On le voit déjà partout sur les réseaux sociaux depuis sa sortie en août dernier chez HiComics : These Savage Shores est un comic book publié aux États-Unis par une petite maison d’édition répondant au nom de Vault Comics, une petite pépite indépendante qui aurait pu échapper au marché hexagonal… mais c’était sans compter sur l’œil de lynx de Sullivan Rouaud (responsable éditorial chez HiComics).

D’ailleurs, maintenant qu’elle est arrivée dans les librairies francophones, elle n’échappera plus à personne. Et le soin apporté à l’objet en lui-même y est très certainement pour quelque chose : avec sa couverture tape-à-l’œil, sa belle édition cartonnée et ses arabesques dorées, c’est un livre selon toute apparence « luxueux » que Hi Comics nous propose à un prix pourtant très abordable.

Le plaisir des yeux est au rendez-vous : Les dessins de Sumit Kumar sont tout bonnement somptueux, ses traits tantôt épais tantôt effacés savent souligner les caractéristiques des différents personnages, leur dureté comme leur douceur et le découpage est très savamment orchestré, si bien qu’une case en appelle automatiquement une autre et suggère parfois un ordre de lecture qui brave son orthodoxie avec brio.

Enfin, les couleurs de Vittorio Astone lient le tout dans un ensemble très cohérent, et surtout très agréable au regard, troquant parfois sa palette de tons froids pour des teintes autrement plus chaudes.

Côté scénario, Ram V. (aussi connu aux États-Unis et en France pour les scénarios de Catwoman et Justice League Dark) mélange légendes transylvaniennes et folklore indien sur fond d’histoire coloniale britannique. These Savage Shores se situe entre récit politique et histoire d’amour : on y suit les aventures de Bishan, un « asura » – sortes d’êtres démoniaques issus de la mythologie hindoue – dans une guerre l’opposant à l’envahisseur britannique, puis une vendetta personnelle contre une cabale de vampires. Mais la violence se mêle aussi très habilement à la poésie du cœur grâce au personnage de Kori, dans un premier temps, mais aussi du petit prince dans un second, qui a tissé un lien très fort avec Bishan.

L’auteur parvient ainsi à amener le sujet de l’histoire coloniale par un biais novateur et, de surcroît, très enrichissant. Dans These Savage Shores, on découvre avec plaisir un pan de la culture hindoue assez peu souligné, et ce, même dans la culture populaire.

Vous l’aurez compris, et son omniprésence sur les réseaux sociaux le souligne : These Savage Shores est une des pépites indépendantes de l’année. La narration y est aussi riche à l’écrit qu’elle l’est dans ses illustrations, et met en scène une rencontre culturelle qui vaut le détour. Du haut de ses 176 pages, le livre est sorti le 19 août dernier au prix de 17,90. La traduction est rondement menée par un Maxime Le Dain en pleine forme et le lettrage par E-Dantès.

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