Suite et fin de notre série d’articles sur le run d’Ed Brubaker sur Captain America. Après avoir parlé de l’ambiance, de Red Skull et des Cubes Cosmiquesdes retours de Bucky et de tous les Captain America officiels, du clone du Capitaine, de Sin, la fille de Red Skull, et des personnages secondaires utilisés par le scénariste américain et des grands adversaires du Vengeur Étoilé, en voici deux derniers, et non des moindres : Batroc et Ameridroid.

4- BATROC :

Batroc

Georges Batroc est né à Marseille. Il s’engage dans la légion étrangère où il devient un expert dans l’art de la savate (variante de la boxe française). Il devient mercenaire et se retrouva souvent sur le chemin de Captain America. Il apparaît pour la première fois dans Tales of suspense 75 (1), où il doit voler un composé chimique incendiaire à l’Agent 13 (qui se révélera plus tard s’appeler Sharon Carter dont c’est aussi la première apparition apparition) pour le compte de Them (AIM).

Batroc dans Captain America #252 - page 8
Il enlève Sharon lors de sa deuxième apparition pour attirer le Captain et le livrer à l’Hydra. Il finit par se retourner contre eux quand ces derniers tirent sur le héros en profitant du combat (2). Car ce qui différencie Batroc, d’autres vilains, c’est qu’il veut triompher loyalement. Il est capable de tuer mais respecte un certain code d’honneur. On pourra remarquer qu’il s’allie à des gens bien peu recommandable comme Mr Hyde (3), Hydra, Baron Zemo (4) ou Zaran.

Au fil du temps, il crée plusieurs Brigade de Batroc, pour l’aider face aux super-héros.
La première est constituée du Living Lightning et du Swordsman (5); la deuxième du Porcupine et de Whirlwind (6). La dernière sera constitué de Zaran et Machette (7). Seule cette dernière perdurera au delà d’une mission.

Batroc BatrocUne relation particulière le lie à Rogers. Au moment où le sérum du super-soldat finit par ne plus avoir d’effets et à paralyser petit à petit le héros jusqu’à la « mort », c’est à lui qu’il se confie plutôt qu’aux Avengers (8).

Captain America

Depuis Brubaker, on le retrouve dans Deadpool puis la série All-New Captain America avec Sam Wilson.

 

(1) Tales of Suspense #75-76 traduits dans Eclipso #42 (Arédit Comics Pocket) et dans Captain America : l’Intégrale 1964-1966 chez Panini.
(2) Tales of Suspense #85 traduit dans Eclipso #49 et dans Captain America : l’Intégrale 1967-1968 chez Panini.
(3) Captain America #251-252 traduits dans Captain America 2 (Arédit Artima color nouvelle formule), Captain America : Souvenirs et Combats (Collection privilège Semic), Captain America : La légende vivante (collection Best of Panini).
(4) Captain America #357-362 (inédit en VF).
(5) Captain America #105 traduit dans Thor #1 (Arédit Collection Flash Pocket) et dans Captain America : l’Intégrale 1967-1968 chez Panini.
(6) Captain America #130 traduit dans Captain America #3 (Arédit Artima color marvel superstar) et dans Captain America : l’Intégrale 1970 chez Panini.
(7) Captain America #302-303 (inédit en VF).
(8) Captain America #443 (inédit en VF).

 

5- AMERIDROID

Ameridroid dans Captain America

Un drôle de personnage que celui-ci ! Il est même très kitsch mais pas inintéressant. Au départ, nous avons Lyle Dekker, agent du Red Skull infiltré sur le tournage du serial «Captain America » (1) dans les années 40 pour saboter ce film. Il sera démasqué par Rogers et Bucky. Son échec est puni par le Skull qui le laisse apparemment noyé. Il est sauvé par des pécheurs de Terre-Neuve.
Au moment de sa première apparition dans Captain America Volume 1 #218-221 (2), Steve Rogers s’interroge sur son identité. Il a peu de souvenir de qui il était avant de devenir le vengeur étoilé — en fait, les auteurs n’avaient que peu développé tout cela.

Notre héros tombe sur un enregistrement des Avengers qui fait mention de terre-neuve et s’y rend. Là, il est capturé par Dekker, qui a entretemps développé une organisation là-bas. Grâce à une sorte de sonde mentale, il lui rappelle leur première rencontre. En fait quand Rogers et Bucky tombent de l’avion piégé de Zemo en 1944 (ou 45 selon les époques) ; ils tombent dans la manche. Là, Dekker retrouve le corps du Captain et le ramène à Terre-neuve. Le nazi tente de changer de corps avec notre héros. Suite à un combat, Rogers s’échappe dans un avion rempli de gaz. Il s’échouera dans l’Océan. Cela permet d’expliquer que le corps de Steve soit retrouvé dans le cercle arctique après avoir disparu dans la Manche mais aussi que son hibernation est due au gaz (3).
Bref, Dekker a attendu le retour du héros toute ses années avec un nouveau plan : transférer la force vitale du Captain dans un robot Géant avant d’y projeter sa conscience.

Captain America

Bonjour Immortalité et pouvoir ! Et ça marche ! Notre méchant et ses hommes terrorisent Terre-neuve mais soudain l’Ameridroid s’arrête. Il vient de réaliser qu’il est pathétique et sera considéré comme un monstre ou un phénomène de foire. Il arrête la bataille et part dans la vaste nature canadienne pour tenter de trouver un sens à sa nouvelle existence.

Une fin typique de Steve Gerber qui dans les années 70, avant Moore ou Miller,  détourne les codes des comics ou place souvent un discours politique et social dans ses œuvres (Man-Thing, Son Of Satan, Omega the unknown, Defenders ou Howard The Duck). Là, il se moque des plans « géniaux » des vilains qui souvent n’ont aucun sens sauf dans une fiction. Il sera le premier a présenter des origines où Steve Rogers apparaît comme un artiste dans une famille aisée, ayant un frère tué durant l’attaque japonaise sur Pearl Harbor (même si elles seront retconnées assez vite dans le run de Stern et Byrne). Il faut noter qu’il ne signe que l’épisode de conclusion. Don Glut était le créateur du personnage.

Captain America
L’Ameridroid réapparaît dans Captain America, Volume 1 #261-263 (4) où il subit un lavage de cerveau par le Red Skull pour essayer de discréditer Rogers. Dekker mettra fin à la menace en sacrifiant sa vie.

Red Skull dans Captain America

La seule autre mention avant Brubaker est l’apparition de sa tête, gardée comme trophée dans la Skullhouse (Captain America, Volume 1 #370) (5).

Red Skull dans Captain America

 

(1) Un serial est une forme de feuilleton qui passait au cinéma dans les années 40. Celui qui est évoqué a d’ailleurs existé et a été produit par les studios Republic. Il a été réédité en DVD aux USA mais est visible sur YouTube par exemple.
(2) Traduit en VF dans Captain America #20 « L’Ameridroïd attaque » chez Arédit, collection Artima Color Marvel.
(3) On n’a plus jamais fait référence à ses événements. Difficile de savoir s’ils sont encore en continuité.
(4) Traduit dans Marvel Classic (2° série) #5 chez Panini.
(5) Inédit en VF.

 

Cela termine ce tour d’horizon personnel et non exhaustif de l’utilisation de la continuité et de la mythologie propre à la série Captain America par Ed Brubaker.

Merci à Ed Tourriol et à l’équipe de Superpouvoir pour la proposition et pour l’aide et la relecture. Vous êtes des chefs !

Merci à vous lecteurs en espérant que cela vous aura intéressé.

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