Il y a quelques années encore, l’empire Disney semblait inarrêtable. Après avoir acquis Lucasfilm et la franchise Star Wars, puis absorbé le catalogue de la Fox, la firme de Mickey s’imposait comme le studio le plus puissant de l’histoire du cinéma et du divertissement mondial.

Le lancement de Disney+ en 2019, avec ses contenus inédits basés sur ses marques les plus fortes, fut perçu comme un événement majeur. Certains observateurs annonçaient déjà la chute prochaine de Netflix, face à un concurrent aussi redoutable.

Mais en 2025, le bilan est bien moins glorieux. Une enquête approfondie de The Wrap dresse un constat sévère : cinq années de surproduction sur Disney+ ont affaibli les marques Marvel, Star Wars et Pixar. Voici les principaux enseignements de ce rapport.

Sommaire

Une plateforme qui visait trop haut

La plateforme Disney+ mise principalement sur les grandes franchises : Marvel, Star Wars et Pixar.

En 2019, Disney s’apprête à bouleverser l’industrie du divertissement avec le lancement de sa plateforme Disney+. Les débuts sont prometteurs : The Mandalorian crée l’événement, WandaVision relance la machine MCU, et la plateforme explose durant la pandémie.

Mais très vite, la stratégie de production massive montre ses limites. Kevin Feige, président de Marvel Studios, l’admet :

« C’est cette expansion qui a fini par nuire à la marque Marvel. Il y en avait trop, tout simplement. »

Marvel : saturation et confusion

The Marvels

Entre 2021 et 2025, des dizaines de séries Marvel voient le jour sur Disney+. Si certaines, comme Loki ou WandaVision, réalisent de belles performances, d’autres s’écroulent. Ironheart peine à convaincre, avec seulement 563 millions de minutes vues selon les données de Nielsen, société spécialisée dans la mesure d’audience.. Quant à The Marvels, le film n’a rapporté que 206 millions de dollars au box-office mondial, contre plus d’un milliard pour Captain Marvel.

Dave Gonzales, coauteur de MCU: The Reign of Marvel Studios, explique que le studio pensait pouvoir appliquer le modèle des films à la télévision, avec des budgets faramineux, mais sans retour à la hauteur.

Star Wars : trop de contenu, moins d’engouement

Din Djarin, le Mandalorien, tenant au bras Grogu.

Le constat est similaire pour Star Wars. Si The Mandalorian a su créer l’événement avec jusqu’à 1,34 milliard de minutes vues par semaine, les séries suivantes comme The Book of Boba Fett, Ahsoka ou The Acolyte voient leur audience chuter au fil des épisodes. The Acolyte a ainsi perdu près de 30 % de son audience entre son début et sa fin.

Skeleton Crew, de son côté, n’a même pas atteint le top 10 hebdomadaire de Nielsen, un signal désastreux pour une série censée élargir l’univers.

Dan Zehr, auteur et podcasteur spécialisé dans l’univers, résume la situation : « Star Wars, c’est une expérience gastronomique, pas de la restauration rapide. »

Pixar : du prestige à la banalisation

Buzz l'Éclair.

Trois films Pixar ont été envoyés directement sur Disney+ entre 2020 et 2022. Cela a banalisé la marque aux yeux du public. Buzz l’Éclair a peiné avec 226 millions de dollars, tandis que Elio est devenu le plus gros échec de l’histoire du studio, avec seulement 139 millions de dollars au box-office mondial.

En comparaison, Vice-Versa 2 a dépassé les 1,69 milliard de dollars. Même des projets salués comme Gagné ou Perdu n’ont pas suffi à inverser la tendance, en dépit de critiques enthousiastes.

La stratégie de reconquête de Disney

Grogu et le Mandalorien Din Djarin.

Depuis 2024, Disney tente de corriger le tir. Le studio a fortement ralenti la cadence de production sur Disney+, en limitant le nombre de nouvelles séries MCU à une ou deux par an. Côté Star Wars, la priorité est revenue aux films, avec des projets comme The Mandalorian & Grogu et Star Wars: Starfighter prévus pour les prochaines années. Le but ? Redonner à la franchise son statut d’événement cinéma.

Du côté de Pixar, la même logique s’applique : les séries destinées au streaming sont mises en pause, et les équipes sont recentrées sur des longs-métrages inédits pensés pour le grand écran. Un projet de série animée a même été discrètement annulé pour être repensé en film.

Disney semble vouloir revenir à ce qu’elle appelle en interne des “brand deposits” : des projets qui renforcent la valeur de ses marques, plutôt que de les exploiter jusqu’à l’usure. Un pari qui prendra du temps, mais qui marque un véritable changement de cap.

Reste à savoir si ce retour aux fondamentaux suffira à restaurer la magie des grandes marques Disney.

En résumé : Disney+ a-t-il vraiment nui aux franchises Marvel, Star Wars et Pixar ?

Rosario Dawson est Ahsoka Tano dans Star Wars.

Pourquoi Disney+ est accusé d’avoir abîmé les grandes franchises ?

Parce qu’en multipliant les séries et contenus exclusifs, la plateforme a contribué à une saturation du public et une perte de valeur perçue des marques.

Quels sont les films ou séries les plus touchés ?

The Marvels, Elio, Skeleton Crew, Ironheart ou encore The Book of Boba Fett ont tous connu un accueil très mitigé voire décevant.

La stratégie de Disney+ a-t-elle changé ?

Oui. Disney réduit le nombre de productions originales sur sa plateforme, revient au cinéma pour Star Wars et Pixar, et restructure le MCU autour de projets plus indépendants.

Pixar peut-il se relever ?

Oui, mais cela dépendra de sa capacité à recréer des événements cinéma marquants, comme ce fut le cas avec Vice-Versa 2. Le studio semble avoir compris les erreurs passées.

Le MCU est-il condamné ?

Non, mais sa survie passe par une simplification et une meilleure gestion de ses contenus. La stratégie actuelle mise sur des projets plus autonomes comme Deadpool & Wolverine ou Les Quatre Fantastiques : Premiers Pas.

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