Bordeaux Geek Festival

La quatrième édition du Bordeaux Geek Festival démarre ce samedi. 3 jours durant, la foire Internationale de Bordeaux prendra une tonalité plus foufou !

La foire n’a jamais été le repère privilégié des geeks. Entre les canapés en vrai croûte de cuir, le produit d’origine qui paresse au salon de l’agriculture, les bonimenteurs et les vendeurs de véranda, le rendez-vous ne s’adressait pas forcément à eux.

Mais pour la quatrième année, un espace leur est dédié, un espace pour les amener tous, et dans les ténèbres les lier et leur permettre de s’exprimer.

Le Bordeaux Geek Festival est une fête, un incontournable pour tout fan de cette culture. Superpouvoir ne pouvait pas le manquer, et pour vous le présenter, est allé interviewer Damien Beigbeder, chef d’orchestre du bastringue.

Cette année, le BGF promet d’être « koopa’cabana »

Question Capital : c’est la 4e édition du BGF, peut-on parler d’une « success story » ?

Notre adage depuis le début des années 2000 est assez simple : doucement mais sûrement. Le BGF est notre événement le plus récent. Il évolue, s’adapte à nos idées, aux rencontres, aux différentes énergies qui nous entourent et nous nourrissent ainsi qu’à notre société qui va vite, tellement vite !

On se donne rendez-vous pour les 10 ans du festival et je répondrai à ta question ; d’ici là, on a encore beaucoup de boulot et de choses à prouver !

 

Quels vont être les moments forts de cette édition ?

Tous les moments ! Derrière chaque exposant, chaque animation, chaque invité, chaque label, chaque conférence et chaque atelier, il y a une histoire, une transmission, une réflexion, des compétences, une envie d’échanger et de faire plaisir ; c’est important de s’émerveiller par les temps qui courent non ?

J’invite vos lecteurs à consulter notre site qui vous donnera une idée de la belle et dense programmation de cette nouvelle édition !

Bordeaux Geek Festival

Quand le cosplay rencontre le body-paint

Comment renouveler le contenu d’un tel festival pour qu’il ne soit pas redondant d’année en année ?

En s’appuyant sur des écosystèmes et des communautés qui proposent, en s’entourant de personnes très qualifiées qui fouillent, cherchent et trouvent le sujet, la personne ou l’animation qu’il faut ! En assumant le fait que le BGF est une entité organique, en constante évolution, impermanente et qui évolue donc naturellement au contact de chacune de ses composantes, c’est à dire les femmes et les hommes qui font vivre et portent haut et fort la culture geek ici et ailleurs.

C’est une volonté individuelle et collective forte de proposer un contenu différent chaque année pour nos publics, nos partenaires et aussi un peu pour nous quand même !

 

Question Valeurs Actuelles : la réussite du BGF est-elle liée à la résonance qu’il trouve dans la part de plus en plus importante que prend la culture geek dans la société, chez les jeunes et les moins jeunes ?

Sans parler de réussite, le BGF prend racine beaucoup plus en amont que sa propre création. Le BGF, c’est un peu la quintessence de nos 17 ans de travail de fond au sein de la métropole bordelaise.

Action après action, événement après événement, le BGF a bénéficié de toute cette expérience et évidemment de la dynamique globale autour de la culture geek dans le monde entier. Je pense que ce n’est que le début d’une belle et longue aventure !

 

Point culture : entre des conférences sur la robotique, le crowdfunding, des ateliers sur le recyclage, un partenariat avec Cap Science,  le BGF a t’il vocation, au delà de l’aspect ludique, de proposer une programmation « sérieuse » ?

Il est difficile en France de lier le divertissement et les sujets sérieux ; et pourtant. Oui, la culture geek, dans son acception globale, est extrêmement riche et intéressante. Elle a su poser les bases, peut-être, de nos sociétés actuelles et de demain. Je pense notamment à Asimov dans sa fameuse tribune de 1964 qui avait prédit avec une incroyable acuité, la société humaine de 2014.

