Richard Corben est à l’honneur, en ce début d’année. Après une exposition à son honneur au festival international de la bande dessinée d’Angoulême (dont il a signé l’affiche), Panini Comics publie en France les récits qu’il a dessinés au sein de Marvel. C’est ainsi que l’on s’est retrouvés avec l’Antre de l’horreur, une adaptation d’un récit de Lovecraft, Starr le tueur… et une collection de récits sur quatre super-héros de la Maison des Idées.

Il s’accompagne pour l’occasion de plusieurs scénaristes de talent, à savoir Brian Azzarello sur les séries Banner (2001) et Cage (2002), Daniel Way sur Ghost Rider (2006) et Garth Ennis sur Punisher : the end (2004), tous publiés précédemment dans les 100% Marvel Hulk Banner, Cage, Ghost Rider 4 et le Marvel Deluxe : Punisher (MAX) 7.

La réputation de Corben n’est plus à faire, et bien qu’il soit avant tout connu pour son travail dans la fantasy (le magazine Heavy Metal, notamment), il livre sur ces séries une œuvre des plus impressionnantes. Une œuvre où le lien entre le texte et le dessin est des plus étroits et où la symbolique est explicitée par l’image. Le tout s’accompagne de nombreuses splash-pages magnifiques où les couleurs (le Studio F, José Villarubia et Lee Loughridge) se mêlent au dessin de Corben à la perfection.

Brian Azzarello nous emmène dans la psyché de Bruce Banner, après un énième massacre perpétré dans le cuir du géant de jade. S’ensuit une sorte de chasse au Hulk, au cours de laquelle l’armée suit la trace du scientifique qui, entre chaque événement, subit une nouvelle charge émotionnelle. Puis, l’auteur mêle Luke Cage à une nouvelle guerre des gangs éclatant en plein quartier de Harlem.

Daniel Way, lui, concentre son écriture sur le combat entre le diable et les anges, dont le Ghost Rider n’est jamais qu’un pion. Johnny Blaze subit donc une fois de plus sa vie dans ce récit qui peine à se faire remarquer au milieu des autres.

Le livre se termine en beauté, alors que Garth Ennis signe une nouvelle aventure du Punisher, qu’il avait déjà si bien interprété. Digne d’un Stephen King, cette histoire voit Frank Castle se lancer dans une ultime croisade anti-malfrats dans un monde post-apocalyptique ou la race humaine est en voie de disparition. Si l’on doit retenir un récit de ce volume, à mes yeux, c’est celui-ci.

Traduit par Nicole Duclos, Laurence Belingard et Sophie Watine-Vievard et lettré par Gianluca Pini et Ramone, Panini Comics rassemble tous les récits Marvel signés Richard Corben au sein de sa collection Marvel Icons, disponible au prix de 36€95 depuis le début du mois.

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