Rob Liefeld, le créateur de Deadpool, ne perd jamais une occasion de faire parler de lui, ni de gagner du pognon. En avril dernier, il annonçait vouloir surfer sur la mode des NFTs avec la création d'un nouveau groupe de super-héros, the Defiants. Il s'était ensuite retracté, arguant de l'instabilité de ce nouveau marché et ses problèmes environnementaux. Finalement, ces objections n'étaient pas si importantes puisqu'il vient de changer d'avis.

En effet, le 20 janvier prochain, sur la plate-forme Makersplace, Liefeld proposera les NFTs de sa nouvelle création, the Defiants, une "collection disparate de guerriers unis dans la défense de l'humanité ". Et ce n'est que le début. The Defiants ne serait que le premier des quatre titres que Liefeld aurait l'intention de nous faire découvrir dans les prochains mois, toujours semble-t-il via NFT.

Et avouons que, pour lui, c'est tout de même le meilleur moyen de faire de l'argent en créant ces personnages: plus besoin de scénario,  plus besoin de dessiner de planches narratives ou avec des décors. Il suffit de vendre ces concept arts au plus offrant à travers cette nouvelle mode des NFTs.

Les Defiants de Rob Liefeld

Hein ? C'est quoi un NFT ?

Mais, bon sang, nous direz-vous, qu'est-ce que c'est donc que ces NFTs dont on nous rebat les oreilles depuis plusieurs mois ?

Les Non-Fungible Tokens (ou Jetons Non-Fongibles) sont avant tout des données informatiques cryptées. Les NFTs sont basés sur la technologie des blockchains (ou chaînes de blocs), des bases de données cryptées, verrouillées à intervalles réguliers et distribuées en plusieurs exemplaires à ses utilisateurs. Ce système ultra sécurisé se veut infalsifiable puisque des données modifiées frauduleusement à un endroit se verraient automatiquement contredites par les autres copies. Le système des blockchains assure donc une forme d'authenticité totale aux données qui y sont introduites. En l'occurrence,  il peut donc s'agir de NFTs.

Les NFTs peuvent recouvrir tout un tas d'objets numériques comme une image, une vidéo,  une musique, des lignes de codes, etc. Au travers d'un blockchain (comme Ethereum), qui agit comme un notariat numérique, ces objets dématérialisés sont enregistrés et surtout sont valorisé en crypto-monnaie, style Bitcoin ou Ether.

Une édition du GIF Nyancat a été vendu aux enchères par son créateur Chris Torres en février 2021. 

Des objets uniques, authentifiés et qui valent de l'argent, autant dire que les NFTs réinventent, en le caricaturant, le marché de l'art.

C'est ainsi qu'en avril 2021, le dessinateur José Delbo, qui a longtemps dessiné Wonder Woman aux alentours des années 70-80, s'est associé avec un duo d’artistes de Milan, Hackatao, pour vendre certains ses dessins en NFTs. Il en aura récolté pour 1,85 millions de dollars. En août, Marvel Comics s'est lancé dans l'affaire et a écoulé 60 500 NFTs autour de Spider-Man sur la plate-forme VeVe.

Pour autant, les NFTs ne sont pas sans poser quelques problèmes. Les serveurs des blockchains font une consommation énorme d'électricité et une étude parle de véritables gouffres énergétiques.

Autre considération :  si, dans l'absolu, un artiste garde toujours les droits intellectuels et de reproductions de ses œuvres, les NFTs ouvrent la porte à tout un tas d'abus, comme le dessinateur Paul Renaud en a fait les frais récemment. Il a vu un de ses dessins devenir un NFT sans qu'il soit mis au courant. Et on imagine sans peine que les bénéfices d'une éventuelle vente n'iraient certainement pas dans sa poche.

Les NFTs seraient-ils une nouvelle façon de collectionner l'art ? Ou bien serait-ce, tout simplement, une nouvelle bulle spéculative comme sait si bien les créer Internet ?

 

Sources : Bleeding Cool, Wikipedia, The Verge

 

Rob Liefeld

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