Le monde de l'édition de comic books répond à un certain nombre de codes qu'il peut être intéressant de connaître lorsqu'on se lance dans la collection. Mais saviez-vous que le code-barres de vos comics porte plusieurs informations qui peuvent vous être utiles ?

Le code-barres des comics

Le code-barres est très répandu dans le commerce depuis les années 70 et facilite grandement la vie des fournisseurs et revendeurs, notamment dans la gestion des stocks. Evidemment, l'industrie du comic book n'échappe pas au système. A partir des années 80, la plupart des comics sont vendus chez des revendeurs spécialisés, les comic shops, qui commercialisaient les versions de comics appelées Direct Edition (par opposition à la version dite "Newsstand" vendue en kiosque, voir notre article sur l'impact sur le prix de la version Newsstand ou la Direct Edition). À mesure que les revendeurs s'équipent pour scanner les codes-barres, ces derniers font progressivement leur retour (sans pour autant être systématiquement apposés sur les comics), mais sans réelles normes permettant d'uniformiser le tout.

En 2007, Diamond Comic Distributors, principal distributeur de nos chères revues, a sondé les revendeurs et réalisé que près de 25% d'entre eux peinaient encore à scanner les codes-barres. Profitant de son statut, le distributeur a donc imposé en janvier 2008 que les éditeurs utilisent un format précis de code-barres afin d'uniformiser son utilisation dans le secteur de l'édition de comics.

Déjà utilisé par la plupart des gros éditeurs, le format UPC-A (sensiblement équivalent de l'EAN-13 utilisé en Europe) auquel sont ajoutés 5 chiffres, est donc adopté. On parlera d'UPC-A +5 ou UPC-A supplemental 5. Et c'est donc à ces cinq chiffres supplémentaires que nous allons nous intéresser ici.

First print, second print... Comment les reconnaître ?

Il n'est pas rares que certains comics rencontrent un tel succès que les éditeurs doivent en réimprimer un certain nombre d'exemplaires afin de satisfaire la demande. S'il arrive que les éditeurs en profitent pour commercialiser à cette occasion des variant covers, il est très courant que le nouveau tirage présente exactement la même couverture.

On distinguera généralement ces différents tirages avec la dénomination anglophone first print (première impression), second print, third print, etc. Ce point a donc une certaine importance pour les collectionneurs, les first prints étant généralement plus prisées et de fait plus chères (vu que généralement disparues du circuit de vente et donc rares).

Maintenant, comment reconnaître une first print de ses petites sœurs ? Vous l'aurez deviné : grâce au code-barres. En l'occurrence, il faudra prêter ici attention au tout dernier des cinq chiffres supplémentaires. Aucune difficulté pour le comprendre dans la mesure où "1" signifie que vous avez entre les mains une première impression, un "2" une seconde impression, et ainsi de suite.

Attention aux facsimilés

Lorsqu'un comic book marque d'une manière ou d'une autre l'industrie du comics, une série ou un personnage (on parlera là de key issue), il n'est pas rare là encore qu'il soit réédité quelques années plus tard, et ce quasiment à l'identique du first print. Il n'est donc pas toujours simple de distinguer l'originale de sa réédition, surtout que le contenu, incluant les pubs, certaines mentions légales, etc. sont des copies conformes du matériel source. Il vous faudra donc faire la chasse au moindre petit détail permettant de différencier les deux versions.

Par exemple, Marvel Comics a récemment réédité le Ultimate Fallout numéro 4 qui a vu l'apparition du maintenant célèbre Miles Morales. Si cette nouvelle version est donc identique en tout point à la version d'origine (logo Marvel sur fond rouge mis à part), c'est au niveau du code-barres que nous pourrons faire la différence. Si son emplacement et son texte changent légèrement, c'est sur les cinq chiffres que nous verrons la différence la plus importante. Le dernier chiffre, indiquant l'impression, est dans les deux cas "1" et en effet, il ne s'agit pas d'une réimpression du numéro 4 mais bien d'une first print du facsimilé. En revanche, c'est au niveau des trois premiers des cinq chiffres que la différence se remarque. Ils ont ici pour fonction d'indiquer le numéro du comics et nous constatons que l'original commence par "004", précisant donc qu'il s'agit du numéro 4. Le facsimilé, de son côté, a son code-barres qui commence par "001" vu qu'il s'agit d'une certaine façon du numéro 1 de sa série.

Attention donc lors de vos achats en ligne car il arrive que certains vendeurs peu scrupuleux proposent à la vente des facsimilés sans le préciser, tout en mettant en avant le fait qu'il soient des first prints. Et sur ce point, il n'y a effectivement pas tromperie.

Comment reconnaître une variant cover ?

Nous avons donc vu que les trois premiers chiffres indiquent le numéro du comics et que le cinquième révèle de quel tirage il s'agit. De son côté, le quatrième chiffre nous donnera donc une autre précision importante pour les collectionneurs de comics : le numéro de la couverture alternative (ou variant cover).

Chaque fois qu'un éditeur produit une couverture alternative pour un comics donné, elle se voit attribuer un numéro. Le numéro "1" correspond à la couverture dite "régulière" (ou regular cover en anglais). Si la valeur du quatrième chiffre est supérieure à 1, nous comprenons donc que nous sommes en présence d'une variant cover.

Prenons donc un exemple pour illustrer. Comme vous le voyez ci-dessous, le comics The Amazing Spider-Man vol. 5 numéro 62 a été édité avec plusieurs variant covers. Nous nous intéressons ici aux trois principales, qui ont le bon goût de présenter un code-barres.

La version regular de Patrick Gleason porte la suite de chiffres suivante : 06211.
La version Spider-Man-Thing de de Greg Land est marquée : 06221.
Pour finir, la version incentive de Dustin Weaver indique : 06231.

Dans le trois cas, la suite de cinq chiffres du code-barres de ces comics porte commence donc par "062". Cela confirme donc que nous sommes sur le numéro 62 de la série.
Le dernier chiffre est "1", indiquant donc que pour les trois comics présentés ici, il s'agit d'un first print.
Le seul élément différenciant ici est donc l'avant dernier chiffre, qui nous indique de quelle variant cover il s'agit ("1", "2" et "3" en l'occurrence).

Comme toujours, il existe des exceptions à la règle. Les cinq chiffres supplémentaires sont pensés pour un maximum de 999 numéros d'une série, avec dix variantes et dix impressions par numéro. Mais il arrive qu'une de ces valeurs puissent être supérieure à ces maximum.
Prenons par exemple le cas du comics BRZRKR numéro 1. Si on se limite aux incentive variants, il existe plus de dix couvertures alternatives. Par conséquent, il a été nécessaire de décaler les valeurs. Pour illustrer, la neuvième couverture porte le code 01091.
Nous sommes donc ici en présence de la neuvième variant cover du numéro 1 dans sa première impression. La dixième porte le code 01101, la onzième 01111, et ainsi de suite.

Vous voilà donc en mesure de comprendre le code-barres des comics modernes composant votre collection ou qui la rejoindront plus tard.

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