Batman : à la vie à la mort (Urban Comics)

Durant sa très longue carrière (80 ans l’année prochaine !), Batman a connu un très grand nombre de grandes histoires. Celles qui marquent. Celles qui vous touchent. Cependant, c’est bien connu, ce qui est d’une grande valeur est bien souvent rare, et il suffit de lire le titre régulièrement pour s’en rendre compte.

Quand au détour d’un Annual, obsédé par la relation entre Batman et Catwoman, mais débarrassé des contraintes de la série régulière, Tom King écrit un véritable petit bijou d’émotions. Le scénariste dépeint la relation entre les deux personnages comme une éternelle chasse entre un chat et une souris. Véritable amour vache, ils n’ont de cesse de se poursuivre, de se manipuler, de faire attention l’un à l’autre. Personne ne les comprend aussi bien qu’ils se comprennent. Personne ne les connait comme eux se connaissent.

Batman : à la vie à la mort (Urban Comics)

Alors que les séquences défilent, le temps aussi. Et c’est une autre grande surprise de ce récit, qui n’est pas figé dans le temps, bien au contraire. Témoin de ce jeu de séduction, nous prenons plus de recul encore et devenons témoins de leur propre vie. Loin des puissants super-héros, véritables dieux vivants qui composent l’univers de DC, Tom King nous rappelle à quel point Bruce et Sélina sont humains.

Visuellement, Lee Weeks est au sommet. Son trait spontané est toujours juste. Il sait être expressif et efficace sans jamais être brouillon. Loin des planches fourre-tout de certains comic books, Weeks met son dessin au service de l’histoire, tout en n’hésitant pas à utiliser des pleines voire des double-pages – toujours dans l’intérêt du récit, de créer des émotions.

L’artiste sait peindre l’univers de Batman, et joue avec les ombres omniprésentes. D’ailleurs, l’éditeur a profité du Batman Day (ce samedi 15 septembre) pour proposer une édition noir et blanc qui vous permettra d’apprécier plus encore le travail de Lee Weeks. Notez que la version couleurs – qui est l’édition régulière, disponible dans toutes les librairies – garde le plaisir de lecture intacte, ayant pour parti pris de garder la spontanéité et la dynamique du dessin.

Batman : à la vie à la mort (Urban Comics)

Vous y trouverez également un second récit des même auteurs, mais n’ayant absolument aucun rapport. Un hommage aux films noirs, où Batman croisera la route d’Elmer Fudd, le Looney Tunes – vous savez, le chasseur dans les dessins animés de Bugs Bunny. Aussi incongru que puisse paraître ce cross-over, ça reste un chouette moment de lecture. D’ailleurs, nous avions posté les premières pages lors de sa sortie VO, si vous désirez vous faire une idée.

Malgré un récit bien trop court, À la Vie à la Mort est un indispensable comme on n’en lit plus. Sans grands combats, super villains surpuissants ni même le moindre monstre, Tom King et Lee Weeks nous racontent la plus grande des aventures de Batman.

Batman : à la vie à la mort, Urban Comics, disponible depuis le 7 septembre 2018, 13,5 euros.

Batman : à la vie à la mort (Urban Comics)

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