Avec le succès d’Absolute Batman, Superman et Wonder Woman, DC Comics a lancé la deuxième vague de son univers DC-Ultimate où tous les super-héros sont réinventés dans une dynamique plus moderne. C’est désormais au tour de Green Lantern de subir ce lifting et…si le comic book n’est pas foncièrement mauvais, cela reste toutefois une réelle déception.
Les points forts et les points faibles de Absolute Green Lantern
Points forts
- Très original. Le récit se démarque profondément de la mythologie
- Une nouvelle structure, une nouvelle hiérarchie dans les couleurs des Lantern
Points Faibles
- Le récit est très long et très décompressé
- On ne reconnaît absolument pas les personnages
- Les dessins sont moyens
- On s’ennuie un peu
- Pas mal d’incohérences et trop de personnages qui ne font pas grand-chose
Sommaire
- La lanterne débarque sur Evergreen
- Al Ewing déçoit
- Une nouvelle mythologie
- Des dessins corrects mais décevants
- Ce qu’il faut retenir de Absolute Green Lantern
La lanterne débarque sur Evergreen
Evergreen est une petite ville des États-Unis, où il ne se passe pas grand-chose. C’est toutefois le retour de Jo Mullein après avoir vécu quelques années à Coast City. La jeune femme retrouve ses amis : Guy Gardner, le shérif de la ville, Hal Jordan le collectionneur de jouets, John Stewart l’architecte et tout semble se passer pour le mieux. Jusqu’à ce qu’un vaisseau débarque, qu’il emprisonne la ville dans un champ de force dont tout le reste du pays semble ignorer et qu’il libère un extraterrestre plutôt énervé qui vaporise les habitants sous prétexte de les juger. Dans un premier temps, nos amis vont essayer de comprendre ce qui se passe, puis trouver un moyen de résister.
Ce qui va engendrer de graves conséquences pour certains d’entre eux. Jo se retrouve avec des pouvoirs incroyables tandis qu’Hal Jordan est possédé par une entité noire. Qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Quel est le rôle de ces deux personnages dans la trame cosmique qui semble se dessiner ?
Difficile d’en dire plus pour le lecteur car cet Absolute Green Lantern est raconté selon deux temporalités : le première nous dévoile ce qui se passe à l’intérieur du champ de force tandis que la deuxième se situe quelques jours plus tard, lorsque ce dernier est tombé et que certains de ses habitants ont acquis des pouvoirs. De fait, c’est une structure narrative classique, où des flashbacks vont ajouter des explications à une situation initiale assez étrange.

image © DC Comics
Al Ewing déçoit
Al Ewing est un bon scénariste, capable de réinventer des personnages et de leur apporter une profondeur plutôt inattendue. Son travail sur Immortal Hulk chez Marvel l’a prouvé, comme certains autres de ces récits. Le voici donc débarqué chez DC Comics pour pouvoir finalement apporter sa patte originale et horrifique au personnage de Green Lantern. Pourtant, l’auteur a un peu de mal à se dépatouiller des contraintes imposées.
Il choisit de nous raconter une histoire qui n’a pas grand-chose à voir avec la mythologie originale du héros. On pourra rétorquer que justement, la ligne Absolute est faite pour ça, mais dans les précédents titres, il y avait au minimum une inversion de l’histoire, un changement par rapport à la version classique de ces héros (En gros, et si Batman était pauvre, et si le peuple Kryptonien vivait dans un système très oppressif, et si Wonder Woman avait été élevée non pas par les amazones, mais par une sorcière ?). C’est un changement, mais un changement par rapport aux origines de base pour mieux surprendre le lecteur. Ici, il n’en est rien.
Ewing nous propose une véritable histoire de science-fiction qui n’a pas grand-chose à voir avec la grille de lecture de base des Green Lantern. Le seul lien qu’il fait avec l’œuvre, c’est finalement le nom des personnages. Il choisit de prendre le lecteur à contre-pied en faisant de Jo Mullen, l’héroïne de Far Sector, le personnage principal et de donner à Hal Jordan le rôle épisodique du méchant. Les autres personnages ne sont pas vraiment très développés et donc, ils ne s’appelleraient pas John Stewart ou autres Tood Rice qu’on n’en aurait pas grand-chose à faire.

