La Mort Vivante, par Olivier Vatine et Al

Olivier Vatine continue d’adapter l’œuvre du maître de la SF, Stefan Wul, cette fois avec Alberto Varanda au dessin. Véritable déclaration d’amour aux romans gothiques du XVIII et XIXe siècle, La Mort Vivante est la rencontre improbable entre Frankenstein et Alien.

La Mort Vivante ou le Frankenstein moderne

Sur Mars, un jeune scientifique menant des recherches prohibées est enlevé par une mystérieuse femme recluse sur l’ancienne Terre. Hantée par un terrible drame, celle-ci lui demande l’impossible : ressusciter sa fille morte plusieurs mois plus tôt dans une chute lors de fouilles archéologiques. Voyant ici une opportunité de continuer en toute liberté ses travaux, le scientifique accepte le défi.  Pourtant, on ne redonne pas impunément vie à la Mort…

La Mort Vivante, par Olivier Vatine et Alberto Varanda

Le récit débute dans un futur où la technologie a permis à l’humanité de quitter la Terre mourante pour la planète Mars. Pourtant, la science y est désormais mal aimée, toute recherche encadrée et censurée, tel un moyen-âge futuriste. Et c’est sur Terre, que quelques fous n’ont pas voulu quitter, que notre scientifique pourra tenter de repousser les limites de la science en redonnant la vie à un mort.

Évidemment, impossible de ne pas penser au Frankenstein de Mary Shelley. Malgré le contexte futuriste, nous sommes très vite plongés dans une ambiance sombre et gothique, l’obsession de la revanche sur la mort étant omniprésent sur l’invitation d’une riche et charismatique femme, habitant un immense château, nous rappelant au bon souvenir de ce cher comte Dracula.

Si l’hommage pousse le récit à un certain classicisme, le contexte SF apporte énormément. Ainsi, si Frankenstein veut devenir Dieu en vainquant la mort, le message évolue dans la Mort Vivante ne serait-ce que par la présence sur Terre de Poulpes Tripodes gigantesques et puissants, tels des Dieux – les mêmes que dans l’excellent Niourk d’Olivier Vatine, renforçant par la même occasion l’impression d’univers partagé de Wul. La SF permettra aussi un retournement en fin de récit, aussi inattendu qu’abrupt, qui en déroutera plus d’un.

La Mort Vivante, par Olivier Vatine et Alberto Varanda

Élégance et virtuosité du trait

Visuellement, Alberto Varanda est impressionnant. Avec un encrage proche de la gravure, très éloigné de ce qu’auraient pu faire Andreas ou Schuitten, plus académique qu’un Wrightson mais plus spontané qu’un Franklin Booth, l’artiste joue avec la lumière et y voit l’occasion de la travailler en multipliant les lignes, collant parfaitement à l’ambiance sombre et gothique du récit.

La Mort Vivante, par Olivier Vatine et Al

Cet album est aussi l’occasion de retrouver Isabelle Rabarot et cette palette de couleurs si caractéristique. Un travail sobre et discret, et pourtant si efficace pour créer des ambiances particulières. Ainsi, nous retrouvons ces tons bleu-gris et ocres qui ont participé à la réussite visuelle d’Aquablue au début des années 90.

Malgré tout, nous ne serons que trop vous conseiller de jeter un œil à la version noir et blanc, et ainsi apprécier la précision et la maîtrise de l’immense travail effectué ici par Alberto Varanda. Notez que si la profusion de ces traits ne vous gênera en rien dans votre lecture, vous aurez très vite envie d’en faire une seconde pour vous promenez plus loin dans les décors du récit. Un cahier graphique comprenant croquis, story-board et interview se trouve à la fin de cette édition spéciale.

La Mort Vivante d’Olivier Vatine et Alberto Varanda est disponible depuis le 22 août 2018 aux Éditions Comix Buro.

La Mort Vivante, par Olivier Vatine et Alberto Varanda La Mort Vivante, par Olivier Vatine et Alberto Varanda