Quid de demain ? Venez au BGF, on en parle notamment au sein du Club Arthur Dent. Alors oui, le BGF veut privilégier le fond et la forme, transmettre, inspirer et être acteur de la société de par sa programmation et les sujets traités. On espère monter en puissance sur tous ces sujets année après année.

 

Cette année le BGF change de place dans la foire, à deux pas du salon de l’agriculture, prévoyez-vous des passerelles entre les deux univers ?

Une entrée au BGF permet d’accéder gratuitement à toute la foire. Concernant le salon de l’agriculture, pas de passerelle spécifique. Mais pour les futures éditions, nous souhaiterions appuyer fortement sur la greentech, l’agritech et l’ESS. Il y a donc du sens à trouver et des choses à construire avec le salon dans ses différents domaines.

 

Bordeaux Geek Festival

Une large place est aussi donnée aux jeux retro, et aux bornes d’arcades dans l’espace tout public, c’est une manière de séduire un autre public ?

L’espace retrogamming n’est pas géré par nos soins, mais directement par la foire.

 

Quel est ton jeu préféré dans ceux présentés ?

On aime bien se challenger sur un Puzzle Bobble de temps en temps au bureau. Je vote donc pour lui !

 

600 m² seront aussi dédiés aux comics, es-tu toi même un lecteur de comics, et si quels sont tes préférés ?

X-Men et Thundercats. Mes madeleines de Proust.

 

Est-ce une manière de s’adapter à l’omniprésence des comics dans l’actualité, et d’en proposer un plus large panorama que les films à gros budget ?

Les comics sont présents depuis la première édition mais n’avaient pas la visibilité octroyée par un label. C’était donc tout à fait logique de leur dédier un label.

Et puis il faut savoir que le microcosme bordelais et aquitain sur la BD et les comics est de grande qualité. Cela nous permet de proposer un espace complet qui va se développer édition après édition en proposant effectivement un panorama plus large grâce à la contribution de nombreux partenaires et artistes.

 

Bordeaux Geek Festival

On a retenu l’espace café, et les cocktails super-vilain (Freezer, Poison Ivy, Deadpool…), c’est lequel le tien ?

Un Mister Freeze, un verre d’eau bien frais en somme !

 

Le BGF, c’est aussi pour ses participants, un formidable espace de liberté. Cosplay, Just Dance, karaoké, les visiteurs dans cette zone dédiée à la culture geek, peuvent-ils être enfin eux même, plus que dans le monde « réel » ?

Mais le BGF, c’est quand même le monde réel ! C’est une folle énergie, de belles vibrations, une espèce de ferveur autour de codes communs, de références partagées, d’une culture ! C’est une ode à la tolérance, à la bienveillance et puis, ce que nous, en tant qu’organisateurs, on apprécie grandement, c’est cette grande curiosité intellectuelle de la part des visiteurs. Ils répondent en général à toutes nos propositions, s’intéressent, questionnent, apprennent, échangent…quel plaisir

Chacun peut effectivement se permettre de sortir du cadre, de sortir de son personnage de tous les jours pour incarner celui ou celle qu’il souhaite pendant quelques heures ou durant plusieurs jours. C’est une vraie fierté de voir ce vent de liberté d’être et de faire souffler dans les travées du BGF.

 

Question plus sérieuse : 3 jours de festival, dans quel état est-on le mardi une fois l’euphorie du festival retombée ?

En dépression. Mais on doit vite rebondir, la 14e édition d’Animasia arrive à grands pas et pour ne rien vous cacher, nous travaillons d’ores et déjà sur le BGF 2019 mais également sur 2020 qui s’annonce d’ores et déjà épique à souhait !

 

Merci Damien. L’équipe Superpouvoir se prépare pour tenir le coup, durant le week-end intense qui nous attend !

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