The Moon is Following Us est la toute nouvelle mini-série de celui qu’on surnomme la coqueluche du monde des comics de 2024 : Daniel Warren Johnson (Transformers, Wonder Woman Dead Earth, Do A Powerbomb). Contrairement à la plupart de ses mini-séries, il ne signe pas les dessins mais est accompagné du très talentueux Riley Rossmo, ce qui est toujours un gage de qualité.

Hélas, The Moon is Following Us se présente rapidement comme une histoire tiédasse dont les tenants et les aboutissants ont déjà été des centaines de fois développés dans des centaines d’autres séries du même genre. Si la lune nous accompagne, l’ennui aussi.

© Daniel Warren Johnson & Riley Rossmo

Ce qu’on retient de The Moon is Following Us

Points forts

  • De bons dessins
  • Une histoire qui se suit quand-même bien

Points Faibles

  • Une histoire longue, pas originale du tout et très répétitive
  • Une mini-série qui n’arrive pas à se démarquer de la masse des autres séries de ce type

 

Sommaire

DWJ ne quitte pas sa zone de confort

Duncan et Sam forment un couple heureux avec leur petite fille, qu’ils chérissent plus que tout et qu’ils protègent de leur mieux. Une famille américaine classique et banale. Sauf qu’un jour, Penny tombe dans un coma étrange : elle ne se réveille plus. Et pour cause, une force maléfique et onirique, la Cascade, a envahi son esprit et ses rêves. Aidé par un sorcier et tous les jouets imaginaires de leur progéniture, Duncan et Sam vont devoir plonger dans la psyché de Penny pour la réveiller. Il leur faudra faire face à des traitrises de tous bords mais aussi à la représentation symbolique de leurs propres peurs.

Voilà globalement résumé les trois-quarts de l’histoire. Vous pouvez passer à autre chose. Daniel Warren Johnson ne quitte pas sa zone de confort en abordant encore une fois la relation parents/enfants mais en l’enrobant cette fois ci dans un sujet vraiment peu original : une enfant prisonnière de ses rêves. On a déjà vu ça des tonnes de fois, que ce soit par exemple dans l’arc A Game Of You de Sandman, mais aussi dans Joe l’aventure intérieure de Grant Morrison et Sean Michael Murphy.

© Daniel Warren Johnson & Riley Rossmo

Une histoire longue et répétitive

Alors, certes, il y a quelques moments forts, comme le secret de Duncan, mais l’auteur n’en fait pas grand-chose finalement, tant son impact est noyé dans des tonnes de combats et de péripéties un peu identiques. On comprend que la thématique qui sous-tend l’ensemble, c’est celle de la protection. Mais elle est à mon sens assénée un peu trop lourdement pour avoir un impact significatif. Allez, en étant honnête, la fin est tout à fait correcte et les quinze dernières pages sont peut-être les plus réussies. Mais il aura fallu arriver jusque-là et avoir lu les 9 épisodes précédents. Avec des redites assez interminables. Les quatre ou cinq premiers épisodes sont une accumulation de batailles identiques, proposant le même schéma : nos héros se battent contre les démons de la cascade, se font tabasser sévère, un des jouets de leur fille vient les sauver, le jouet meurt avalé par le serpent géant, nos héros se reprochent mutuellement leurs erreurs. On a droit à ce schéma au moins trois ou quatre fois dans la première moitié du récit. Et c’est long.

Daniel Warren Johnson reste quand-même un bon scénariste et il va trouver le moyen de relancer son récit à mi-parcours, mais son premier retournement de situation (une trahison) se voit depuis le début et ne semble pas, elle non plus, très originale.

© Daniel Warren Johnson & Riley Rossmo

Des dessins réussis mais…

En toute honnêteté, j’avais surtout pris ce livre pour les dessins de Riley Rossmo. En effet, depuis que j’ai découvert ses dessins dans une mini-série Martian Manhunter, j’avais hâte de le retrouver sur un projet intéressant. Et quoi de mieux pour un dessinateur au style particulier, anguleux, très dans l’exagération, de créer son propre univers ? A priori, on pourrait se dire qu’on ne fait pas mieux. Sauf que dans ce cas précis, Rossmo crée un univers qui lui convient et de fait, son style tout en décalage par rapport à des séries sérieuses devient assez classique.

Il manque dans le graphisme de The Moon is Following Us un petit grain de folie, ce fameux décalage par rapport à des dessins de comic book classiques. Et si le style est original, il est atténué par des designs qui, là non plus, ne tranchent pas par leur originalité. Skottie Young est déjà passé par là. Certains trouveront que voir un nounours la clope au bac avec un bandeau de pirate se battre contre des serpents géants est plutôt fun. Certes, mais combien de fois avons-nous eu droit à ça ? Encore une fois, la partie graphique est irréprochable mais le monde développé dans The Moon is Following Us ne fonctionne plus en 2025, tellement il ne se distingue pas d’autres récits (Oz ou Tellos par exemple, tout autant créatifs mais qui datent d’il y a dix ou vingt ans).

© Daniel Warren Johnson & Riley Rossmo

Une série Image comme les autres

C’est assez amusant de constater que The Moon is Following Us est l’archétype parfait de ce type de mini-séries de ce que les éditeurs indépendants nous proposent au kilomètre depuis quelques temps. Une intrigue entre science-fiction et fantastique, dans un monde tout nouveau tout beau, par des auteurs reconnus avec un titre à rallonge. À une époque, l’éditeur nous proposait des dizaines des titres post-apocalyptiques. Et encore une fois, rien à redire. Si ça marche et si c’est ce que le lecteur veut lire, c’est tant mieux. Mais la recrudescence de ce type de récit a un effet pervers : on a l’impression de toujours lire la même chose. Et cela nuit à la singularité de l’œuvre.

Si je devais résumer The Moon is Following Us en une phrase : un titre Image basique, comme l’éditeur en publie tant.

The Moon Is Following Us, par Daniel Warren Johnson et Riley Rossmo, traduit par Cédric Calas ; disponible depuis le 19 septembre 2025 chez Urban Comics dans la collection Urban Indies, 248 pages, 25 euros.

Couverture de The Moon is following us, chez Urban Comics.

 

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Daniel Warren JohnsonImage Comics

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