaquer, n’offre plus la même manne, et Disney doit ajuster ses ambitions.
Guerre des contenus : Netflix, Amazon Prime Video, et une myriade d’acteurs locaux affûtent leurs sabres laser. La bataille pour l’attention ne se gagne pas seulement avec de belles licences, mais avec une cadence de sorties et un rapport qualité-prix que les concurrents savent manier.
Coûts de production streaming : si la croissance d’abonnés faiblit, les marges encore fragiles pourraient se faire saboter plus vite qu’une hyper-propulsion de contrebande.
Mon avis sur la firme aux grandes oreilles
Selon moi, Disney est en pleine reconstruction stratégique. Le streaming repasse enfin au vert, le sport devient un levier majeur, et les parcs continuent de cracher du cash comme un distributeur enchanté.
En ce moment, Disney représente la quatrième valeur la plus représentée au sein de mon portefeuille, un peu au-dessus de 5 %. Et je viens juste d’en reprendre, suite à une chute de 7 % durant la semaine. Si la baisse devait se réitérer, je profiterais certainement des soldes. Mon horizon : 2026, quand la super-appli Hulu/Disney+ sera en place et qu’on aura les premiers chiffres post-intégration ESPN/NFL.
Ce que je surveillerai ensuite :
- le lancement et l’adoption de l’ESPN DTC le 21 août,
- l’évolution du taux d’attrition après la fusion Hulu/Disney+,
- les chiffres du quatrième trimestre sur la fréquentation des parcs et croisières,
- la réaction des marchés aux résultats 2026.

Avant de clore ce rapport de mission et de retourner sur Coruscant, n’oubliez pas les règles du tir de précision chez les Stormtroopers : le marché boursier est un champ de bataille sans garantie de victoire, la valeur de vos investissements peut aussi bien monter que descendre. Ne misez que ce que vous êtes prêt à perdre. Ce contenu est rédigé à titre informatif et n’est en aucun cas un conseil en investissement. Toute décision d’investissement doit être prise après une analyse approfondie et indépendante. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.
Pour me suivre sur eToro : https://www.etoro.com/people/edmondtourriol
Mon lien de parrainage : https://etoro.tw/488Ya6y