image © DC Comics
Une nouvelle mythologie
À sa décharge, Al Ewing tente de construire tout un univers en quelques épisodes. Il réinvente la hiérarchie des lumières en établissant des strates de valeurs. Mais il y a trop peu de pages et cela devient tout de suite assez compliqué. De plus, il semble vouloir introduire des nouveaux services secrets gouvernementaux en remettant sur le devant de la scène Cameron Chase, elle aussi un peu utilisée à contre-emploi. On comprend qu’Al Ewing ne veuille pas donner au lecteur toutes les explications et se garder un peu de mystère, mais il y a trop de choses à construire en trop peu de pages pour que le lecteur ne se sente pas perdu. Cela prendra possiblement tout son sens au fil des épisodes, mais l’intrigue et l’action, c’est-à-dire ce qui pourrait retenir le lecteur, sont trop superficiels. Globalement, en dehors d’une bagarre entre Hal et Jo, il n’y a rien d’autre dans ces 6 épisodes qui puisse nous tenir en haleine et nous permettre de passer sur l’étrangeté de ce nouvel univers et son manque d’explication. La tentative de créer une nouvelle mythologie autour de OA a quelques bons moments, mais est trop noyée dans la décompression.
Des dessins corrects mais décevants
Je ne connaissais pas le dessinateur Jahnoy Lindsey. Et si son travail est assez correct, il faut bien reconnaître qu’il tient difficilement la comparaison après les planches de Nick Dragotta, Javier Rodriguez ou encore Hayden Sherman. Nous nous trouvons ici dans un style assez manga, avec des couleurs faites certainement à l’ordinateur et qui sont un peu fades. Ses personnages ont tous l’air d’avoir 15 ans, notamment son Hal Jordan et Abin Sur semble tout droit sorti de Dragon Ball.
Après, ce n’est pas une catastrophe, Lindsey tente des choses avec le format des pages, parfois remplissant toute celle-ci, mais souvent laissant de grandes marges blanches, ce qui donne l’impression que le dessin a été un peu réduit. L’action est correcte mais réduite souvent à sa simple expression. Si cela pouvait passer sur une série de seconde zone, ce n’est toutefois pas suffisant par rapport aux attentes. Il a au moins le mérite de dessiner les six épisodes dans son entièreté, mais si ce n’est pas dénué de qualité, le dessin n’est pas assez flamboyant pour faire émerger cet Absolute Green Lantern au-dessus des revues DC Comics de base. L’un des titres les plus faibles de la ligne avec le Flash de Jeff Lemire.

image © DC Comics
Ce qu’il faut retenir de Absolute Green Lantern
Qui sont les auteurs de Absolute Green Lantern?
Il s’agit de Al Ewing, le scénariste de Immortal Hulk et Immortal Thor, qui lance sa première série régulière chez DC Comics. Quant au dessinateur, il s’agit de Jahnoy Lindsey, qui est relativement débutant dans le medium. Il a réalisé quelques épisodes de She-Hulk et de Superboy.
Que raconte Absolute Green Lantern?
Absolute Green Lantern est la nouvelle série de la ligne Absolute, c’est-à-dire un monde où les super-héros sont réinventés pour un public plus moderne, avec des histoires totalement différentes et des origines mises au goût du jour. La ville d’Evergreen est envahie par un extraterrestre qui va donner à Jo Mullein et Hal Jordan des pouvoirs fantastiques.
Est-ce un livre conseillé pour tous ?
Quelques scènes peuvent choquer, mais c’est nettement moins gore qu’un Absolute Batman. C’est un comics classique pour un public adolescent.
Où se procurer le comics ?
Ce premier tome d’Absolute Green Lantern, scénarisé par Al Ewing et mis en images par Jahnoy Lindsey, est disponible depuis le 13 février 2026.
Édité par Urban Comics et traduit par Benjamin Viette, cet album de 160 pages (regroupant les épisodes VO #1-6) est proposé au prix de 18,50 €. Vous pouvez le retrouver dès maintenant chez votre libraire habituel ou le commander via le lien ci-dessous.

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