Grant Morrison se la joue « cop drama » et Liam Sharp illustre avec inventivité la faune de l’espace.

Sur Terre, Hal Jordan doit faire face à une évasion de prisonniers galactiques tandis que dans l’espace une nouvelle force galactique, les Blackstars, s’impose. Dirigés par le Contrôleur Mu, ces héritiers dévoyés de l’ancienne force de police des Darkstars se sont mis en quête de plusieurs artefacts cosmiques pour créer une arme capable d’asseoir leur domination galactique. Alors qu’il mène un interrogatoire pour savoir ce que mijote les Blackstars, Jordan doit également affronter Volgar Zo, qui vole la Terre pour mieux la vendre aux enchères. La planète atterrit entre les mains du Berger qui s’auto- proclame dieu bienveillant de la planète. Voulant l’en empêcher, Jordan se heurte aux Terriens eux-mêmes, bien content de leur sort. Le Green Lantern doit mettre la Terre en quarantaine contre son gré. Rejeté par son monde natal, il perd son sang-froid et abat Volgar Zo, aux mépris des règles du Green Lantern Corps.

Avec ce nouveau volume de The Green Lantern qui suit la série Green Lanterns (actuellement en cours de publication dans Batman Bimestriel), le scénariste Grant Morrison revient aux fondamentaux de la série. Hal Jordan est à nouveau au cœur de la série et au centre du Corps des Green Lanterns. Un Corps auquel Morrison redonne son statut de force de police galactique. Interrogatoires, arrestations, bavure, flic en rupture de ban à qui l’on donne une dernière chance, opération d’infiltration, le scénariste s’amuse à retravailler les tropes du récit policier pour mieux les appliquer à l’univers galactique de DC Comics. Un univers foisonnant que le dessinateur Liam Sharp se fait un plaisir de rendre graphiquement. Généralement plutôt versé dans la fantasy, Sharp utilise son trait précis pour mieux rendre la multitude de races et de cultures de la galaxie protégées par les Green Lanterns. Cela donne des planches fourmillantes et baroques de toute beauté.

Le lecteur novice ne sera d’ailleurs pas forcément à la fête, tant les deux auteurs s’ingénient à convoquer le ban et l’arrière-ban des races et entités de l’univers DC. Ils convoquent même pour l’occasion la figure sympathique de l’aventurier spatial Adam Strange. Heureusement, la traduction est assurée par notre cher Edmond Tourriol, qui suit les Green Lanterns depuis de nombreuses années. Cependant, l’effort nécessaire vaudra le coup, tant les deux auteurs parviennent à rendre ses lettres de noblesses au plaisir simple et primordiale de la science-fiction, la plongée oublieuse dans un monde imaginaire.

Hal Jordan: Green Lantern, tome 1 (The Green Lantern #1-6), Urban Comics, 168 pages, 15,50 €. Sortie le 18 octobre 2019. Traduction d’Edmond Tourriol, lettrage de Stephan Boschat et Sarah Grassart pour MAKMA.

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