En novembre dernier, les premiers malades à Wuhan en Chine ont fait découvrir à la communauté scientifique une nouvelle maladie à coronavirus. Appelé COVID-19 (pour COronaVIrus Disease 2019), cette infection virale pneumopathique s’est depuis largement étendue dans le monde entier, malgré les politiques de confinement mises en place en Chine ou en Italie. Tout comme pour le cinéma et la télévision, la pandémie de coronavirus affecte les domaine de l’édition et notamment ceux de la BD américaine.

Ce sont les conventions qui ont d’abord été touchées. Le premier cas de coronavirus des États-unis a été signalé à Seattle fin janvier. Après de multiples défections d’auteurs et d’éditeurs, les organisateurs de l’Emerald City Comic Con, qui se déroule dans la capitale de l’état de Washington, ont dû se resoudre à la repousser. La convention, qui aurait dû se déroulée du 12 au 15 mars dernier, a été repoussée au 21-23 août 2020.

Un communiqué du 9 mars de la Screen Actors Guild, le syndicat des acteurs, enjoignant ses membres à limiter leurs déplacements, a vite privé les conventions de leurs têtes de gondoles. Les événements comme les séances de dédicaces ont donc été  pour la plupart annulés ou repoussés.

C’est ainsi le cas du ACE Comic Con de Boston qui devait se dérouler les 20-22 mars et qui est reporté à une date indéfinie.

Les organisateurs de Comic Con International ont annoncé  que la WonderCon d’Anaheim (10-12 avril) était reportée, sur les recommendations du gouverneur de Californie, Gavin Newsom. Sa grande sœur, la San Diego Comic Con, est, pour le moment, maintenue aux dates du 23-26 juillet.

Diamond Comic Distributors a, quant à lui, annulé les rencontres avec les libraires qui auraient dû se dérouler pendant le MegaCon d’Orlando, du 16 au 19 avril. Un MegaCon qui est étrangement toujours maintenu par les organisateurs, à l’heure où ces lignes sont écrites.

On peut également citer le repoussement de Capital Capital City Comic Con à Victoria (Colombie Britannique, Canada).

Tous les pays n’ont pas forcément les mêmes règles et certaines manifestations ont été maintenues, notamment La Mole Convention, qui s’est tenue du 13 au 15 mai dernier, à Mexico. À bon droit, certains artistes américains comme Mark Brooks ont préféré annuler. Ce qui a valu au pauvre dessinateur des remarques peu amènes d’un organisateur indélicat.

En tout cas, pour bon nombre d’artistes et d’éditeurs, l’emploi du temps s’est considérablement allégé pour les prochaines semaines. Avec un vrai manque à gagner car ces manifestations sont des sources de revenus et d’exposition publicitaire importants pour tous les acteurs de la chaîne.  Le Boston Artist Relief Fund a d’ailleurs mis en place un fond de soutien pour compenser les pertes de l’annulation du Ace Comi Con.

Après les conventions, ce sont les maisons d’éditions elles-mêmes qui ont été impactées. Dès la semaine dernière, Oni Press, suivie de près par Boom Studios, ont fermé leurs bureaux pour mettre leurs employés au télé-travail. Image Comics, Marvel Comics et DC Comics ont également fait de même. Le PDG de WarnerMedia, John Stankey, a ainsi envoyé un mémo à tous les employés (dont DC Comics) pour que, dès le 16 mars, ceux-ci restent chez eux. Disney a également passé le même message. Avec ces nouvelles habitudes de travail, certains craignent des retards dans les sorties à venir de ces éditeurs.

Enfin, les détaillants sont bien évidemment très impactés. Les restrictions de déplacements impliquent une baisse du chiffre d’affaire. De nouvelles pratiques commencent à fleurir comme l’envoi des comic-books par courrier ou la livraison à l’extérieur du magasin jusqu’à la voiture du client. Paul Levitz, l’ancien directeur de publication de DC Comics, a profité de sa chronique sur ICV2 pour conseiller aux éditeurs de pratiquer la retournabilité (le remboursement des invendus). Une mesure coûteuse, mais qui permettrait de soutenir les libraires.

Diamond a pour l’heure autorisé la vente des titres de la semaine avant mercredi. Le distributeur a même annoncé que son service d’acheteurs secrets – destiné notamment à faire la chasse aux libraires qui vendraient prématurément – est suspendu pendant quatre semaines.

À l’inverse de la France, les États-Unis n’ont pas ordonné la fermeture des commerces non-alimentaires. Une mesure qui fait peur à Joe Field, propriétaire de Flying Color Comics en Californie. « La plupart des détaillants peuvent tenir quelques semaines avec des ventes moindres ou pas de ventes du tout, mais au-delà, ce sera beaucoup plus rude pour beaucoup de magasins ».

Field est aussi l’instigateur du Free Comic Book Day qui doit se dérouler le 02 mai et qui est toujours maintenu. Cet événement populaire est, évidemment, très positif pour les comic shops, qui pourront difficilement s’en passer. Mais comment l’organiser tout en respectant les consignes sanitaires ?

Entre les pertes financières et les changements dans les habitudes de travail, il est évident que la crise sanitaire actuelle va avoir un impact particulièrement fort sur toute l’industrie des Comics US. Un impact encore difficile à évaluer pour le moment.

En attendant, n’oubliez pas…

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