La colonie humaine installée sur Titan reçoit, via un étrange signal, les plans de constructions de fabuleux vaisseaux spatiaux et les coordonnées d'une galaxie lointaine et primitive. Après plusieurs mois de fabrication, le Crusader 1 prend la tête d'une armada prête à rejoindre les créateurs du signal. Propulsés à travers des trous de ver, les vaisseaux arrivent en vue d'une gigantesque structure extraterrestre tendue entre deux astres : "La Colonne de fer" ! Dans quel but a-t-elle été bâtie ? Pour contrer quelle menace ?

"Il ne reste plus rien de la Terre et de la Lune, que des amas de milliards de débris qui se déversent dans le cosmos." Tout le monde est sous le choc de cette violente attaque contre la Terre et la lune. Et plus particulièrement la commandante Natalia Tarkovski qui tient les Darkoids responsable de ce génocide. Ivre de colère il faudra qu’elle soit maitrisée pour recouvrer la raison. Apprenant que la Terre a été sacrifiée, Natalia va demander des réponses.

Crusaders, la critique du tome 4 : Spin

Nous sommes dans un futur lointain indéterminé où la Terre est déjà quasi morte et où l'Homme est allé coloniser Titan, le plus grand satellite naturel de Saturne et première candidate où l'homme peut s'installer et extraire les ressources pour accommoder sa survie. Des centaines d'années plus tard, à la réception de ce fameux message, les vaisseaux sont construits selon des instructions spécifiques laissées par les Emanants, une race extraterrestre. L'humanité décide d'envoyer ses émissaires vers cette lointaine destination, à trente deux milliards d'années lumières de la Terre. Ils vont y découvrir un grand rassemblement de représentants de toutes les espèces intelligentes qui peuplent les univers, pour les mettre en garde contre un fléau imminent. Les ennemis désignés sont les Largans, une espèce belliqueuse qui s’attaque sans merci à toute forme de vie des univers.

Crusaders est une série de hard-SF contemplative et bavarde. C'est un space opera à grande échelle véritablement ambitieux que nous propose Christophe Bec. Il nous décrit une véritable épopée épique complète et complexe. traitant de sujets philosophiques comme l’infini, les multivers et la place de l’homme au milieu de tout cela. Et cette dernière sera chahutée dans ce nouveau tome avec la disparition de la Terre et de la Lune ainsi que le peu de considération obtenue par la race humaine à cause de son retard technologique. Ce tome met clairement en exergue les différences entre les races et leur niveau technologique qui détermine la place et l’importance qu’elles peuvent avoir dans les tractations. Et les humains se retrouvent en bas de la pyramide. N'est-ce pas là un bon moyen de se remettre en question ? Des flashbacks permettent de comprendre le contexte, la situation et les personnages, comme Natalia quand elle était petite mais aussi les changements physiologiques que connait l'humanité en vivant sur une lune comme Titan.

Spin est le quatrième et l'avant tome de la saga qui pourrait être toute autre si le côté jargon scientifique ne prenait pas le dessus sur le reste, à en devenir ennuyeux. Difficile de s'attacher au côté théâtral des personnages quand on décroche aussi vite des dialogues scientifiques pesants. Pourtant, le potentiel est là. C’est spectaculaire malgré tout, trop verbeux mais spectaculaire dans une démesure et superbe au niveau des dessins. Les créatures, les vaisseaux, les décors, sont tous sublimes et forcément très originaux puisque la BD traite de lieux et de créatures inédites.

L’ambition est grande, tout est gigantesque. Que ce soit les idées, le voyage, les vaisseaux, les endroits visités, les dessins même. Mais la réussite de cette odyssée est mise à mal par ce jargon scientifique trop présent. Pour ceux qui s'attendent à un moment donné à une action à la Star Wars, passez votre chemin, on est plus là dans des propos philosophiques et la lenteur d’un 2001 L’odyssée de l’espace. La complexité assumée de cette saga peu singulière pourrait pourtant rebuter de nombreux lecteurs. Très étrange, intriguant, mais trop (techniquement) bavard.

Crusaders, tome 4 : Spin, Éditions Soleil, 48 pages, 14,95€ (9,99€ en numérique). Sortie le 6 avril 2022. Scénario : Christophe Bec. Dessin : Leno Carvalho.

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